Californie : La communauté noire a le plus grand nombre de SDF à Los Angeles

Des chariots bondés de gros sacs en plastique, des vêtements noircis, des canettes de coca, des restes de nourriture, sont la partie visible de l’extrême pauvreté des SDF sous les palmiers de Los Angeles.

Impressionnant et révoltant pour d’autres, Los Angeles est la ville où il y a le taux le plus important de Sans Domicile Fixe aux Etats-Unis. Les noirs payent un lourd tribut dans cette bataille contre la pauvreté à Los Angeles. Mais des solutions sont possibles nous explique une ancienne habitante de la ville, de passage dans la cité des Anges.

La demande de main-d’œuvre et l’absence de quotas des immigrants mexicains a provoqué au début du XXème siècle une entrée massive des hispaniques à travers la frontière américano-mexicaine à Los Angeles. Ce qui explique leur représentation importante dans la deuxième ville la plus peuplée des Etats-Unis. Si la communauté hispanique occupe un grande place dans la partie Est de la ville, elle semble plus intégrée dans les emplois de services, dans le commerce et dans l’administration de Los Angeles.

Les Afro-américains n’ont pas ces mêmes opportunités et c’est dans cette communauté que l’on trouve le plus de sans abris et de démunis. Parmi le nombre de Sans Domicile Fixe, Blancs et Noirs confondus, le nombre de Noirs à Los Angeles qui réussit même s’il croît, n’entraîne pas à la baisse le taux de violence et de délinquance qui contrarie la réputation de la communauté afro-américaine.

De Koreatown à Hollywood, les traces de pauvreté et de mendicité étonnent dans ces quartiers relativement aisés. Mais c’est dans le South Central de Los Angeles où  la situation est critique. Il y règne une grande pauvreté où règne misère et drogue.

Les Noirs seraient-ils exclus de la société ? Selon une habitante qui aujourd’hui vit dans l’Oklahoma, le problème est plus complexe. Le manque de solidarité des noirs entre eux, expliquerait (en partie) cette dégradation sociale. Ceux qui grandissent dans les quartiers déshérités, ne sortent pas du cercle infernal de la misère et « C’est une question de mentalité » décrit Sanani Rebecca Raman. La jeune femme est de passage à Los Angeles pour le Festival International du Film Haïtien.

Sanani Raman reconnaît cependant que l’arrivée de Donald Trump à la tête du Pays, a encore plus fragiliser le statut de la communauté afro-américaine. Beaucoup de Noirs sont sur le qui-vive. La peur est là et « on cherche à se protéger tout le temps » note Sanani Raman.

Quant à la police, son taux de bavures ne rassure et exacerbe les conflits entre l’administration américaine et sa population noire.

« Il faudrait que les citoyens noirs riches ou les pasteurs noirs aisés contribuent aux besoins des plus défavorisés. Il faudrait être plus solidaires entre nous » soupire Sanani Raman.

Dans un pays qui peine à concrétiser des plans sociaux efficaces pour les plus pauvres, les plus vulnérables, défilent et traînent comme des loques dans les rues de Los Angeles.

Ils sont jeunes en haut des marches du Metro d’Hollywood-Vine, ce mardi 14 août, courbés et fatigués dans les rues de Los Feliz.

Ils claudiquent et tirent leurs chariots à Koreatown, fouillent aux poubelles.

Ils sont handicapés et blessés, étalés dans les bouches du Metro et, insiste Sanani Raman, « ces sans domicile fixe sont souvent des diplômés sans emplois de Los Angeles ».

Dans la cité des lumières, la peur, la honte, la pauvreté, l’inégalité sociale font place à la déchéance physique et morale dans  la ville qui, selon la légende, a le don de transformer tous les rêves en réalité.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy


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