Coronavirus : La chloroquine une solution dans l’urgence pour des médecins mais «prudence» dit le gouvernement

Dimanche lors de son point de situation, le professeur Jérôme Salomon, directeur général de la santé a annoncé pour les prochains jours, un essai clinique européen. Dans le même temps, il a réagi aux propositions d’utiliser la chloroquine et l’hydroxychloroquine pour lutter contre le coronavirus. Jérôme Salomon a précisé dans ce point de presse quotidien, que la chloroquine comme d’autres traitements sera étudié et, si ce médicament était efficace il pourrait éventuellement raccourcir le délai qui permettrait de l’utiliser. Des médecins s’insurgent  contre ce délai trop long et demandent l’utilisation en urgence de la chloroquine, un médicament connu et ayant très peu d’effets secondaires.

Alors que Jérôme Salomon annonçait ce dimanche que la situation allait s’aggraver dans les jours qui viennent, il présentait également  e lancement d’un essai clinique européen destiné a évalué quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coranavirus : « Baptisé Discovery, il inclut notamment l’hydroxychloroquine. 3 200 patients européens dont 600 français seront inclus dans l’étude qui associe également la Belgique, les pays Bas, le Luxembourg, le Royaume Uni, l’Allemagne et l’Espagne. » a ajouté le directeur général de la santé.

Mais depuis une semaine les tests pratiqués en clinique avec un médicament prescrit à l’origine contre le contre le paludisme,  suscite beaucoup de débat dans la communauté médicale. Et certains médecins souhaitent l’étendre à plus de patients en état grave. Testé sur plusieurs patients à Marseille, le traitement  à la chloroquine qui a obtenu des résultats prometteurs est notamment vivement recommandé par le professeur Raoult qui dirige l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection. Seulement Olivier Véran, le ministre de la santé appelle à la prudence : «ce traitement s’il devait être efficace, nous le proposerions aux français sans aucun délai » a déclaré le ministre qui a indiqué sur LCI, que plusieurs hôpitaux français étaient en train de l’expérimenter. «D’ici à 15 jours, nous devrions avoir des données consolidées ».

Trop long cette attente, pour Christian Perrone, le chef du service infectiologie à l’Hôpital Raymond-Poincarré est très choqué. Il appelle le gouvernement à accélérer le processus, quitte à faire en parallèle cette grande étude scientifique annoncée et utiliser ce traitement traitement chloroquine qui fonctionne : « il ne faut pas attendre des résultats d’études cliniques qui vont durer des semaines avant d’agir, on sait qu’il y a des médicaments comme la chloroquine qui semble marcher. Le professeur Raoult à Marseille a pu le confirmer sur 24 malades et continue ses tests. Il faut arrêter de dire : on attend de voir, si jamais c’est intéressant. C’est un médicament qui n’est pas cher à produire. Il faut que Sanofi dès demain lance les chaînes de fabrication jour et nuit pour fournir des millions de doses ». Selon le médecin spécialisé, sur le plan éthique on doit absolument faire vite face à des malades qui ont très peu de chance de survie.

Quant aux voix qui appellent à la prudence, Christian Perrone répond que les effets secondaires sont rares et les patients traités sous chloroquine sont bien surveillés dans les hôpitaux. «Faut arrêter d’exiger des études avec des centaines de patients. On n’a plus le temps » rétorque aux réticents, le chef du service infectiologie à l’Hôpital Raymond-Poincarré .

Ce dimanche soir 16 018 cas ont été recensés, 672 personnes sont décédés depuis l’arrivée de l’épidémie en France et 1 746 patients sont en réanimation (dont 225 de plus qu’hier).

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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