Claudy Siar met en colère les Chatouilleuses de Mayotte, il «attise la haine entre mahorais et comoriens»

Samedi 16 novembre 2019, la toile s’est enflammée du côté mahorais. Les chatouilleuses offensées suite à différentes déclarations de Claudy Siar, animateur, journaliste et co-propriétaire de Tropique Fm, ont forcé l’influenceur à répondre à de violentes attaques sur le réseau social Facebook. Avec plus de 260 commentaires, la discussion autour de Mayotte a irrité et provoqué une colère rare entre internautes. En tête de la fronde, l’activiste mahoraise Sarah Medard qui regrette que Claudy Siar soit un homme du passé qui «attise la rancoeur et la haine entre les comoriens et les mahorais».

Fin octobre dernier, Claudy Siar était de passage sur RTV France, une chaîne d’information internationale en continu basé à Boulogne-Billancourt. Le vice-président du Crefom était présent pour commenter la récente visite du président français Emmanuel Macron, en date du 22 octobre 2019. L’occasion pour l’animateur, journaliste et influenceur antillais de redéfinir le statut de l’île Mayotte et de repréciser selon lui les liens étroits des habitants mahorais et comoriens. L’ancien délégué ministériel très agacé de l’attitude de la France a voulu convaincre de l’intérêt qu’il voue à cette île qui selon lui appartient toujours à l’Archipel des Comores.

Face à Florent Philippot, le fondateur des Patriotes, Claudy Siar a tenté d’expliquer pourquoi il est important que la France discute du statut de son ex-colonie Mayotte à l’Onu. Interrogé sur l’immigration et les femmes qui viennent accoucher sur le petit territoire pour obtenir la nationalité française, l’homme des médias a clairement répondu qu’il comprenait la démarche de ces comoriens qui, aux périls de leur vie, viennent tenter une seconde chance à Mayotte. Mais visiblement, soulignent certains commentaires de mahorais, Claudy Siar, qui se présente sur le plateau comme le vice-président du Créfom, digère difficilement les votes frontistes sur l’île, devenue département en 2011, après avoir été annexée en 1843. La longue histoire compliquée entre mahorais et comoriens crispent les habitants de l’Archipel. Les mahorais qui se sont battus pour obtenir leur départementalisation en 2011 et les comoriens qui ont choisi leur indépendance en 1975, sont aujourd’hui des entités bien à part.

Et c’est bien là ce que reprochent les chatouilleuses mahoraises, avec comme porte étendard Sarah Medard, les sorodats (soldats) n’acceptent pas, ce qu’elles nomment comme une ingérence dans les affaires de leur île Mayotte. Comme de nombreux internautes d’origine mahoraise, les chatouilleuses dénoncent «l’ignorance» de Claudy Siar qui ne connait ni la réalité, ni l’histoire sociale, culturelle et politique de Mayotte, clame Sarah Medard, avec virulence

Pour éclaircir ses propos, le journaliste Claudy Siar a publié une vidéo (supprimé ce dimanche 17 novembre 2019) qui ne va toujours pas dans le sens de l’apaisement, assure la mahoraise Sarah Médard. «Claudy Siar n’a aucune idée de l’histoire de Mayotte. Son attitude est dangereuse car il attise une espèce de haine qui existe déjà» s’énerve la sorodat soutenue par Estelle Youssoufa, journaliste d’une chaîne en continu.

«Bien sûr, on ne peut pas empêcher les comoriens de venir chez nous» mais la délinquance et les squatts qui se développent à grande échelle contrarient la bonne marche de la vie à Mayotte, argue la chatouilleuse. «Nous sommes tous propriétaires de nos terres et les clandestins s’y installent, impossible de les déloger». «Par ailleurs, on ne peut plus accueillir les comoriens dignement, il n’y a pas d’infrastructure pour les recevoir». Pour ce qui est des votes «C’est une infime partie qui a votée Marine Le Pen. Ce sont les habitants de Mtsamboro, un îlot où échoue tous les kwassas. Les enfants mahorais se baignent avec les cadavres. C’est un grand cimetière» martèle Sarah Médard.

Il est reproché aux femmes mahoraises de porter un foulard, le Kichali et la tenue traditionnelle, le salouva, quoi de plus naturel puisque les antillaises arborent le maré têt. «Non mayotte n’est pas que musulmane» répondent les chatouilleuses.

L’arrivée en masse des coupeurs de route et «les visas qui enferment les gens chez nous puisqu’ils ne peuvent plus aller ailleurs» relèvent du «grand remplacement» laisse tomber, furieuse,  la chatouilleuse.

Le Créfom (Conseil Représentatif des Français d’Outre-mer) a été approché par les chatouilleuses. Les sympathisants et sorodats estiment que les déclarations de Claudy Siar «contribuent à les diviser», elles réfléchissent à une action d’envergure.

Joint par téléphone dans la soirée de dimanche, Claudy Siar rappelle ses prises positions franches sur la question du racisme et du vivre ensemble en France comme à Mayotte. Le journaliste s’étonne d’être la cible des chatouilleuses et de leurs sympathisants, se plaignant, à la fois, de leur violence verbale et de leur mauvaise foi à son égard. «Les gens n’entendent pas ce que je dis. J’ai le sentiment que les mahorais mettent une couverture sur leur passé» ajoute Claudy Siar, lassé.

Face à la fronde des chatouilleuses, le fondateur et fondateur de Tropic Fm  persiste à dire que les Mahorais «n’ont pas besoin de parti raciste pour les défendre».  L’homme s’étonne qu’on le renvoie à ses origines antillaises quand Marine Le Pen est accueillie à bras ouverts sur l’île. «Le racisme et la haine sont des poisons» affirme l’influenceur.

Pour finir, Claudy Siar, ex-délégué interministériel, assure qu’il faut du temps pour que Mayotte soit apaisée. Et, l’homme suivi par plusieurs milliers de followers, avoue qu’il restera l’un des fervents défenseurs de la cause mahoraise. Il se positionne pour «une égalité de traitement pour Mayotte».

En attendant, les sorodats ne décolèrent toujours pas contre les positions affirmées de Claudy Siar sur leur vote entre autres, les femmes soldats sont plus que jamais actives sur le Net.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news actus Dothy
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