Congés Bonifiés : « Mr Macron, je suis en colère, mon mari, ma fille sont en colère, les « domiens » veulent être entendus !».

« Réunionnais, guadeloupéens, martiniquais, guyanais, vous êtes tous concernés par la nouvelle réforme des congés bonifiés, policiers, infirmiers, agents de la Poste et les autres », hurle dans un micro, un syndicaliste de l’Union Syndicale Solidaires, place du Bataillon du Pacifique à Bercy.

Ce jeudi 28 mars 2019, à l’appel de la CGT-USAP, environ 2 000 « domiens » (originaires des Outre-Mer) et amis, manifestaient contre la réforme des congés bonifiés, demandant, le retrait immédiat du projet, soumis, depuis le vendredi 11 janvier à de profondes remises en question. Ce projet examiné par les cabinets des différents ministères réduirait à deux ans la période de congés des agents qui partiraient « plus souvent et moins longtemps ».

Le projet de loi qui a fait réagir la Délégation des Outre-mer à Paris, présidé par le député Olivier Servat, a provoqué un tollé général parmi les prétendants aux congés bonifiés.

Ne faisant plus confiance à leurs députés, ni à leur Ministre des Outre-mer, ni au représentant de la Délégation Interministérielle, une Intersyndicale s’est formée pour négocier et se faire entendre du gouvernement. Mais leurs efforts sont restés vains ce jeudi renforçant d’autant leur mobilisation et leur détermination. Une nouvelle action est attendue, plus forte, plus intense, assurent les leaders des différents syndicats organisateurs.

Comme Murielle Mouila, du Lamentin en Guadeloupe, les ultramarins venus manifester leur opposition à ce projet de réforme, se disent floués par le nouveau gouvernement d’Edouard Philippe. Les raisons évoquées pour modifier les congés bonifiés sont injustes et non justifiées. Selon les participants, le Président ne les entend pas et beaucoup d’entre eux dénoncent un complot qui pourrait leur faire perdre cet avantage. Un avantage qui selon les manifestants, leur permet de rester en lien étroit avec leur famille et leur culture. D’autres au sein de la foule, sont convaincus qu’il existe « une forme de discrimination à leur égard » quand ils disent avec colère, que « cette réforme ne touche pas les métropolitains » fonctionnaires aux Antilles.

Quant à Augustine, toute enveloppée de madras, la résidente à Levallois-Perret, nous montre preuve à l’appui, la réponse d’une administration qui refuse le congé bonifié de sa cousine. Avec les critères du CIM (Centre des Intérêts Moraux et Matériels), l’octroie du congé bonifié peut être modifié chaque année.

Selon Murielle Mouila, elle est plus que certaine, que sa fille aînée ne bénéficiera pas de ce dispositif : « Ce n’est pas la première fois qu’on modifie l’attribution des congés bonifiés. J’ai le sentiment que les bonifiés sont en danger, on nous reprochera de ne pas être satisfaits du seul mois qu’on veut nous imposer. Mais c’est clair qu’ils veulent les faire disparaître tranquillement, ce n’est qu’un début. Les conditions d’attribution sont tellement difficiles que mes enfants ne les auront pas, ils n’ont pas été en classe aux Antilles. » s’agace la jeune femme.

Compte en banque, foncier, scolarité, sépulture, date d’arrivée en métropole sont parmi de nombreux critères de sélection pour bénéficier des dits-congés.

Après des années de « galères », la guadeloupéenne Murielle Mouila décide de partir pour la Métropole, certaine de pouvoir revenir visiter sa famille régulièrement, c’est le contrat qui le dit !. Le principe du congé qui dure deux mois, correspond à ses attentes : « Cela m’a motivée à concourir pour être fonctionnaire à Paris. J’ai quitté ma famille et en 2003, je suis venue en France pour travailler. Le chômage existe au pays, j’en ai souffert, il fallait que je m’en sorte, mais je pense à ma famille, à l’endroit où je suis née.»

