Billie Holiday : « Billie » le documentaire sur la « vraie » histoire de Lady Day, la plus grande chanteuse de Jazz

Un documentaire sur Billie Holiday a été présenté au Festival de Telluride le week-end dernier. Proposé par Awardcircuit, le film biographique a été réalisé par James Erskine et coproduit par New Black Films et Reliance Entertainment Productions. Retour sur la vie tumultueuse et tragique de l’une des plus belles voix du Jazz et du blues qui arrive à New York en 1929.

La vie de cette légende vocale était faite de secrets, de demi-vérités et d’inventions comme laisse entendre sa biographe Lipnack Kuehl. Née en Pennsylvannie dans le Nord-Est des Etats-Unis,  elle est morte à New York en 1959, à seulement 44 ans.

Bilie Holiday de son vrai nom Eleanora Fagan voit le jour un 7 avril 1915 à Philadelphie. Son père, Clarence Holiday, est un guitariste de jazz, il a 18 ans et sa mère Sadie d’origine irlandaise n’a que 16 ans quand elle l’enfante. Son père toujours absent et sa mère, une aide-ménagère qui se prostitue à ses heures, la petite Elaneora sera confiée tour à tour à ses tantes et ses cousines. Elle fréquente régulièrement les centres de redressement pour jeunes noirs où elle subit abus sexuels et violence.

De maisons closes où vit sa mère à des maison de correction, la jeune Billie commence à chanter dans les bars quand elle se fait repérer par un saxophoniste new-yorkais Kenneth Hollon. Nous sommes en 1933, la jeune fille change de nom, elle devient Billie Holiday au Log Cabin de Harlem. Billie Holiday enchaîne les engagements et à 24 ans, elle interprète, la chanson  la plus poignante de son répertoire : « Strange fruit ». Le texte, écrit par un professeur Abel Meerepol, évoque les Noirs pendus aux arbres en Georgie et en Alabama.

A la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl entreprend d’écrire la biographie définitive de Billie. 10 ans plus tard, l’enquêtrice aura enregistré des entretiens avec les personnages extraordinaires qui ont traversé la brève vie de la chanteuse noire américaine, Billie Holiday, la reine des clubs de jazz de New York.

Ces témoignages sont ceux de grands noms de la musique de Charles Mingus, Tony Bennett, Sylvia Syms ou Count Basie à sa cousine, à des amis de l’école, ses amants, des avocats, des souteneurs et même à des agents du FBI qui l’ont plusieurs fois arrêtée.

200 heures d’interviews qui date de plus de sept décennies, soigneusement restaurées avec des images colorisées par l’un des artistes de couleur les plus en vue, donne un portrait saisissant et émouvant de Lay Day.

Rebelle, victime des préjugés raciaux, Billie Holiday chante « Strange Fruit » en 1930, une chanson de protestation qui lui aura valu de puissants ennemis.

Southern trees bear a strange fruit – Les arbres du sud portent un fruit étrange
Blood on the leaves and blood at the root – Sang sur les feuilles et sang à la racine
Black bodies swinging in the southern breeze – Corps noirs se balançant dans la brise du sud
Strange fruit hanging from the poplar trees – Étranges fruits suspendus aux peupliers

Aujourd’hui, aucune date de sortie du biopic n’est encore dévoilée.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images Usa Today/Wikipedia/Pinterest