Brume de sable aux Antilles : Taux records de particules fines, 3 à 4 fois supérieurs au seuil d’alerte

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe, Martinique
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Des taux records de particules fines dans l’atmosphère ont été enregistrés en Martinique et en Guadeloupe, atteignant des niveaux trois à quatre fois supérieurs au seuil d’alerte fixé à 80 Mg, selon un bilan établit par Météo des ouragans du 19 au 23 juin.

L’indice ATMO, qui mesure la qualité de l’air, est en alerte rouge depuis plusieurs jours dans les deux îles sur lesquelles une brume de sable provenant du Sahara, d’une densité inhabituelle, s’est abattue. Ce phénomène météo a rendu l’air irrespirable et réduit la visibilité.

En Martinique, les mesures de concentration journalière ont atteint sur la période du 19 au 23 juin, 274 Microgrammes/m3, loin devant les épisodes de septembre 2018 (189) et mai 2007 (180) à la même période, précisent les experts.

En Guadeloupe, les niveaux maximums observés depuis le début de l’épisode de brume s’élèvent à 304 µg/m3 sur la station de Pointe-à-Pitre et 316 µg/m3 à Basse-Terre ce lundi 22 juin. Au cours de la journée, les moyennes horaires en particules ont dépassés les 450 µg/m3, s’alarment les experts.

MadininAir, chargé d’étudier la qualité de l’air sur l’île a déjà prolongé jusqu’à mercredi l’alerte rouge.

Des mesures d’urgence ont été prises par la préfecture pour protéger les personnes vulnérables. La vitesse des véhicules a été limitée à 70 kms/heure maximum.

Qu’est-ce qu’une brume de sable? 

Une brume de sable est une forme particulière de « brume de poussière » et de « lithométéore ». Ce phénomène météorologique suit une tempête de sable ou un envol local ou à grande échelle de particules siliceuses ou d’autres minéraux.

Des particules fines plus ou moins siliceuses stagnent alors dans l’air, opacifient l’atmosphère en lui donnant un aspect opalescent jaunâtre, brunâtre ou rougeâtre, voire bleuté, persistant éventuellement plusieurs jours ou semaines si les conditions anticycloniques persistent.
Certaines brumes de sable s’étendent sur plusieurs millions de kilomètres carrés.

Quand cette brume est très épaisse, le soleil apparait à midi comme un disque rouge.
C’est un phénomène classique dans les Caraïbes et les Antilles où le sable en suspension provient du Sahara en Afrique.

Ce phénomène a varié en intensité dans le temps au gré des épisodes de désertification et de reverdissement du Sahara.

Les activités humaines sur l’environnement ont aggravé le risques d’occurrence et la durée des brumes de sable, à cause des phénomènes d’érosion et de salinisation induites par la déforestation, l’usage du feu, la destruction de nombreuses zones humides et la surexploitation des ressources en eaux superficielles et l’agriculture intensive.

Les brumes de sable et brumes de poussière sont fréquentes en Afrique du nord, au Moyen-Orient et en Asie centrale et de l’est.

Plus à l’ouest, des brumes de sable se produisent aussi de une à plusieurs fois par an dans les Antilles, sur l’Océan atlantique et en Europe.

Photo : Ville du Robert