Concurrence déloyale : Castex contraint à la fermeture des rayons non alimentaires des grandes surfaces

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France, Martinique
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Le Premier ministre a annoncé, dimanche au JT de 20h00 de TF1, la fermeture des rayons « non-essentiels » des grandes surfaces à partir de mardi 3 novembre, en réponse à la polémique qui enflait sur la fermeture des petits commerces.

Jean Castex s’était auparavant entretenu dans la journée avec les Fédérations professionnelles ainsi que les Associations de commerçants de proximité, très en colère.
Face à leur grogne grandissante, il a fallu apaiser les tensions. « Que l’on ne puisse pas vendre de fleurs, de livres, dans un commerce de proximité et qu’on puisse le vendre dans une grande surface, je comprends que cela puisse choquer », a reconnu le Premier ministre sur TF1.

« En conséquence de quoi j’ai décidé, dans le décret qui régit le confinement, d’ajouter une disposition qui entrera en vigueur mardi matin interdisant la vente de produits qui ne peuvent pas être vendus dans les commerces de proximité dans les grandes surfaces, » a-t-il ajouté.
Le gouvernement a dû rétropédaler, car laisser les grandes surfaces profiter à plein des achats de fin d’année, alors que les petits commerces sont condamnés à baisser leur rideau n’est pas passé.

Jean Castex a exclu tout retour en arrière quant à la réouverture des petits commerces, mais il exhorté les Français à les soutenir en retardant de quelques semaines leurs achats et surtout en évitant les achats en ligne auprès d’ »un grand site étranger », sans toutefois le citer nommément.

« Ce n’est certainement pas le moment de revenir sur les mesures annoncées, c’est beaucoup trop tôt », a prévenu le Premier, assurant que «lutter contre la crise, c’est l’affaire de tous ! »

Le Medef reconnaît qu’Amazon sera le grand bénéficiaire du confinement

Le site d’Amazon va maintenir son fameux Black Friday (prix cassés) le 27 novembre. Mais sous la pression du gouvernement, il a concédé de ne plus en faire la publicité.
C’est le soutien massif des maires aux 200.000 petits commerçants condamnés à baisser le rideau alors que les grandes surfaces pouvaient continuer à vendre jouets, livres, vêtements, parfums, chaussures, qui a contribué à faire basculer le gouvernement.

Dimanche 1er novembre, pas moins de quarante maires de villes de toute taille avaient autorisé l’ouverture des commerces frappés de fermeture.
Leurs arrêtés ont aussitôt été contestés par les préfets devant les tribunaux administratifs.
Le ministre de l’Economie Bruno Lemaire et la ministre du Travail Elisabeth ont qualifié d’irresponsable leur comportement.

Les grandes surfaces en colère contre la nouvelle mesure préviennent qu’il y aura des mises au chômage partiel

Avant même l’annonce du Premier ministre dimanche soir, les grandes surfaces sont montées au créneau

A 18h00, la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) publiait un communiqué dans lequel elle faisait part de sa « totale incompréhension » et de son « opposition ».
Pour Intermarché, Leclerc, Carrefour ou encore Lidl, cette mesure « manque de justification sur le plan sanitaire » car elle « compliquerait la vie des Français » et serait « techniquement très difficile à mettre en œuvre dans de nombreux magasins ».

La FCD prévient que la mesure « entraînerait la mise au chômage partiel de plusieurs dizaines de milliers de salariés, sans aucune justification réelle »,.
Elle demande au gouvernement de « privilégier une réouverture progressive des petits commerces, sur rendez-vous, accompagnée de mesures de contrôle accrue des jauges actuelles dans les magasins ».

Dimanche soir, le Premier ministre a martelé que la réouverture complète des petits commerces était exclue, en raison de la croissance dramatique de l’épidémie de Covid-19, rappelant les 20 milliards qui seront mobilisés pour soutenir l’économie.
Toutefois, il a souligné que la possibilité de rouvrir serait examinée d’ici au 12 novembre en fonction de la situation sanitaire. Bruno Le Maire pour sa part invité les boutiques à pratiquer le « retrait commande » (commande à distance, retrait sur place).

De son côté, la Fédération française de l’assurance (FFA) a promis pour bientôt un nouveau dispositif destiné à couvrir les conséquences de la pandémie. Mais les négociations avec l’État, en vue d’éventuelles indemnisations semblent piétiner.
En attendant la FFA a promis d’annuler un mois de loyer aux entreprises frappées de fermeture