Cannes : « Je suis Libre » est le 1er film du réalisateur martiniquais Cedric Chemir

Cedric Chemir porte plusieurs casquettes, le martiniquais est réalisateur, scénariste, danseur et acteur. Afrodescendant et ouvert aux autres cultures, Cedric Chemir explique ce qu’il a découvert dans ce Festival Panafricain de Cannes qui a programmé son film. Le cours métrage a pu se faire avec l’appui des antillais mais essentiellement grâce à la volonté d’un homme qui a pris des risques en créant sa propre entreprise « Cedric Chemir », une société basée en Martinique.

Cannes, Festival International du Film Panafricain

Depuis mercredi 17 avril, l’antillais est au Festival International du Cinéma Panafricain à Cannes. Jeudi, c’était à son tour de présenter son film « Je suis libre », un premier court métrage né pendant l’ouragan Irma :  « Je voulais parler d’un sujet qui me tenait à cœur, mon film est un hymne à la liberté, c’est aussi une boucle entre l’homme noir ce qu’il était avant et celui d’aujourd’hui. Entre ces deux périodes, l’Homme Noir s’est libéré. Comme une piqûre de rappel, j’ai réalisé ce film qui insiste à dire que des esclaves mis en captivité et des abolitionnistes ont versé leur sang pour que nous soyons libres. Aujourd’hui nous avons cet héritage qui fait de nous des Hommes affranchis. Mais, le combat n’est pas terminé et c’est désormais à nous de construire un héritage avec d’autres objectif pour nos enfants. »

Le réalisateur, acteur et cinéaste Cedric Chemir

Pourtant, les exemples sont multiples de films qui expliquent cette libération après plusieurs siècles d’esclavage. Le martiniquais argumente à Cannes : « Il y a beaucoup de films d’amour et personne ne se plaint donc je ne vois pas pourquoi vis-à-vis de l’Homme Noir et vis-à-vis de notre communauté on devrait en faire moins ! Je pense qu’il y a autant d’individus sur terre que de points de vues différents sur un film.»

Sans détailler la fiction courte, Cedric Chemir défend le court métrage comme un film universel : « Nous avons toujours été séparés depuis l’esclavage et cette fiction s’adresse tant aux antillais (les descendants d’esclaves), qu’il questionne le public africain. Et ici, à Cannes, nous rencontrons des caribéens, des antillais, des américains et des africains. Nous avons notre place dans ce Festival Panafricain. A l’époque de l’esclavage, nous étions tous des enchaînés de l’Amérique aux Antilles, on doit se remémorer que nous venons tous du même continent. Nous devons rester unis pour faire grandir notre communauté ».

Cedric Chemir en compagnie du jazzman Jowee Omicil

Avant ce premier rendez-vous avec le Septième Art, Cedric Chemir était commercial, une expérience qui a contribué à cette envie de maîtriser la scène : « J’étais dans le breakdance et j’ai décidé de tout arrêter quand j’ai compris que j’ai une mission plus grande que de travailler pour quelqu’un. C’est important d’aider sa communauté ! »

Sa reconversion Cedric Chemir l’assume malgré les risques et les incertitudes du métier de réalisateur : « Je n’ai aucun filet, comme d’autres, j’ai aussi des doutes car je suis mon propre patron, et je reconnais que créer sa propre entreprise c’est un risque que tout le monde n’est pas prêt à prendre. J’avoue que j’aime ce bonheur de diriger ma propre affaire ».

De la danse au cinéma, de la scène au plateau cinématographique, la magie du spectacle c’est de l’adrénaline pour le nouveau réalisateur : « J’ai commencé par le breakdance et cette activité a changé ma vie. C’est la même excitation quand on est sur scène ou sur un plateau de tournage, c’est fantastique. Au cinéma, je suis derrière la caméra, mais il m’arrive de jouer dans des scènes et c’est grandiose. Réussir à faire couler une petite larme chez les téléspectateurs ou les faire rire, leur donner du bonheur ou les faire voyager avec mon film, c’est mon but et quand le public réagit ainsi, alors, le réalisateur a gagné ! Voilà pourquoi je fais du cinéma »

Cedric Chemir remercie tous ceux qui ont contribué à faire de son court-métrage un succès qu’il présente dans différents Festival à travers le globe. Le martiniquais qui se dit fier d’être un ultramarin, rappelle à qui veut l’entendre qu’il sait d’où il vient. Plus que recevoir des milliers de trophées, Cedric Chemir aime savoir que ce qu’il fait touche son public, l’émeut. Dans cette vidéo, l’antillais déterminé à aller jusqu’au bout de ses projets, raconte son expérience de réalisateur panafricain. Ecoutez le :

« Je suis Libre » continuera à voyager, il est retenu dans différents Festival aux Etats-Unis, en Afrique et en Europe, il sera désormais « Flash of Freedom », un film universel qui rappelle la libération du peuple antillais, libre depuis 1848.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Crédit photos C’news Actus Dothy