Contre la violence aux Antilles : Lettre ouverte à François Hollande

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Lettre ouverte à Monsieur François Hollande
Président de la République Française

Monsieur le Président de la République ,

Lors de votre campagne aux élections présidentielles de 2012, vous aviez pris des engagements pour que la situation économique et sociale catastrophique existant dans les départements d’Outres mers change de manière radicale, notamment sur les points suivants :
1) Insécurité
2) Chômage
3) Justice
4) Politique sociale et familiale
5) Vie chère
Sur chacun de ces points vous aviez mis en exergue la politique irresponsable du Président de l’époque, Nicolas Sarkozy.

Sur l’insécurité qui selon l’observatoire de la délinquance était en augmentation de 48% sur les vols avec violence en Guadeloupe entre 2009 et 2010, je vous cite :
« La politique incohérente de Nicolas Sarkozy est responsable et a laissé à l’abandon l’ensemble de la chaîne pénale. Le démantèlement de notre système social a créé les conditions d’une insécurité croissante. Les crédits aux emplois aidés ont été divisés par 10 depuis dix ans, alors que pour beaucoup de jeunes c’était une alternative à l’inaction et au premier emploi »

Sur le chômage des jeunes qui atteint un niveau record de 60% comparativement à l’hexagone, je vous cite :
« La jeunesse sera ma priorité en Outre-mer plu qu’en hexagone. Depuis Nicolas Sarkozy le chômage des -25 ans a augmenté de 49%, les crédits pour les contrats aidés et la politique de retour à l’emploi a été divisé par 10 depuis 2002, Ce taux de chômage n’est pas le fruit du hasard mais celui d’un désengagement sans précédent de l’état outre-mer à laquelle je mettrai fin. Le contrat génération sera une mesure forte. Les emplois d’avenir pour faciliter l’insertion des jeunes en particulier dans les quartiers les plus difficiles. L’école de la crèche à la maternelle redevienne le moteur de l’insertion sociale. Les Outres mers doivent devenir des pôles d’excellence éducative. Favoriser le développement économique pour que l’emploi soit local et permettre aux entrepreneurs de bénéficier d’un cadre juridique et économique stable.»

Sur la justice et la politique sociale, familiale, je vous cite :
« Il y a un manque de moyens de la police et de la justice pour travailler. Les prisons sont saturés et indignes d’un pays développé empêchant de mener des politiques de réinsertions crédibles. Faire de la prévention auprès des familles en difficultés et dégager des moyens pour la formation des détenus, c’est ce type d’initiatives que je soutiendrais. Que chacune de nos politiques ait un volet Outres mers et que dans chaque ministère il y ait une cellule Outres mers. »

Sur la vie chère qui met nos compatriotes en grande difficulté économique, je vous cite :
« Il faut s’attaquer sans états-d ‘âmes contre les monopoles et contre les marges abusives.»

Force est de constater aujourd’hui que le changement promit n’est pas arrivé. La Guadeloupe bat un triste record et se hisse en tête des Départements où la criminalité est en hausse. Pour la seule année 2013, on comptabilisait 60 homicides en Guadeloupe et aux Îles du Nord. La Guadeloupe et la Martinique ont connu des faits de violence graves depuis le début de l’année 2014, plus de 80 braquages, des incivilités récurrentes au sein des établissements scolaires, des voies de fait sur les personnes, les agents de police subissent des agressions de personnes désœuvrées. Les prisons outre-mer sont débordées notamment à Baie-Mahault (Guadeloupe), le centre pénitentiaire souffre d’une surpopulation estimée à 170%, une explosion qui pourrait à terme devenir incontrôlable si vous n’agissez pas tout de suite.

Nous avons un taux d’illettrisme important en outre-mer, 20% en Guadeloupe et en Guyane, 23% à La Réunion, 14% en Martinique et un déficit de formation qui ne permet pas aux jeunes adultes de rentrer sur le marché de travail.
Nous n’aurions pas assez d’encre pour vous écrire la situation catastrophique dans les départements Outres mers, vous la connaissez car vos différents ministères se sont engagés sous votre présidence à porter une solution.

Face à cette montée inquiétante de la criminalité, accompagnée d’une montée tout aussi inquiétante de la violence qui tente de se banaliser, nous vous demandons, monsieur le Président, de mettre en application les mesures que vous préconisiez. La jeunesse Antillaise est laissé dans la fosse des oubliés malgré les cris puissants de désespoir lancé à la société des hommes civilisés. Combien de morts faudra-t-il encore supporter pour que votre gouvernement tienne enfin compte de la problématique sécuritaire et socio-économique en Outres mers ?
L’Association pour la Non-Violence aux Antilles composé de citoyens ordinaires est disposée à vous rencontrer pour discuter de ces problématiques et à vous faire des propositions concrètes pour enrayer ce cycle infernal et apporter un espoir à ceux qui veulent se sortir de cette misérable vie.

Monsieur le Président de la République François Hollande, combien de tombes encore irons-nous fleurir et combien de larmes verserons-nous dans le fleuve de l’iniquité. chaque jour nous mourrons, aidez-nous à vivre.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mon profond respect.

Association pour la Non Violence aux Antilles
La présidente Le Vice Président
Sandrine CALMO Kant LEBEAU


1 commentaires :

  1. Lepasteur

    Vous avez bien raison ,pour votre lettre et je suis de tout coeur avec nos Département,car comme toujours,nous n’avons pas le même traitement,que ici sur le continent,nos pays sont toucher ,aux plus profond,le chômage,est de plus forts ,les retraités(es) vivent de plus en plus mal,

    ALORS ONT NE LÂCHE RIEN

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