Christina Saé, mannequin martiniquais, fait sa 1ère Fashion Week à Londres

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Christina Saé est mannequin. Repérée à Barcelone il y a trois ans, Christina Saé était dimanche 18 Février au Freemason’s Hall à la London Fashion Week. Durant le show organisé par Fashion Scout, Christina Saé a défilé pour Starsica. La marque londonienne/coréenne de vêtements prêt-à-Porter et de Haute Couture a été créée en 2016 par Ike Seungik Lee, formé à L’université Nationale de Séoul et à l’Université de Kingston.

« Le mannequinat est un métier qui m’a toujours semblé innaccessible et un peu féérique à la fois. Un métier qui m’a toujours fait rêver. » nous déclare le Top-Model antillais, Christina Saé.

Son style, sa coupe afro et son allure ont retenu l’attention du designer et sculpteur Ike Seungik Lee, qui a craqué pour Christina Saé, récente diplômée en Ecole de Commerce et désormais disponible à plein temps pour se lancer dans sa carrière de mannequin.

L’épopée « glamour » de Christina Saé, commence à Barcelone en Espagne quand une agence locale, l’aborde et lui propose de défiler avec des créateurs et des designers espagnols. Nous sommes en 2015 et Christina Saé est en échange universitaire, elle étudie à l’Ecole de Commerce, Toulouse Business School (ESC Toulouse).

En attendant de rencontrer de grands couturiers, Christina Saé devient Top-Model dans plusieurs show rooms, elle raconte : «  Ce sont en fait des petits défilés privés pour une clientèle choisie sur le volet qui achètera des modèles de la collection. Des vêtements ou accessoires qui seront mis en vente dans le magasin de mode ». Longiligne et avec un look identifiable, Christina Saé se fait connaître, grâce entre autres, aux défilés en show room pour Desigual, Moschino, Alberta, Ferreti, Phylosophy, Nike et pour des shows rooms multi marques.

Février 2018, ici dans l’Ouest londonien, c’est une première pour Christina Saé qui participe à la Fashion Week de Londres. La jeune femme a décroché ce contrat après seulement une semaine de casting et l’heureuse élue sera confiée au Label Starsica de l’artiste coréen, très en vogue. Un designer prometteur, il a été sélectionné du Prix « Ones-To-Watch Awards » à sa première Fashion Week de Londres, en septembre 2017.

La coupe afro de Christina Saé a fait craquer l’ancien sculpteur reconverti dans la mode. Un point gagnant pour la jeune martiniquaise : « Super pour les cheveux Afro, super pour la visibilité  Ma coupe, avec mes cheveux remontés, Ike Seungik Lee l’a surnommée : La coupe brocoli. Ces moments là sont des instants agréables qui vous font aimer ce métier, et qui créent des liens ! ».

Christina Saé a grandi en Martinique. Comme sa famille, elle est originaire de Trinité, une commune du Nord-Atlantique en Martinique. « Mes parents savent que ce milieu est assez particulier mais ils sont heureux et contents que je m’épanouisse dans le mannequinat, ils me savent assez mâture », nous explique Christina Saé.

Et les parents Saé peuvent être soulagés et confiants du choix de leur fille car selon le Top : « Le milieu de la mode est entrain de s’adapter et d’évoluer pour mieux intégrer les mannequins noirs. Mais, nous sommes de plus en plus représentés et plus nombreux à défiler dans la Mode», observe la jeune femme.

Et nous interrogeons Christina Saé sur les difficultés d’être une femme noire dans le milieu de la beauté  : « Des difficultés en tant que femme noire, je n’en ai pas eu. Je garde ma texture de cheveux, c’est important pour moi de défiler avec mes cheveux naturels. Seulement, il faut aussi accepter qu’on puisse modifie une coupe pour les besoins du créateur. Par ailleurs, je reste consciente qu’on est jamais à l’abri d’une rencontre un peu désagréable, mais, il faut rester professionnel, il faut se poser les bonnes questions, savoir pourquoi on est à tel ou tel défilé. A la London Fashion Week les femmes noires sont bien représentées et c’est déjà satisfaisant. »

Excellentes aussi les relations avec, les autres mannequins : « Ce sont de très bonnes copines, on a plus d’affinités avec certains Tops qu’avec d’autres, mais ce métier nous fait beaucoup voyager et on est souvent seuls. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux collaborateurs, à courir les castings. Les créateurs, les couturiers, les directeurs artistiques ont beaucoup de personnalité, ce sont des personnes intéressantes et c’est toujours agréable de travailler avec eux, c’est vraiment féérique. »

A chaque fois que je dois défiler, c’est le même rituel et on se pose les mêmes questions : « Quand on vous demande d’être théâtrale et on pense alors, qu’il y a une attente, une démarche spéciale des designers quand ils nous voient sur le podium. Mais, en fait, parfois, les directeurs artistiques veulent juste qu’on soit nous-mêmes. Quand on l’a compris, cela nous permet de reprendre confiance en nous.  C’est plaisant, car finalement c’est pour cela qu’on est mannequin, c’est pour donner un peu de nous-mêmes et un peu d’authenticité au défilé en portant de si beaux vêtements.»

Au final, ce nouveau métier a permis au nouveau mannequin martiniquais de découvrir l’Espagne,  Londres, Paris et peut-être à Milan en Italie : « C’est un peu monde qui va très vite, qui vous offre de belles opportunités et qui s’arrête très vite, il ne faut pas se précipiter. On doit accepter d’être rejeté très souvent mais les rares fois qu’on est accepté on se dit que cela en valait vraiment la peine »

Propos recueillis par Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images Starsica/CS