Ancien agent dans l’administration pénitentiaire, Murielle Mouilla se souvient de la pénibilité du travail en prison et comment ses collègues revenaient des Antilles, plus motivés que jamais : « Je connais la souffrance des antillais et la solidarité entre eux. Pour ces agents, les congés bonifiés sont une bénédiction. Il faut que ce gouvernement explique son choix. »

Au loin, près de la caravane, le QG du rassemblement, un autre syndicaliste alerte sur les critiques sévères des chefs de services qui avouent ne pas pouvoir remplacer les employés qui partent en vacances : « Cela suffit d’être accusés de ralentir le travail. Dans tous les secteurs, le congé bonifié est un droit et il y a une enveloppe qui permet le remplacement de tous ceux qui partent durant deux mois en congé bonifié. »

En colère Murielle Mouilla s’étonne car « Jusqu’ici les administrations s’arrangeaient pour nous remplacer. Nous faisons de nombreux sacrifices durant les périodes de fêtes, nos parents étant à plus de 8 000 km, nous travaillons à Noêl, au Jour de l’An. Je suis scandalisée que l’on dise qu’il manque du personnel, un prétexte pour nous obliger à partir moins longtemps. On nous reproche les conséquences qu’occasionnent nos absences ce qui alourdirait le travail de nos collègues métropolitains. »

Son ultime appel, elle l’adresse au chef du gouvernement : « Monsieur Macron, je suis en colère, ma fille, mon mari sont en colère, les « domiens » veulent que vous nous écoutiez ».

Et Murielle Mouila, résolument décidée que cette manifestation aura un impact sur ceux qui examinent ce projet persiste : « Je demande que ce projet de réforme tel qu’il est proposé, soit arrêté. Le gouvernement doit nous concerter s’il veut réformer les congés bonifiés. »

Après quatre heures de discours acharné contre la réforme des congés bonifiés, et une longue attente face au ministère des finances, la foule maintenue éloignée du bâtiment par les forces de l’ordre, n’a pu que constater son impuissance à intéresser un interlocuteur de Bercy. Pour les cégétistes et confrères, ce rassemblement est pourtant une grande victoire et prouve que les « domiens » ne veulent pas de cette réforme. Cette réforme qui est une injustice sociale, commente Rose-May Rousseau la Secrétaire Générale de l’Usap-Cgt, pourrait être validée et éligible dès le mois de juin 2019.

Réforme juste ou injuste, les ultramarins enragent contre Emmanuel Macron (C'news Actus Dothy)

FONCTION PUBLIQUE – OUTRE MER : Ils ont été des milliers à tenir tête à la nouvelle réforme sur les congés payés en tenant des discours critiques envers le gouvernement et le président Emmanuel Macron. Injustice sociale, discrimination ou alignement pour uune autre plannification plus juste? Les "domiens" crient à l'ARROGANCE, eux qui ont attendus longtemps un début de NEGOCIATION ce jeudi 28 mars à BERCY. Reportage à Paris C'news Actus Dothy PLUS D'INFOS=> https://www.people-bokay.com/conges-bonifies-mr-macron-je-suis-en-colere-mon-mari-ma-fille-sont-en-colere-les-domiens-veulent-etre-entendus/ #congésbonfiés #outremer #fonctionnaire #manifestation #protestation #macron #antilles #voyage #avenir #RoseMayRousseauSecrétaireGénéraledeUsapCgt Ministère Outre-mer La Maison des Citoyens d'OUTRE-MER Christiane Tafial #NathalieChemin Emmanuel Macron Édouard Philippe #martinique #guadeloupe #guyane #réunion #saintpierreetmiquelon #mayotte #discrimination #sociale

Publiée par Antillesboxmail – Dothy sur Samedi 30 mars 2019

L’intersyndicale, CGT-USAP, CFDT, Union Syndicale Solidaires, annonce une nouvelle action pour le mois d’avril prochain.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy