Chantal Maignan à propos du clip Mada de Kalash : « Moi je dis non »

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Décidément le clip Mada n’a pas fini de faire parler. Après la polémique suscitée par le tournage à Fort de France, le public découvre le clip sorti il y a deux jours et certains n’hésitent pas à exprimer leur « déception ».

Kalash se dit fier de son île et il la représente à sa façon. Juste avant la sortie du clip il a écrit sur Instagram : « Nous sommes la preuve qu’en 2019 cette  « catégorie» dite voyou, délinquant, vagabond etc peut s’unir et agir ensemble qu’importe le quartier, les histoires passées ou la couleur du bandana dans un objectif commun … avec nos manières, n’en déplaise à certains, nous apprenons à vivre ensemble, à nous organiser avec nos propres armes et nos propres complices ».

Même si le public du chanteur le soutiendra toujours, depuis la sortie du clip nombreux sont ceux qui « n’adhèrent pas à l’image véhiculée dans le clip Mada ».

C’est le cas de Chantal Maignan, personnalité politique de l’île, qui s’est exprimée dans un post Facebook :

J’ai découvert avec consternation et tristesse – plutôt qu’avec colère et rancœur – le clip injustement nommé Mada.

Je l’ai regardé en tant que Martiniquaise, puis encore, en tant que mère, puis encore en tant que prof, et encore en tant que descendante d’afro-martiniquais fière de toutes les luttes menées pour conquérir la liberté et la dignité.

Et c’est au nom de toutes ces femmes en moi que je dis NON !
Non à un tel effondrement !
Non à un tel renoncement !

Et j’attends que les politiques se dressent pour dire NON parce que c’est le principe du droit qui est ici foulé aux pieds.
J’attends que les intellectuels condamnent sans équivoque cet enfermement de notre pays et de notre peuple dans une représentation aussi négative et dégradante.
Moi je dis NON !!!

Je ne reconnais ni mes enfants, ni mes étudiants, ni les jeunes méritants de ce pays qui se lèvent tôt et travaillent dur pour réussir sans dévier de la droiture et du respect.
Je n’ignore rien pourtant de ceux qui se sont perdus en chemin.Je sais leur colère et parfois leur désespoir.

Mais avons-nous tellement échoué à conscientiser ce peuple que nous acceptions sans mot dire d’être ainsi collectivement dévalorisés ?

Mais il est vrai qu’en ces temps d’élection où certains maires font signer des contrats de travail à des délinquants et des dealers au nom de la réinsertion ; réinsertion dont ils n’ont pas eu le moindre souci en 6 ans de mandature, le silence est de rigueur !!!
A vomir !!!