« Cœurs Biguine » : Le livre qui rend hommage à Moune de Rivel

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Winny Kaona, c’est une passionnée. Son admiration pour la chanteuse guadeloupéenne, grande star de la chanson créole est sans limite. Durant six mois, Winny Kaona a écrit un livre-hommage sur la vie de Moune de Rivel . De passage à Paris, Winny Kaona a présenté l’ouvrage au Salon du Livre à la Porte de Versailles.

Winny Kaona, la fille spirituelle de Moune de Rivel ne tarit pas d’éloges sur son mentor. Elle vit, respire et pense Moune de Rivel depuis l’âge de 9 ans. C’est aussi Winny Kaona qui organise l’année 2018, qui célèbre le 100 ème anniversaire de la chanteuse et ambassadrice guadeloupéenne.

« Coeurs Biguine », le livre-hommage rappelle à Winny Kaona de nombreux souvenirs. Ce seront, par exemple, les paroles de Moune de Rivel, dites le 19 juin 1994 qui vont faire craquer Winny Kaona, quand la grande chanteuse qu’elle admire lui dit « Je suis vieille, je ne sais pas si je reviendrai un jour en Guadeloupe. Mais elle, (en désignant Winny), elle va me remplacer. J’ai donné mon flambeau de chansons à Winny Kaona, pourquoi ? Parce qu’elle est assez forte pour  promouvoir et valoriser la chanson traditionnelle créole dans le monde entier. Et cela, je l’espère de tout mon cœur ».

Fille de Jean-Louis Baghio’o, le premier magistrat noir des Antilles, elle commence sa longue carrière à l’âge de 15 ans. Puis, on la retrouve dans le cabaret « Canne à Sucre » où se produit les plus grands orchestres de biguine, de mazurka ou de cadence des Antilles. Une courte carrière aux Etats-Unis à l’age de 28 ans, et Cécile Jean-Louis Baghio’o, dite Moune de Rivel, née à Bordeaux, en 1918, ouvre un cabaret sur les Champs-Elysées : « Le Perroquet du nid ». La guadeloupéenne a pour amis Stellio (Anse-d’Arlets en Martinique), Léona Gabriel (Rivière-Pilote en Martinique) et Archange Saint-Hilaire (Saint-Pierre en Martinique).

Atteinte de la maladie d’Alzheimer, la grande dame s’éteint en 2014 à Paris. Mais avant de recevoir la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres en 1997, elle a eu une vie artistique riche et engagée comme l’était son père. Moune de Rivel était une panafricaniste. Petite, elle fréquentait le domicile de l’écrivain guyanais René Maran, adepte du concept de la « Négritude » développée par Aimé Césaire Leopold Sedar Senghor, elle sera parmi les écrivains réunis à la Sorbonne au sein du « Congrès des écrivains et artistes noirs ».

Puis son père et son frère installés en Afrique, Moune de Rivel qui ne cache pas sa solidarité aux peuples décolonisés, compose  deux chansons en l’honneur de la Haute-Volta (actuel Bukina Faso) : « Bobo-Dioulasso » et aussi « Ouagadougou » . Deux titres dont l’un deviendra l’hymne d’indépendance du Burkina-Faso.

(Ci-dessous Winny Kaona et le photographe personnel de Moune de Rivel, Fofo Forey Fumey)

Moune de Rivel qui repose désormais au cimetière Montparnasse a écrit plus d’une centaines de chansons et participé à plusieurs films aux côtés, entre autres de Claudia Cardinale ou Alain Delon. En 1995, Moune de Rivel qui fut aussi rédactrice dans un magazine africain (Bingo) a créé « Mizik an nou », un conservatoire de musique traditionnelle créole.

Ecoutez Winny Kaonna, fille spirituelle de l’artiste Moune de Rivel, elle organise et gère l’année de commémoration du centenaire de la chanteuse disparut il y a quatre ans (1 minute et 18 secondes) :

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy

Images C’news actus Dothy