Covid-19-«La prime pour Tous» : Aïda Diop et les soignants mobilisés à Cannes, soutenus par leur maire, David Lisnard

Tout est fin prêt, le syndicat Force Ouvrière a posé son préavis de grève pour ce lundi 25 mai et le rassemblement est prévu à 14h devant l’entrée de l’hôpital Simone Veil à Cannes. « On se demande, s’ils n’ont jamais été sur le terrain. Ils ne nous comprennent pas ». Aïda ne décolère pas, elle fait partie des soignants les plus exposés dans la crise sanitaire Covid-19 et ne comprend pas le tri dans l’attribution des primes qui varient selon la qualification des soignants et selon les zones les plus impactées par le coronavirus de mars à mai 2020.

Centre hospitalier de Cannes Simone Veil

La formule utilisée par le personnel hospitalier « la prime de la déprime » explique le malaise des soignants. En marge de cette prime dispensée selon les secteurs, les soignants réclament depuis plusieurs années des conditions de travail plus humaines et un salaire plus décent. La crise Covid-19 a exacerbé leurs revendications. En même temps que le lancement du plan « Ségur de la santé » diligenté par le ministre Olivier Véran, une partie du personnel soignant rentre de nouveau dans la contestation.

À Cannes, Aïda Diop est connue dans la ville où elle exerce comme soignante depuis 13 ans. De père sénégalais et de mère camerounaise, il y a 19 ans qu’Aïda a choisi de vivre dans le Sud de la France. Parfaitement intégrée, la jeune mère de famille n’est plus étonnée des regards surpris qui l’accueillent dans les réunions où elle assume son itinéraire de femme africaine. «C’est ma réalité, mais je ne me mets aucune barrière. Quand je rentre dans une salle, c’est toujours un regard de « surprise ». Mais cela me permet de foncer. Je fais mon travail comme tout le monde!» précise la soignante.

Aïda Diop qui participe à différentes activités de sa ville est remarquée dans les rencontres syndicales qu’elle suit avec attention, la soignante est déléguée du personnel au Centre hospitalier de Cannes Simone Veil sur la grande avenue des Broussailles. Et c’est sous cette bannière qu’elle prépare avec ses autres camarades, la mobilisation de ce lundi 25 mai 2020. Des voix qui veulent être entendues jusqu’au ministère de la santé à Paris. Le même jour et dans le même temps, elles suivront les premières négociations qui lancent dans la capitale, le « Segur de la santé » .

Aïda Diop devant l’hôpital de Cannes, lundi 25 mai 2020

Soutenus par David Lisnard, le maire de Cannes, qu’Aïda Diop tient à saluer pour sa bonne gestion de la crise sanitaire Covid-19 avec «son excellent conseil de surveillance pour la ville de Cannes», les soignants réclament : Le versement de la prime exceptionnelle de 1500 euros pour tous les agents hospitaliers et sans éléments discriminants, l’ouverture immédiate de négociations catégorielles sur les filières ouvrières, techniques, soignantes et administratives, la reconnaissance en maladie professionnelle du Covid-19 pour tous les agents de la Fonction publique hospitalière, le dégel immédiat de la valeur du point d’indice de la fonction publique et le rattrapage de 18% de perte de pouvoir d’achat, l’abrogation de la loi sur les retraites après l’activation de l’article 49.3 de la Constitution, à la veille du confinement, l’augmentation des effectifs dans les Ehpads, l’abrogation des lois dites «Transformation de la Fonction publique» et «Ma santé 2022».

Dans Cannes, si les soignants n’ont pas manqué de masques et d’équipements de protection, ils le doivent au maire de Cannes, insiste l’agent hospitalier : «Dès le début, il a assuré, il a anticipé, il a bien géré la crise. dès début mars, il s’est formé un élan de solidarité extraordinaire à Cannes», un sentiment  qui a pour eu comme effet de rassurer Aïda Diop. Et même si l’hôpital de Cannes Simone Veil n’a pas le même classement, qu’Antibes, la ville voisine, «tous les soignants méritent la même prime», celle annoncée mi-avril par le premier ministre Edouard Philippe, ils n’ont pas démérité, précise agacée Aïda Diop.

Les soignants du Centre hospitalier de Cannes, Simone Veil.

Déléguée du personnel et également élue au Comité d’hygiène, Aïda Diop s’est portée volontaire pour occuper son poste de soignante à plein temps pour aider et soulager durant la période épidémique due au nouveau Coronavirus (SARS-CoV-2), COVID-19.

Aïda Diop et ses collègues soignants manifestent devant l’hôpital de Cannes

Maman d’une fillette de 5 ans, la cannoise d’adoption se dit inquiète mais suffisamment forte pour accomplir sa mission parmi ses collègues au centre hospitalier de Cannes Simone Veil. Elle sait qu’elle prend des risques en faisant des gestes de soins et de lavages des malades mais, rassurée par les dispositifs mis en place et après un week-end d’ascension prolongé, Aïda Diop repart ce lundi 25 mai pour de nouveaux combats, qu’elle entend bien gagner, ensemble et unie auprès de tous les soignant (e)s de France.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy Images AD pour C’news Actus Dothy