Liban : Beyrouth ville endeuillée après une double explosion meurtrière

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Monde
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Au moins 100 morts et près de 4.000 blessés, selon le dernier bilan. Le Liban a décrété un deuil national ce mercredi.

Article publié à 09:00

Corps gisant au sol, immeubles dévastés, carcasses de voitures : deux énormes explosions dans le port de Beyrouth ont fait mardi au moins 73 morts et 3.700 blessés, et provoqué des scènes de dévastation, de désolation et de panique dans la capitale libanaise, déclarée ville « sinistrée ».

Les autorités libanaises ont déclaré que les déflagrations étaient dues à l’explosion de 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium dans le port. L’ammonium entre dans la composition de certains engrais mais aussi d’explosifs.

Le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a précisé que les explosions survenues dans un entrepôt étaient peut-être dues à des « matières explosives confisquées depuis des années ».

Mais le président américain Donald Trump en doute. Mardi, il a estimé que les explosions à Beyrouth « ressemblaient à un terrible attentat » et souligné que des experts militaires lui avaient parlé d’une « bombe ».

Le Conseil supérieur de la Défense libanaise a déclaré, mardi soir, Beyrouth « ville sinistrée » quelques heures après les deux explosions survenues dans le port de la capitale libanaise.
Il a également recommandé au gouvernement, qui se réunira exceptionnellement ce mercredi au palais de Baabda, de décréter l’état d’urgence à Beyrouth et de former une commission d’enquête qui devra remettre son rapport dans cinq jours, rapporte le quotidien libanais « L’Orient Le Jour »..

« Une grande catastrophe s’est abattue sur le Liban », a déclaré le président Michel Aoun lors de ce Conseil, insistant sur la nécessité d’enquêter sur ce qui s’est passé et de déterminer les responsabilités de tous, d’autant que des rapports ont montré la présence de matières inflammables et explosives dans un entrepôt au port de Beyrouth qui a été secoué par les explosions. Le président Aoun a annoncé la formation d’une cellule de crise pour faire le suivi.

Le président libanais juge « inacceptable qu’une cargaison de 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium ait été présente pendant six ans dans un entrepôt »

Le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a expliqué que ce sont 2.700 tonnes d’ammonium entreposées dans le port et qui devaient être acheminées en Afrique qui ont explosé. Selon des informations de sécurité préliminaires citées par la chaîne locale LBCI, l’ammonium aurait explosé lors de la soudure d’une petite brèche pour éviter les vols.
« Il est inacceptable qu’une cargaison de 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium ait été présente pendant six ans dans un entrepôt sans que des mesures de prévention et de sécurité aient été prises », a déploré le Premier ministre, Hassane Diab, qui s’est déclaré en faveur d’un état d’urgence a Beyrouth pour une durée de deux semaines.
Sur le compte Twitter de la présidence, Michel Aoun a lui aussi considéré qu’il était « inacceptable » qu’une telle quantité d’un tel produit ait pu être entreposé depuis six ans dans le bâtiment.

De son côté, le ministre de l’Economie, Raoul Nehmé, a expliqué que le blé entreposé dans les silos situés tout près de l’entrepôt qui a explosé était devenu impropre à la consommation et que de la farine devra être importée pour consommer la perte.

Pour Donald Trump, les explosions ressemblent « à un terrible attentat », des experts militaires lui auraient parlé d’une « bombe »

Le président américain Donald Trump a pour sa part estimé, mardi, que les explosions meurtrières à Beyrouth « ressemblaient à un terrible attentat » et que des experts militaires lui avaient parlé d’une « bombe ».

« J’ai rencontré nos généraux et il semble que ce n’était pas un accident industriel. Il semble, selon eux, que c’était un attentat, c’était une bombe », a-t-il déclaré à la presse lors de sa conférence de presse quotidienne sur le nouveau coronavirus.
Le milliardaire républicain a transmis la « sympathie » des Etats-Unis au Liban et répété que son pays se « tenait prêt » à apporter son aide.

Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait lui aussi proposé l’aide des Etats-Unis au Liban, qualifiant d' »horrible tragédie » les deux explosions qui ont dévasté Beyrouth. L’ambassade des Etats-Unis à Beyrouth a encouragé les ressortissants américains dans la capitale libanaise à rester à l’abri et à porter un masque pour se protéger d’éventuelles fumées toxiques.

La France va déployer au Liban un détachement de la sécurité civile et plusieurs tonnes de matériel sanitaire

Trois hôpitaux de campagne doivent être installés ce mercredi à Beyrouth, les hôpitaux de la capitale étant saturés après les explosions au port de Beyrouth rapporte de son côté l’Agence nationale d’information (Ani, officielle). Le Qatar doit envoyer deux hôpitaux avec une capacité de 500 lits chacun. L’Irak enverra un hôpital de campagne. De son côté la France va déployer au Liban un détachement de la sécurité civile et plusieurs tonnes de matériel sanitaire.

« Nous déployons au Liban un détachement de la sécurité civile et plusieurs tonnes de matériel sanitaire » à Beyrouth, a annoncé le président Emmanuel Macron sur son compte Twitter.
« Des urgentistes vont également rejoindre Beyrouth au plus vite pour renforcer les hôpitaux. La France est déjà engagée », a ajouté le chef de l’Etat français.

Emmanuel Macron avait déjà assuré mardi soir son homologue libanais Michel Aoun du soutien de la France et annoncé l’acheminement de « secours et moyens français » à Beyrouth. Au cours de cet entretien, le président a exprimé « son soutien et celui de la France au peuple libanais », a déclaré l’Elysée mardi soir. « Des secours et des moyens français sont en cours d’acheminement », a ajouté la même source sans autres précisions.

Plus tôt dans la soirée, M. Macron avait exprimé sa « solidarité fraternelle avec les Libanais après l’explosion qui a fait tant de victimes et de dégâts ce soir à Beyrouth. La France se tient aux côtés du Liban. Toujours », dans un message rédigé en français et en arabe sur Twitter.