Cannes-Guadeloupe : « Esclave et Courtisane » le film audacieux de Christian Lara

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La troisième journée de projection a mis à l’honneur des productions guadeloupéennes, mais aussi Cuba avec « Mount Misery de Christenne Browne » ou la Réunion avec « La face cachée du Père Noël », tourné en 2016, le film est réalisé par Laurent Pantaléon.

Parmi les nombreuses réalisations internationales, « Gangs des antillais » tiré du livre du martiniquais Loïc Lery et « Esclave et Courtisane » du guadeloupéen Christian Lara sont en piste pour les Dikalo Awards de la 14 ème édition du FIFP (Festival International du Film Panaricain).

Hier, au Théatre Alexandre III, parmi 12 films internationaux dont « White position » de Tanzanie, « d’Overnight Flies », « The Prowler : The terror of santa Carla », « The color of rage » du Nigeria, de « Bois d’ébène » du Sénégal, « Les enfants d’Insiki » d‘Espagne, « Rebel: Rise UP », le film américain de Marcellus Cox .

Le film de Jean-Claude Berny « Le Gang des antillais » a clôturé la soirée qui aura commencé dès 10 heures. Quelques minutes plus tard, le film « Esclave et courtisane » sorti en 2015 a fait le screening d’une autre salle cannoise, celle du cinéma Le Miramar (extrait du film en fin d’article).

L’adaptation du livre de Loïc Lery , « Le Gang des antillais » dont est tiré le film du réalisateur guadeloupéen a eu un un grand succès. Le film retrace le parcours et la révolte d’un groupe de travailleurs antillais dans les années 1970. L’auteur du best-seller a rédigé l’ouvrage adapté et scénarisé par Jean-Claude Berny, à la prison de Fleury Mérogis, où le martiniquais effectuait une longue peine de prison.

Entouré d’amis et du fils de Jean-Paul Belmondo, les acteurs du film « Esclave et Courtisane » ont pris place dans la salle de cinéma Miramar à Cannes.

Durant une heure, ils ont revu le film dans lequel ils ont participé en 2014. Tourné en Côte-d-Ivoire et en Bourgogne, le film du réalisateur guadeloupéen Christian Lara a été l’événement de la soirée.


Il est question dans ce film, en partie en couleur et en noir&blanc, de parler de l’esclavage sous toutes ses formes qui concerne toutes les civilisations et aussi de dénoncer les clichés et abus qui entretiennent le racisme.

Le choix de Christian Lara interpelle. La comédienne principale est Mi Kwan Lock est Lili et l’acteur qui « porte » le film, est Sidiki Bakaba. Un couple mixte dans un hôtel de charme dans une ville française. Dans un monde qui n’est pas le sien mais que l’actrice a choisi par défi, son quotidien, étrangement, se confond avec celui d’une femme noire Zé (Josée Néné et Thérésa Fandom) devenue courtisane contre sa volonté en 1790.

C’est Lola (Léa Anastasia Varda) qui découvre le livre dans le grenier de l’hôtel qu’elle se doit d’entretenir proprement. Et cet ouvrage « Esclave et courtisane » sera la lecture quotidienne de l’actrice Mi Kwan Lock. Les fantômes de l’héroïne l’appelle, la hante. « Elles » vivent dans le même hôtel, lieu de luxure au 17ème siècle, aujourd’hui en décrépitude mais encore chargé de sexe, de racisme et de frustration.

Après la projection (Lily) Mi Kwan Lock résume simplement ce film de Christian Lara : « C’est la vie d’une esclave noire devenue courtisane et qui tombe amoureuse d’une autre esclave ».

Dans ce contexte où tous les acteurs importants sont noirs pourquoi le réalisateur fait-il le choix de Mi Kwan Lock, l’actrice d’origine chinoise et née à Mulhouse en France, explique avec justesse les raisons de Christian Lara : «En choisissant une actrice d’une autre couleur, Christian Lara a voulu montrer que cette histoire concerne tous les peuples et pas seulement les noirs», elle ajoute «mon personnage est universel et n’importe quelle femme pourrait s’identifier».

Sidiki Bakaba, est le personnage central du film. Il incarne la sagesse, observe et constate. Le comédien-réalisateur et scénariste qui a une très longue carrière professionnelle en France, a d’abord fait ses classes à l’École nationale d’art dramatique d’Abidjan au Living Théâtre à New-York et auprès de Jerzy Grotowski, un des plus grands réformateurs du théâtre du XXᵉ siècle. Plusieurs fois récompensés dans des différents Festivals en Afrique et en Europe, Sidiki Bakaba est une valeur sûre parmi les comédiens noirs en France.

Très attaché à ses racines et aux prédictions africaines, le comédien qui s’est aussi tâté en politique en 2010 et 2011, a défendu le film de Christian Lara selon l’expression ivoirienne en solinké : « Ce qu’un homme n’a pas pu dire dans sa vie, c’est ce qui rend lourd son cercueil. »

Parmi l’équipe technique réduite, il faut noter la présence du martiniquais Samuel Mourouvin qui participe comme assistant opérateur. Son rôle est double. Avant le tournage il s’occupe des essais caméras, il s’occupe de la mise en place du matériel.
Au cours du tournage, l’assistant opérateur comme Samuel Mourouvin s’assure du bon fonctionnement de la caméra et de la mise en scène.

Ecoutez Mi Kwan Lock, l’actrice qui a le rôle de Lili dans « Esclave et courtisane » nous parle du tournage et décrit comment ce rôle participe à la question de l’émancipation de la femme dans le mode du 21ème siècle :

Reportage Cannes/La Croisette Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actu Dothy
Photos C’news Actus Dothy


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