BlacKkKlansman : « Le film éclaire une face du passé raciste de l’Amérique qui se poursuit encore »

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Salué à Cannes, en recevant le Grand Prix du Festival du Film 2018, « BlacKkKlansman », la dernière production de Spike Lee, sort ce vendredi 10 août 2018 dans les salles obscures.

Suite aux événements du 12 août 2017 où un rassemblement de l’extrême droite américaine à Charlottesville (Virginie) a entraîné de violents affrontements et la mort d’une femme renversée par une voiture, le réalisateur Spike Lee, révolté par ces événements raciaux, a décidé d’adapter « Le Noir qui infiltra le Ku Klux Klan », un livre écrit par Ron Stallworth en 2006.

Dans cet ouvrage rédigé quand il pris sa retraite, le premier officier de police et détective afro-américain du département de police de Colorado Springs raconte son expérience étonnante. En 1979, Ron Stallworth s’infiltre dans l’organisation du Ku Klux Klan, qui, au milieu des rumeurs d’une « guerre de race », prévoyait des attaques contre des leaders étudiants noirs. Le leader charismatique du KKK était le jeune David Duke un militant de la suprématie blanche et d’un nationalisme blanc surnommé « le grand sorcier » (Grand Wizard) du KKK.

Le film adapté par Spike Lee met en scène : John David Washington joue Ron Stallworth, aux côtés d’Adam Driver, Laura Harrier et Topher Grace.

Dans le film projeté en avant-première au Festival de Cannes en mai dernier, deux thèmes principaux explorent comment le racisme peut avoir un visage caché, la pire forme, la plus dangereuse qui est subtile et souvent acceptable. Le long métrage du réalisateur de « Nola Draling, n’en fait qu’à sa tête » démontre comment les dirigeants des nationalistes blancs ont pu changer au fil des ans, alors même que leurs principes restent essentiellement les mêmes.

« Oui, David Duke est le grand magicien du KKK, mais c’est un vrai gars et il a en quelque sorte un visage différent du racisme », dit Topher Grace à propos de son personnage David Duke.

« David Duke ne portait que des costumes trois pièces. Il est très instruit (Université d’Etat de Louisiane), il s’exprimait très bien, un excellent politicien. David Duke se préparait aux élections dans les années 80 » , a-t-il commenté dans la presse. «  Et, c’est beaucoup plus dangereux parce qu’il a rendu le racisme plus acceptable pour un public plus large. »

Et l’acteur Topher Grace de préciser que son personnage était « un homme très diabolique, un gars très tordu, tordu, mais il est aussi très intelligent. Il a en quelque sorte rebaptisé le Ku Klux Klan et le racisme au milieu des années 70 et au début des années 80. Beaucoup de choses ont leurs racines dans ce qui se passe actuellement ».

Selon Topher Grace, le film éclaire une face du passé raciste de l’Amérique, qui se poursuit encore.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy

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