Covid-19 : L’arrivée des touristes américains à Saint-Barthélemy inquiète les locaux

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Caraïbe
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Depuis le 22 juin, le retour des touristes, en particulier américains sur l’île de Saint-Barthélemy dans les Antilles, avant même les autres territoires d’Outre-mer, suscite l’inquiétude de la population locale.

L’île de 21 km2, située au nord de l’arc antillais, ne vit que du tourisme haut-de-gamme. Elle a déjà officiellement ouvert ses portes aux touristes de toutes provenances, hormis la Guyane, où l’épidémie s’intensifie.

Saint-Barthelemy qui compte 10.000 habitants n’a recensé que six cas positifs de Covid-19, sans gravité, depuis février 2020, Le dernier cas remonte à avril dernier. Entre le 29 juin et le 5 juillet 2020, quelques 200 visiteurs sont déjà arrivés à Saint-Barthélémy depuis les États-Unis, via Porto Rico.

Dans le quartier-capitale, Gustavia, ils sont nombreux à faire les boutiques et à fréquenter les restaurants, majoritairement des Américains. Cette ouverture du territoire aux États-Unis où l’épidémie fait rage, suscite la crainte au sein de la population locale, d’autant que l’île voisine de Saint-Martin est toujours fermée aux vols américains.

Une inquiétude partagée par le président du Comité du Tourisme et vice-président de la Collectivité, Nils Dufau : « Il y a de l’inquiétude, mais quelque part c’est sain, car cela permet de rester alerte, même si ça ne doit pas virer à la psychose », souligne-t-il.

« L’avantage de Saint-Barth c’est qu’il n’y a pas de tourisme de masse, ce sont des petits volumes, plus faciles à gérer (…) les gens ont besoin de travailler, notamment les indépendants et les commerces ont besoin d’une bouffée d’air », fait-il toutefois observer.

Considérant que la mise en quarantaine des touristes est incompatible avec la reprise touristique, la Collectivité de Saint-Barthélémy a choisi de s’équiper d’appareils de tests devdépistage PCR rapide et de rédiger son propre protocole.

Ainsi, les arrivants peuvent présenter un test réalisé dans les 72 heures avant leur départ, ou alors se faire dépister sur place, dans les 24 heures suivant leur arrivée.
Ils sont ensuite invités à se confiner dans leur villa de location ou leur hôtel, le temps d’avoir les résultats. Il leur est aussi demandé d’effectuer un second test à J+7.

Les tests ne sont pas pour autant formellement obligatoires et aucun contrôle n’est effectué sur le respect du protocole.
Depuis cette semaine, les voyageurs sont accueillis par des agents de sécurité, employés par la Collectivité pour prendre leur température, vérifier le test effectué à J-3 ou à défaut, les orienter vers le « drive » de dépistage Covid.

Au cours des deux dernières semaines, 345 tests PCR ont été réalisés. Ils se sont tous révélés négatifs. Nils Dufau se félicite du protocole qui est, selon lui, respecté.
« La majorité des arrivants joue le jeu, c’est même un argument de vente. Ils ont le sentiment d’arriver dans un endroit préservé », assure-t-il.

Les résidents des Antilles françaises peuvent, de leur côté, circuler librement d’une île à l’autre.
Dès le 13 mai, les restaurants et bars de Saint-Barthélemy ont pu rouvrir leurs portes avant ceux de métropole, mais sans touristes ou presque mais la reprise est difficile.
Les plages sont accessibles normalement. Le vaste parc de 850 villas de location est opérationnel.

Côté hôtels, la plupart des grosses unités (Cheval Blanc, Eden Rock…) resteront fermées cet été, mais les établissements indépendants sont prêts, assure-t-on.