Xénophobie : Burna Boy, star nigériane, ancien manager de Fela est indésirable en Afrique du Sud

Indésirable, critiqué, l’artiste aux sons « streamés plus de 100 millions de fois», Burna Boy serait persona non grata en Afrique du Sud le temps d’un concert. Après les émeutes sanglantes en septembre dernier, les artistes africains restent consternés. Pour répondre à la vague de xénophobie dont est accusé le pays, des musiciens et organisateurs d’événements sont entrain de finaliser deux jours de concert intitulé «Africans Unite». Mais les artistes qui illustrent l’affiche ne font pas l’unanimité. Des voix s’élèvent et des pétitions demandent le retrait de l’artiste d’Afrobeats, la super star du Nigéria Burna Boy.

Avec le soutien de Tshwane Entertainment Collective une pétition a été envoyée au ministre des Arts et de la Culture qui dénonce la participation de Burna Boy au concert «Africa Unite» prévu les 23 et 24 novembre prochain. Le concert  qui semble une réponse à la vague de xénophobie perpétuée récemment dans le pays est organisé par Play Network Africa, basé au Nigéria, en partenariat avec Phambili Media SA. Selon les logos apparents sur les affiches, «Africa Unite» serait soutenu par le Département des Arts et de la Culture d’Afrique du Sud.

Le groupe de protestataires formé sur les réseaux sociaux s’insurge, entre autres, du manque de soutien financier pour les artistes de la région. Il affirme que les communautés touchées par la xénophobie sont situées loin des zones où le concert aura lieu et ne pourront pas assister au concert.

Mais, il semble que la principale préoccupation vise principalement l’inclusion de Burna Boy. Le groupe a qualifié cet événement d ’« exercice financier au profit des artistes qui voient notre pays sous un jour négatif, faisant de fausses déclarations (…) Incitation irréfléchie, trompeuse et injustifiée ». «Non seulement a-t-il  (Burna Boy) propagé des mensonges par le biais de sa vaste plate-forme, il a littéralement incité à la violence et à la haine », note les membres du groupe dans leur pétition anti-Burna Boy.

En septembre dernier, la star nigeriane, rappelait les violences subies pars ses compatriotes en Afrique du Sud et relatait son expérience personnelle en tweetant  : « Personnellement, j’ai eu mes propres expériences xénophobes aux mains de Sud-Africains et à cause de cela (…) Je n’ai pas mis les pieds dans l’Afrique du Sud depuis 2017. Et je ne retournerai JAMAIS en Afrique du Sud pour quelque raison que ce soit jusqu’à ce que le gouvernement de l’Afrique du Sud se réveille et réalise vraiment un miracle, car je ne sais pas comment ils peuvent, même éventuellement, résoudre ce problème ».

Le département des Arts et de la Culture d’Afrique du Sud a pris ses distances par rapport au concert en déclarant que son logo avait été utilisé «à tort» sur des affiches annonçant l’événement.

Quant à l’intéressé il avouait dans le même temps, qu’il verserait une partie des recettes du concert aux victimes d’attaques xénophobes.

«African Giant» est le dernier titre du Nigerian, sacré meilleur artiste international au Bet Award en 2019. «African Giant» est un mélange de hip-hop, R&B et dancehall dans son afro-fusion dans lequel Burna Boy introduit une grande part de l’héritage militant de son mentor Fela Kuti. Le musicien dont la mère avoue qu’il écoutait du Manu Dibango, Papa Wemba, Kassav ‘ et la chanteuse américaine de Soul et de jazz, Anita Baker, dès l’âge de 7 ans, s’apprête à remplir deux Olympia à Paris.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy – Images