Antilles : Une épaisse brume de sable venue du Sahara rend l’air irrespirable

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe, Martinique
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Une épaisse brume de sable s’est abattue depuis samedi sur la Martinique et la Guadeloupe, rendant l’air irrespirable, rapportent des experts et les habitants.

Cet épisode météo, venu du Sahara, a fortement dégradé la qualité de l’air sur les deux îles qui traversent depuis samedi une pollution inédite. L’air est pollué par un épais nuage de fines particules de poussières. « Du jamais vu », rapporte une habitante.

Si le phénomène est jugé « classique », en revanche Méteo France reconnaît « qu’il il est rare de voir des concentrations aussi importantes gagner la mer des Caraïbes et atteindre les côtes mexicaines. »

« Compte tenu de la persistance du phénomène et de son intensité, des mesures d’urgence renforcées ont été prises afin de réduire l’exposition de la population à cette pollution de l’air et de limiter les émissions de particules fines », déclare la préfecture de Martinique dans un communiqué.

« Ces mesures s’appliquent à l’ensemble de la Martinique à partir du mardi 23 juin 2020 et jusqu’à ce que la procédure d’alerte soit levée suite à la publication du communiqué de fin de l’épisode de pollution par Madininair. » Météo France explique que « les alizés se chargent de les faire traverser l’océan Atlantique sur plusieurs milliers de kilomètres ».

Depuis samedi, la Guadeloupe et la Martinique sont touchées par une forte concentration de fines particules de poussière qui plombent le ciel et bouchent l’horizon.
« Vue de l’espace, l’Arc caribéen voit sa qualité de l’air se dégrader depuis plusieurs jours », constate Météo France.

« Un transport massif de sable s’est mis en place entre l’Afrique et l’Amérique. Des fines poussières sont arrachées par des vents forts soufflant sur le désert du Sahara », précisent les experts.

L’indice ATMO, qui mesure la qualité de l’air, est en alerte rouge en Guadeloupe et en Martinique.

L’institut Gwadair fait état d’un dépassement du seuil d’alerte de 80 microgrammes par mètre cube de particules fines. Par exemple, à Basse-Terre, un seuil de 258 microgrammes par mètre cube a été constaté lundi. A Pointe-à-Pitre. Il était de 245 microgrammes. Idem en Martinique où la cote d’alerte a été atteinte.

MadininAir, chargé d’étudier la qualité de l’air sur l’île a prolongé jusqu’à mercredi l’alerte rouge.
Des mesures d’urgence ont été prises par la préfecture pour protéger les personnes vulnérables. La vitesse des véhicules a été limitée à 70 kms/heure maximum.

Il est notamment recommandé aux personnes les plus vulnérables de sortir le moins possible, d’éviter les activités physiques intensives en intérieur et en extérieur.

• Les activités physiques sont toujours interdites au sein des établissements scolaires durant les jours de classes, ainsi qu’au sein des structures d’accueil de mineurs ou d’enfants
• Les manifestations sportives soumises à autorisation sont reportées

Circulation
• La vitesse maximale autorisée est de 70 km/h pour les portions limitées à 80 km/h ou 90 km/h
Rappel pour le secteur résidentiel et tertiaire
• Le brûlage des déchets verts à l’air libre est interdit

La préfecture recommande de limiter les activités physiques et sportives autant en plein air qu’à l’intérieur ainsi que les deplacements.

Autres mesures d’urgence :
• Limiter l’usage des véhicules automobiles individuels
• Pratiquer si possible le covoiturage ou emprunter les réseaux de transport en commun
• Privilégier, pour les trajets courts, les modes de déplacements doux (marche, vélo, etc.)
• Différer si possible les déplacements internes aux agglomérations
• Réduire les déplacements automobiles non indispensables des entreprises et des
administrations, adapter les horaires de travail, privilégier le télétravail
Travaux

• Reporter les travaux générateurs de poussières comme les chantiers de démolition ou autres du même type ne peuvent être réalisés que si un arrosage ou autre procédé permettant l’abatage des poussières est mis simultanément en œuvre
• Reporter les travaux du sol
• Limiter tous travaux nécessitant l’emploi de solvants organiques ou de matières à base de solvants

• Limiter les travaux d’entretien ou de nettoyage (tonte, peinture, rénovation, etc.)
Pour le secteur Industriel
• S’assurer du bon fonctionnement des dispositifs de dépoussiérage
• Reporter certaines opérations émettrices de composants organiques volatils (COV) : travaux de maintenance, dégazage d’une installation, chargement ou déchargement de produits émettant des COV en l’absence de dispositif de récupération des vapeurs, etc

• Reporter certaines opérations émettrices des particules ou d’oxydes d’azote
• Réduire l’utilisation de groupes électrogènes
Pour le secteur agricole
• Reporter les épandages
• Recourir à des enfouissements rapides des effluents
Autres
• Éviter les barbecues (ou boucans) et reporter l’allumage des fours à charbon.
• Éviter l’utilisation de groupes électrogènes pendant la durée de l’épisode de pollution sous réserve du maintien des conditions de sécurité
• Maîtriser la température à l’intérieur des bâtiments (limiter la climatisation)