Chlordécone : Louis D. Bertome rassure «les produits sur le marché sont sains», des associations réclament une nouvelle enquête

Les nouvelles se veulent rassurantes sur l’utilisation du pesticide chlordécone utilisé dans les plantations agricoles jusque dans les années 1990, si l’on considère les déclarations de Louis Daniel Bertome, le président de la Chambre d’Agriculture de la Martinique.

Alerté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1970, l’usage de ce dangereux produit commercialisé sous les noms de Képone et Curlone, censé lutter contre le charançon du bananier, n’a cessé qu’en 1993. Aujourd’hui, les graves conséquences se font jour tant sur le plan de la santé qu’au niveau de l’économie des îles concernées.  Dans le même temps, des analyses sont effectuées par des centres de recherches comme le Cirad ou l’Inra pour permettre aux agriculteurs de proposer aux habitants des produits plus sûrs dans leurs assiettes. Des organisations agricoles comme l’Odéadom, font le lien entre les consommateurs et les agriculteurs, leur rôle est de soutenir les efforts des cultivateurs pour une consommation saine sans chlordécone.

En marge, des associations se mobilisent pour informer la population et  défendre ses intérêts face à l’Etat mise en accusation. Trois associations dont le CRAN, Vivre et Lyonnaj pou dépolye Matinik, par la voix de leur avocat Christophe Lèguevarques, réclament l’ouverture d’une nouvelle enquête aux Antilles. Selon le collectif, des stocks de pesticide seraient enterrés sur ordre de l’Etat, une information révélée par Joêl Beaugendre, le maire de Capesterre Belle-Eau en Guadeloupe. L’ancien député et également membre de la commission parlementaire de septembre dernier a indiqué aux médias l’emplacement de ce stockage clandestin placé au Jardin d’Essai aux Abymes.

Des révélations qui confirment le témoignage d’un responsable du service de la protection des végétaux du ministère de l’Agriculture qui avoue avoir assisté à l’enfouissement du chlordécone : «au lieu d’envoyer ça dans la nature, l’Etat a fait un trou et l’a mis de là-dedans…on l’a fait avec mon chef de service dans un endroit propice, on l’a enterré» rapporte l’agent lors de son passage dans l’émissions «Complément d’enquête». Pourtant note l’avocat du collectif, le chlordécone interdit à la vente depuis 1993, ne peut être ni répandu, ni stocké, au nom du collectif, il réclame une deuxième information judiciaire «pour mise en danger de la vie d’autrui».

Du côté de la Chambre d’Agriculture de la Martinique, le président se veut rassurant, il s’adresse aux consommateurs antillais, ceux de l’hexagone et d’ailleurs. Au sein de l’Odéadom, qu’il préside en même temps, Louis Daniel Bertome qui entame son nouveau mandat pour trois ans, affirme que tout est mis en oeuvre pour que les agriculteurs antillais proposent des «produits sains sur le marché local et international».

Conscient que des cas de maladies graves comme le cancer de la prostate résultent en grande partie suite à la consommation de légumes chlordéconés et que plus de neuf antillais sur dix présentent des traces de chlordécone dans le sang, Louis Daniel Bertome insiste sur le fait que cela incombe à «l’Etat de prendre ses responsabilités». Puisque l’Odéadom prend les siennes :  «Nous ne mettons pas sur le marché des produits qui ne sont pas sains» atteste le martiniquais également Président de la Chambre d’Agriculture de Martinique, et cultivateur lui-même.

Responsable de l’Odéadom, l’Office de Développement de l’Économie Agricole d’Outremer basé en Seine-Saint-Denis, à Montreuil, Louis Daniel Bertome gère l’organisation mise sous tutelle du Ministère de l’Agriculture et du Ministère de l’Outremer. Au sein de la structure les membres ont en charge : « principalement les Antilles, la Guyane, la Réunion et Mayotte. Nous avons un certain nombre d’actions sur Saint-Pierre et Miquelon. Les collectivités territoriales comme la Nouvelle-Calédonie ne sont pas intégrées dans l’Odéadom. L’Odéadom s’occupe d’attribuer les aides européennes destinées aux agriculteurs.» L’aide la plus importante pour les cultivateurs de ces régions ultramarines reste le POSEI.

Consommation et chlordécone aux Antilles (C'news Actus Dothy)

MARTINIQUE – CHLORDECONE – SANTE – CONSOMMATEURS : En Martinique, le Président de la Chambre de l'Agriculture en lien avec des centres de recherches tels l'INRA ou le CIRAD, est certain que les légumes et produits sont SAINS… Reportage Dorothée Audibert-Champenois C'news Actus Dothy

Publiée par C'news Actus Dothy sur Vendredi 6 mars 2020

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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