Attendu depuis cinq ans, le procès des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher s’est ouvert ce mercredi, sous haute surveillance policière

Plus de cinq ans après les faits, le procès des attentats djihadistes de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher s’est ouvert ce mercredi 2 septembre à 10h00, à Paris, sous haute surveillance policière. Il se poursuivra jusqu’au 10 novembre 2020.

Ce procès « historique », d’une “ampleur inédite” de l’avis des spécialistes réunit pas moins de 200 parties civiles, 144 témoins et 14 experts.
Initialement prévu du 4 mai au 10 juillet, il a dû être reporté en raison de l’épidémie de Covid-19.

Sur le banc des accusés, 14 personnes comparaissent devant une cour d’assises spéciale, au tribunal de Paris. Onze seulement des personnes poursuivies sont présentes au procès. Elles sont accusées d’avoir apporté leur soutien logistique, à des degrés divers, aux trois terroristes : les frères Chérif et Saïd Kouachi ainsi qu’à Amedy Coulibaly.
En janvier 2015, Chérif et Saïd Kouachi avaient mené l’attaque contre la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo, faisant 12 morts.

Amedy Coulibaly avait quant à lui tué à Montrouge une policière et ensuite quatre clients d’un supermarché cacher, à Paris (Porte de Vincennes).

Trois accusés, impliqués à des degrés divers, sont absents de l’audience : la compagne d’Amedy Coulibaly, Hayat Boumeddiene, et les frères Belhoucine, introuvables depuis leur fuite en Syrie.
« C’est très difficile, mais ça fait 5 ans qu’on attend ce procès », a déclaré mercredi sur BFMTV Lassana Bathily, magasinier à l’Hyper Cacher lors de l’attentat du 9 janvier 2015. « Être face aux 11 accusés, c’est très très difficile, mais on avait besoin de ça pour surmonter l’épreuve et avancer dans la vie, dans l’avenir », poursuit-il.

Pour Me Patrick Klugman, l’avocat d’anciens otages de l’Hyper Cacher : « C’est un procès avec son cortège de fantômes »,

De son côté, l’avocat de Charlie Hebdo qui « espère que les Français sont encore Charlie » a estimé que « provisoirement, l’état d’esprit des terroristes a gagné ». « Dans tous les champs de la liberté d’expression, il y a une régression formidable, mais pas qu’en France », a commenté dans la matinée Me Richard Malka sur France Inter . « La censure a muté, elle ne vient plus de l’État, elle ne vient plus de la justice, elle vient de nous-mêmes. »
« (…) il y a un malaise, dans une certaine élite universitaire, parfois médiatique, parfois politique sur ces questions-là », a-t-il estimé.

Le président de la cour a mis en garde contre la formation d’un « cluster » durant le procès et fait un rappel à l’ordre, soulignant que toute personne s’exprimant au micro, comme les avocats, doit garder son masque. « Il ne faudrait pas créer un cluster », a-t-il dit.

Photo : yeclo.com