Chlordécone : Lettre ouverte à la SMDS et aux autorités par « un administré, une victime, un esclave »

Jeune de 40 ans, je suis las de voir et de me sentir esclave, j’ai décidé de communiquer à travers une lettre ouverte sur le sujet du chlordécone et je souhaite la partager avec la Martinique :

« Lettre ouverte à la SMDS,
À nos élus courageux,
À nos élus figurants,
À la population du grand Nord
Le 21 octobre 2019

Le 29 juillet par voie de communiqué sur les réseaux sociaux, la population du Grand Nord ou du moins les personnes connectées et qui lisent apprenaient que : « INFO: Message à l’attention des abonnés de la commune d eMacouba et des bourgs de Basse Pointe, du Lorrain, du Marigot et de Sainte Marie : Nous vous informons que suite à la présence d’impuretés dans le désinfectant chloré utilisé dans l’eau produite, le principe de précaution impose une interdiction de la consommation de l’eau du robinet pour les enfants de moins de 5 ans et les personnes souffrant de pathologie du système rénal. Cette restriction d’usage est valable jusqu’à nouvel ordre. La collectivité et la SMDS sont mobilisées pour assurer un retour rapide à la normale et remercient l’ensemble des habitants pour leur compréhension. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution de la situation. »

S’en suivi alors une forte période d’inquiétudes, de questionnements car tout antillais se veut être détenteur de la bonne information et tout comme le réputé téléphone arabe, l’information circulait tout azimut perdant un peu de son essentiel. La seule vraie information fut que « l’eau est empoisonnée », le mot pourrait paraître fort mais ce qualificatif ne trouve pas d’équivalence quand on parle de la santé de l’Homme.

Pour ceux qui avait déjà pour habitude de boire l’eau en bouteille, ce ne fut pas une révélation car leur corps leurs avaient déjà montrer qu’il fallait être alerte. Pour les nombreux récipiendaires attachés à leur robinet, une belle panique avec comme finalité les ruées dans les commerces pour attraper des packs d’eaux.

Cette lettre ouverte pourrait se prêter à une nouvelle, à une fiction comme on en voit souvent dans les films. Mais non ! ABSOLUMENT PAS ! je peins notre réalité. Par ailleurs, dans ma réflexion et dans les dernières parutions, je profite pour encourager M. LETCHIMY qui force d’opiniâtreté et de persévérance, au mépris d’un système mis en place pour gérer l’intérêt commun et régir le fonctionnement de certaines administration ou entreprise délégataire d’un service public, a su mettre notre dit gouvernement devant les décisions prises et les conséquences qui ont découlées. Nous partons là dans une chasse à la sorcière, ou seuls les plus vieux sorciers passeront pour les coupables oubliant qu’il ne demeure pas moins de distribuer les cartons rouges à un bon nombre.

On parlera des békés qui en utilisant ces substances pensaient au rendement, on parlera des différents ministères qui en autorisant avaient choisis leurs camps. Et puis, on parlera de nous pourvoyeurs en eau potable, qui faute de ne pouvoir prendre des mesures restrictives trop couteuses pour ce grand bassin ont préférer le profit à la qualité. Mais les bourreaux comme au moyen âge, se cachent sous d’épais masques.

Pour ma part ce masque représente nos élus locaux « figurants », qui même après ces découvertes, ne montent pas au créneau avec leurs charrues pleines de nos votes pour en faire nos portes paroles. Loin de là, c’est l’exaspération complète, le silence d’une radio après le passage des avis de décès, en attendant le 22 mars prochain. J’ai envie de comprendre ce qu’est le martiniquais, ce qu’est la Martinique pour l’étranger même si tout bon martiniquais sait que nous sommes des vaches à lait, des consommateurs de tout et de rien.

Seulement, il est important de se pencher sur cette triste réalité de fait, il faut vraiment que nous sachions que nous sommes esclaves de notre propre conduite et de nos habitudes à faire l’autruche, en pensant que tôt au tard Zorro ou Zora l’exploratrice viendront pour faire changer les choses.

La SMDS répond à quelle exigence ? à la qualité ou à la quantité ? Pour ma part ni l’une ni l’autre, chacun fait partie d’une chaine et la rompre est pas acceptable. Mais il n’en demeure pas moins, que la réalité nous rattrape, vu que depuis des décennies nous faisons rentrer la mort en nous et dans nos foyers. Nous découvrons chaque jour la tristesse de voir disparaitre des proches, sans ne comprendre pourquoi ni comment la maladie frappe. Je reprendrais cette adage « maladie gâté vayan ». POURQUOI ???

Mon autre questionnement, tient naissance de la parution dans FA du 19 octobre, qui souligne que notre prestataire en eau, n’est pas en mesure de nous assurer une eau saine d’autant que même avec du charbon actif présent dans certains réservoirs, 80% de ce pesticide se retrouve dans nos eaux. Jeter moi la pierre si je me méprenais à dire, qu’en fait ce communiqué qui n’a pas de forme officielle n’ai juste qu’un message passé à qui serait abonné à la page et qui est là pour dire aux contestataires « nous avons communiqués ».

Cependant dans la réaction apportée, quelles sont les résultats sachant que la pollution est constante et ne peut être endigué par un ajout de produits. En définitive, sommes-nous destinés à persévérer dans la mort annoncée par des maladies qui force de leur présence quotidienne sont devenues chroniques. De 1990 à ce jour, aucune mesure restrictive. Il est dit que les canalisations d’eaux devraient être changer dans un intervalle de 40 à 45 ans d’utilisation, et changer le réseau deviendrait très couteux, mais pas autant que tous les produits déversés pour assainir ne garantissent pas la baisse du taux présent dans les eaux, car notons qu’un pesticide s’accroche dans les canalisations. De surcroît la population qui paye très cher un service, n’a nullement été dédommagée par une baisse des factures, c’est plus encore le contraire.

Où allons- nous ? SMDS qui es-tu ?

Je tourne en rond, incapable de comprendre ni de trouver l’auteur de ce problème !
Je ne pourrais pas terminer cette lettre, si je ne fais pas mon coup de gueule aux martiniquais qui font des appels au boycott des grandes surfaces en empêchant l’activité, vous trouvez une solution à ce problème vieux de mon aïeule ? Ne perdez pas de temps à manifester votre manque d’entendement devant des rideaux, car même si le béké fait partie de la machine, pourquoi ne pas aller en bas de la fenêtre de Madame ou Monsieur le Maire, pourquoi ne pas aller au siège de la société des eaux, pourquoi ne pas refuser en masse de payer les factures tant que vous n’avez pas la garantie d’être desservie d’une eau saine ? POSEZ-VOUS les vraies questions, cherchez les vrais COUPABLES et arrêtez de montrer au monde que l’antillais est un irréfléchi prêt à tout casser pour au final ne rien gagner.

Refusons d’être les marionnettes au carnaval des autres !

Signée : Un administré, Une victime, Un esclave »