Cécile Kyenge, première femme noire ministre en Italie

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[Mise à jour le 1er mai 2013]

La guenon congolaise », la « zoulou », « la noire anti-italienne »… Voici quelques-unes des insultes racistes proférées sur des sites internet d’extrême droite à l’encontre de Cécile Kyenge, la première femme noire ministre en Italie. Cécile Kyenge, une ophtalmologiste originaire de la République démocratique du Congo (RDC), a été nommée ministre de l’Intégration dans le gouvernement d’Enrico Letta formé samedi 27 avril.

Elle est depuis la cible de moqueries, et pas seulement sur les sites néofascistes. Un parlementaire de la Ligue du Nord, Mario Borghezo, a parlé d’un « gouvernement bunga bunga », dans une allusion à Cécile Kyenge et aux soirées à caractère sexuel organisées par l’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi.

Lors d’une émission de radio, il a accusé la ministre de vouloir imposer en Italie « des traditions tribales » et affirmé que les Africains n’avaient « pas produit de grands gènes ».

La ministre de l’Egalité des droits et du Sport, Josefa Idem, une femme d’origine allemande qui, comme Cécile Kyenge, a épousé un Italien et acquis la nationalité italienne, a ordonné une enquête au nom du gouvernement. (francetvinfo.fr)

[Article publié le samedi 27 avril 2013]

Parmi les nouveaux visages apparus dans le gouvernement d’Enrico Letta, dévoilé samedi, figure celui de Cécile Kyenge, nommée ministre de l’Intégration et première femme noire de l’histoire de l’Italie à accéder au rang de ministre. « C’est un pas décisif pour changer concrètement l’Italie », a commenté cette oculiste de 49 ans originaire de la République Démocratique du Congo et arrivée en Italie en 1983.

Sa priorité, le droit du sol: « Je rencontrerai probablement des résistances, nous devrons beaucoup travailler pour y arriver », a-t-elle reconnu alors que la citoyenneté italienne est basée sur le droit du sang. « Un enfant, fils d’immigrés, qui est né ici et qui se forme ici doit être un citoyen italien », a-t-elle expliqué.

Député du Parti démocrate (PD, gauche), la première femme d’origine africaine à siéger au Parlement était en train de préparer un dossier sur « le racisme institutionnel » en Italie. Elle milite aussi pour l’abrogation du délit d’immigration clandestine et souhaite rendre le marché du travail plus accessible aux étrangers.

Pour Cecile Kyenge, il est également nécessaire de « lutter contre la violence sexiste, raciste, homophobe et de toute autre nature ». Le PD, auquel appartient M. Letta, s’est réjoui de ce choix qui « démontre avec cohérence le fait de croire à une Italie plus intégratrice et vraiment multiculturelle ».

Source : AFP