Considérée comme Albinos, elle était moquée, maltraitée et méprisée avant de réussir loin des Antilles

Quand Stacey McKenzie a compris qu’elle subirait la discrimination dans son pays et serait continuellement humiliée  par des amis mannequins qui la traitaient comme une esclave, la caribéenne s’est rebellée. Sa voix grave et son regard non conventionnels en ont fait la cible de commentaires cruels de voisins, de camarades de classe et aussi d’étrangers sur son île.

Aujourd’hui, Stacey McKenzie est un mannequin influent, elle dirige une agence de mannequins, est vedette et coach d’une émission America’s Next Top Model.

L’histoire de Stacey McKenzie, le Top Model installé à Toronto au Canada, est sur le point de devenir un biopic pour grand écran. Calvin Klein, Jean-Paul Gaultier, Alexander McQueen, Thierry Mugler, Christian Lacrox ou Tommy Hilfiger ont collaboré avec le mannequin autrefois victime de racisme, d’intimidations et de moqueries.

Stacey McKenzie est née à Allman Town en Jamaïque et a été élevée avec ses deux frères et sœurs (plus âgés) à Slipe Road dans une famille monoparentale. Sa mère est de St. Mary et son père, décédé quand elle était bébé, était de Clarendon.

Jeune, Stacey McKenzie était « anormalement » blanche. « Je n’avais pas encore de tâches de rousseur et j’avais les cheveux blonds et blancs, et ils étaient flous et fous. J’aurais pu passer pour une albinos ».
« Les gens m’appelaient « dundus », « fille Yellowman », « mangouste ». Ma mère essayait de me protéger, en me cachant car tout le monde, même les membres de la famille, me rabaissait. Maintenant, ma maman est surprise de mon parcours. » raconte à la presse, la jeune mannequin.

Élevée strictement, dans un foyer chrétien entre l’école et l’église, la jeune fille explique sur la plate-forme de Large Up (émission de radio et magazine), qu’elle ne pouvait même pas aller à la plage. Puis à l’adolescence, Stacey quitte Kingston pour New York et s’installe en colocation dans un somptueux Penthouse avec quatre filles.

La plus âgée avait à peine 18 ans. C’est à cette époque que Stacey McKenzie qui a 13 ans, découvre le racisme au quotidien. Elle raconte :

« Une des colocataires, une fille blanche, me méprisait, elle me disait que j’étais là pour être la femme de chambre. Selon elle, je ne pouvais pas être un Top Model. Cette colocataire laissait volontairement sa vaisselle sale et me disait de la nettoyer. Un jour, elle a laissé une de ses assiettes souillées pendant environ une semaine et je lui ai dit qu’elle devait la laver. Elle ne l’a pas fait, elle est venue me voir en me donnant un coup de poing, et me disant : « Tu es censée nettoyer parce que tu es ma femme de chambre. Je me suis battue et lui ai rendu ses coups avec force. » confie Stacey McKenzie au magazine.

« J ‘étais trop immature pour être autonome. Je savais que j’allais me bagarrer si ces conneries continuaient. C’est pourquoi j’ai décidé de quitter New York et je suis partie au Canada ».

Une fois au Canada, Stacey McKenzie se pose environ deux ans avant d’aller à Paris. « Cela m’a pris du temps car je n’avais pas d’argent. Ayant abandonné l’école, j’étais trop gênée, alors, je suis allée en cours du soir pour m’instruire. Puis je me suis rendue en Europe, en Hollande, j’ai pris le bus pour me rendre à Paris. Quand je suis arrivée en France, je ne savais pas où je devais m’installer. Je savais juste que je devais me rendre au cœur de la capitale. »

Des histoires, Stacey McKenzie en a plein à décrire. Comme le jour où un photographe furieux, détruit toutes les premières photos prises à Toronto, au début de sa carrière : « J’ai découvert qu’il les avait toutes déchirées avec colère. Je lui ai dit à quel point cela me faisait mal, à quel point j’avais travaillé dur pour avoir ces photos ».

Mais très rapidement la jeune fille de 18 ans trouve ses marques et se rapproche de Jean-Paul Gaultier, son mentor dans la mode. « J’étais juste secouée quand je l’ai rencontré. »

Stacey McKenzie est maintenant une jeune femme influente, audacieuse et inspirante pour ses amies mannequins. Elle conseille ses nouvelles copines Top Model. « Je leur ai appris à marcher. D’autres Top Models ont commencé à me demander à leur enseigner ma technique. »  Stacey McKenzie débrouillarde, a de l’expérience : « J’étais mon propre agent. Au téléphone, D’où j’étais, je disais au créateur que J’appelais depuis la Jamaïque et j’obtenais des contrats. »

Elle décide de retourner au Canada et démarre comme jeune Entrepreneure. La jamaïcaine crée son « Walk Camp » : « Depuis, j’enseigne les jeunes modèles dans des « ateliers ». Chaque été, je choisis 30 filles âgées de 12 à 17 ans et leur offre un Camp (entraînement) gratuit de deux semaines. Pour moi, c’est important car ces jeunes ne vont pas avoir beaucoup d’opportunités pour rencontrer de grands créateurs de mode. » Caitlin Cronenberg, le designer Sunny Fong, Noreen Flanagan ont fait des masters au sein de ses « Walk Camp » (vidéo en fin d’article)

Friande de graffitis et fan de l’artiste Jean-Michel Basquiat dont les œuvres sont exposées à Paris à la Fondation Louis Vuitton, Stacey McKenzie avoue qu’elle aime l’Art : « J’aime l’Art. Mon père était un artiste. En fait, il faisait des dessins pour les cartes Hallmark en Jamaïque. »

Quand on l’interroge sur son île, Stacey McKenzie ne tarit pas d’éloges :
« Peu importe combien de temps je vis au Canada, je suis fière de dire que je suis née et que j’ai grandi en Jamaïque. Petite, quand nous avons déménagé, j’étais désespérée. Même si on me taquinait et qu’on se moquait de moi en Jamaïque, je pense (aujourd’hui) que cela n’était pas trop grave. Nous avons un esprit très particulier. Peut-être que cela vient de nos racines africaines. Dès que vous touchez la terre jamaïcaine, vous retrouvez cette énergie qui n’existe nulle part ailleurs. Je suis tellement inspirée quand je rentre chez moi, et même quand je ne peux pas y aller, et ,que je regarde des photos d’amis et de ma famille, je suis de nouveau inspirée et si émue. »

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy

Images Rita Tesolin/MyCityLife/SpeakerUb/MyEtvMedia/TheGlobeandmail.com/LargeUp/

Source Plate-forme Large Up