Conflit Sotravom/ Mozaïk : Chacun se renvoie la balle

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Quatre mois de grève des bus Mozaïk en raison du conflit de la Société Sotravom et toujours aucune solution pour sortir de la crise. Les usagers, désespérés, se tournent vers les politiques, suppliant presque ces derniers d’intervenir dans ce conflit qui pénalisent lourdement la population. Mais, il est regrettable de constater que cette affaire dégénère en une bataille où chacun se renvoie la balle.

Selon Alfred Marie-Jeanne, président de Martinique Transport « les conflits sociaux actuels, d’une part entre la société SOTRAVOM et ses employés, et d’autre part, au sein de la CFTU, ne relèvent aucunement de la compétence de Martinique Transport ».

Donc, si on comprend, bien les martiniquais ne peuvent pas compter sur « l’Autorité Organisatrice Unique des Transports en Martinique » pour régler un conflit qui concerne le transport public sur l’île. A-t-on loupé un épisode ?

Et si vous croyez que la CTM pourrait intervenir, la encore on se met le doigt dans l’oeil. Après la tentative de la CSTM et les grévistes de rencontrer les élus en plénière à Plateau Roy ce jour,  Alfred Marie-Jeanne a déclaré dans un communiqué ce jeudi 4 avril : « les élus déplore qu’une fois de plus une réunion plénière des élus de l’Assemblée de la Collectivité Territoriale de Martinique soit perturbée par des manifestations d’un conflit dont la CTM n’est pas protagoniste« .

Et ce n’est pas Daniel Marie-Sainte qui va contredire Alfred Marie-Jeanne. Le 29 mars dernier DMS déclarait sur Facebook que « le néo-PPM, impliqué dans le conflit social qui perdure, appelle au secours Martinique Transport » ….

Ce faisant, il veut faire oublier que se sont des élus, dirigeants ou alliés du néo-PPM, qui dirigent la CFTU et le GME Mozaïk, le Syndicat mixte du TCSP, la Société Publique locale « Transport de Martinique », la CACEM !

Autant d’institutions qui n’ont eu de cesse de chercher à entraver le fonctionnement de « Martinique Transport » depuis son entrée en fonction en 2018 !

C’est au Président néo-PPM, du GME Mozaïc à ramener à la raison d’une part son cotraitant SOTRAVOM, qu’il a lui-même choisi en 2012, et d’autre part, c’est encore à lui, en tant que président de la CFTU de négocier avec les représentants des salariés de la CFTU, actuellement en grève !

C’est aussi, au patron des Vedettes Madinina, proche des dirigeants du néo-PPM de négocier avec les représentants de ses salariés en grève ! (fin de citation)

Ce à quoi,  Didier Laguerre maire de Fort de France et de Serge Letchimy Député du centre, répondent que ce conflit est « une prise en otage politicienne des usagers du transport du centre de la Martinique orchestrée par le «Gran sanblé pou ba péyi-a an chans … 

Le 17 décembre 2018, Martinique Transport annonçait la résiliation de la délégation de service public du centre de l’île. Les conséquences d’une telle décision sont dramatiques pour la population car la dégradation du service aux usagers s’accentuera jusqu’à la mort programmée du transport collectif sur le centre. A ce jour, la date officielle de résiliation n’est toujours pas connue !

Depuis cette annonce médiatique du 17 décembre, aucun courrier notifiant la decision de résiliation n’est parvenu à la CFTU et à ses cotraitants.

Que veut-on faire payer aux usagers des transports du centre de la Martinique en
programmant méthodiquement la mort certaine de toutes les entreprises du réseau MOZAIK avec la complicité de certains ?

C’est en réalité une prise en otage des usagers face à un réseau de transport de plus en plus étranglé par l’autorité unique « Martinique Transport » qui met en oeuvre un plan cynique.

En revanche, cette annonce fracassante a eu pour effets :
– De décourager les banques à poursuivre leur soutien à la CFTU et de rompre les financements permettant d’acquérir de nouveaux bus pour certaines entreprises partenaires,
– De suspendre, le 23 décembre 2018, un versement de six millions d’euros par l’Agence Française de Développement (AFD) à la CFTU. Ce financement contractualisé devait permettre le paiement des entreprises qui réalisent le nouveau Centre Technique des Transports de la Trompeuse. Ce sont près de 40 entreprises embauchant des pères et mères de familles martiniquaises qui ne sont dès lors plus payées,

– De mettre en suspens par le Ministère des Finances le dossier de défiscalisation du centre technique des transports, acquis pour 4,2 millions d’euros.
– De fragiliser la situation économique de la CFTU et de ses cotraitants, dégradant ainsi la qualité du service public de transport rendu aux usagers,
– De ne pas pouvoir garantir aux salariés de la CFTU et de ses cotraitants des conditions de travail optimales.

Ce sont donc des usagers dans l’incapacité de se déplacer, des commerces des centres-villes sans clients et plus de 10 millions d’euros que Martinique Transport aura fait perdre à la Martinique dans des manoeuvres politiques tuant au passage plusieurs entreprises locales.
Certaines entreprises déposeront le bilan à la fin du mois, face à l’indifférence de Martinique Transport et de la CTM. Ils semblent dépassés par l’urgence de la situation et montrent leur incompétence dans la gestion du transport public.

Ce n’est qu’un méfait de plus à l’actif de ceux qui sont en charge du transport à la Martinique depuis le 1 er janvier 2017.

La volonté réelle de Martinique Transport se traduit par la mise en place d’un plan machiavélique se traduisant notamment par le harcèlement de l’ensemble des entreprises partenaires dans le but de les affaiblir, et à terme de les substituer à une entité « pro MIM ».
Force est de constater que les martiniquais ont dû attendre plus de deux ans de tergiversations pour obtenir le droit légitime de monter dans LEURS BHNS. Durant toute cette période, les nombreuses déclarations, promesses de plainte et accusations à charge ont été proférées pour salir l’image de la CFTU. Et cette stratégie est en passe d’aboutir, en montant au passage durablement les usagers et les habitants de l’agglomération contre les salariés de la CFTU.

Martinique Transport a méthodiquement dégrade la qualité de service aux usagers et les conditions de travail des salariés des différentes entreprises du réseau, en usant de la methode du harcelement financier (refus de paiement dans les delais des prestations réalisées conduisant au non renouvellement des CDD et impossibilité de renouveler les bus suite à l’annonce de la résiliation, tensions sociales…).

En asséchant la trésorerie des entreprises du réseau, ils ont ainsi provoque et fait naître des revendications légitimes des salariés concernant leurs conditions de travail qui se dégradaient sans cesse et pour lesquelles les directions ne pouvaient apporter de solutions, faute de moyens financiers.

Martinique Transport a ainsi contribué méthodiquement a ternir davantage l’image des salariés, des représentants du personnel et de la direction de la CFTU dans l’opinion. La méthode utilisée est celle du pourrissement, du mensonge, de la manipulation. Parallèlement, ils n’assument pas leurs responsabilités dans l’arbitrage des conflits sociaux et ne répondent
jamais aux demandes d’audience. Une association d’usagers est même créée de toute pièce avec a sa présidence, des proches du PALI MA. L’autorité unique de transport, dans le déni de ses responsabilités, prive donc quotidiennement plus de 25 000 usagers de transport de leur droit fondamental de se déplacer.

Parallèlement à tout cela, le Président de Martinique Transport a annoncé aux entreprises par courrier en date du 28 mars 2019 plus de 13 millions d’euros de pénalités, injustifiés à ce jour.
Dès la mise en oeuvre de ces pénalités, les entreprises n’auront pas d’autre choix que de déposer le bilan mettant irrémédiablement fin au transport urbain sur le centre.
Un transport public complètement à l’arrêt pendant des mois, des centres villes moribonds, des usagers en souffrance. Voilà ce que nous promettent la CTM et Martinique Transport en perspective.

Nous, Élus martiniquais, Serge LETCHIMY, Député du Centre, et Didier LAGUERRE, Maire de Fort de France,

– Exigeons que Martinique Transport assume ses responsabilités dans le cadre de sa compétence Transport, sans parti pris, sans manoeuvres politiciennes, pour donner aux martiniquais la possibilité de se déplacer dans les meilleures conditions et permettre aux entreprises de retrouver leur clientele habituelle,

– Exigeons que l’Etat utilise tous les moyens à sa disposition pour faire cesser la prise en otage honteuse de la population,

– Appelons tous les acteurs à la raison avant une autodestruction de 20 ans d’acquis en matière d’organisation de transport,
– Invitons les acteurs à se réunir le plus vite possible (fin de citation)

Autant vous dire qu’à ce rythme là, les usagers risquent de souffrir encore longtemps à cause de ce conflit.