Covid-19 : Le protocole sanitaire pour la rentrée le 11 mai, jugé « irréalisable »

Covid-19 : L’état d’urgence sanitaire prolongée, le protocole sanitaire pour la rentrée le 11 mai, jugé « irréalisable »

Le gouvernement a décidé, samedi 2 mai, la prolongation pour deux mois de l’état d’urgence sanitaire contre le Covid-19, mais la réouverture des écoles à partir du 11 mai reste la préoccupation principale des maires, dans l’attente de clarifications sur les modalités concrètes.

Le Conseil des ministres a prolongé jusqu’au 24 juillet l’état d’urgence sanitaire, a indiqué samedi Olivier Véran, le ministre de la Santé.

L’examen du texte au Sénat est prévu dès lundi, avant qu’il ne soit transmis à l’Assemblée nationale en vue d’une adoption définitive dans la semaine.

Le texte précise que la mise en quarantaine et le placement à l’isolement, pourront intervenir « lors de l’arrivée sur le territoire national » afin de lutter contre la propagation du virus.
Depuis le 1er mars 2020, le COVID19 a tué 24.594 personnes en France dont 218 au cours des dernières 24 heures.

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a constaté un allègement de la tension dans les services de réanimation avec 141 personnes en moins.
Mais, le gouvernement est toujours confronté au problème du retour progressif des enfants à l’école à partir du 11 mai.

La carte provisoire qui classe les départements en vert, rouge ou orange selon l’état de l’épidémie et des services de réanimation, a dû être corrigée après la découverte d’erreurs de comptage, ce qui a provoqué la colère des élus, préoccupés par la réouverture des écoles.
Et ce d’autant que, Jean-Michel Blanquer a déclaré, vendredi 1er mai, dans un entretien au Figaro, que la« majorité des écoles » maternelles et primaires rouvrira à partir du 11 mai.
« Je pense que la majorité des écoles rouvrira (le 11 mai) partout sur le territoire ainsi que la majorité des collèges en zone verte », à partir du 18 mai, a déclaré le ministre de l’Education nationale dans un entretien en ligne sur le site Le Figaro.

Jean-Michel Blanquer, qui précisait son plan de déconfinement scolaire à partir du 11 mai, date de début du déconfinement progessif dans l’Education nationale, a aussi précisé qu’il y aura un maximum de 15 enfants par classe. Mais certains maires ne veulent pas entendre parler de reprise scolaire le 11 mai, plaidant pour une rentrée en septembre.

C’est la responabilité personnelle du maire qui peut être engagée

Ils sont inquiets de leur éventuelle responsabilité pénale en cas de contamination d’enfants, d’enseignants ou de personnels.

En Martinique, 32 communes sur 34 ne rouvriront pas le 11 mai, a déjà fait savoir l’Association des maires de Martinique.

Les édiles estiment que les conditions sanitaires des écoles, les équipements, le manque de temps pour former le personnel ne permettent pas d’assurer la sécurité des enfants et celle du personnel.

De son côté l’Association des maires de France a déjà prévenu que le gouvernement devra respecter la décision des maires qui ne veulent pas rouvrir.
« (…) Il ne faut pas oublier que ce n’est pas la responsabilité de la commune, mais bien la responabilité personnelle du maire qui peut être engagée. Donc on s’y prend en général à deux fois pour engager certains travaux ou certaines décisions », a mis en garde Agnès Le Brun, porte-parole de l’Association des maires de France.

Les maires en attente de clarifications sur les modalités concrètes

« Si le maire dit qu’il ne peut pas, c’est qu’il aura de bonnes raisons de le dire », a-t-elle insisté, expliquant que les aménagements sont parfois difficiles. « On voit bien que l’architecture générale de l’école a une grande importance. Les écoles très récentes sont souvent très faciles à entretenir, très faciles à nettoyer. Il faut le personnel, les produits, l’organisation. Dans des écoles plus anciennes, construites d’une autre façon, peut-être que ce sera plus difficile », a-t-elle expliqué.

« Cette appréciation sera in fine celle du maire, mais le maire ne sera pas un obstacle, ce n’est pas l’idée de faire obstacle », a-t-elle ajouté.

Pour accueillir des élèves, les écoles devront respecter un protocole sanitaire très strict, dont « les grandes lignes » ont été dévoilées : lavage de mains répétés, jeux proscrits, désinfection du matériel, sens de circulation marqué au sol, ect… un casse-tête pour les petites communes.
Mais des clarifications sur les modalités concrètes sont attendues.

Pour les enseignants, le protocole sanitaire de réouverture des écoles est « irréalisable », surtout que les élèves auront à peine deux semaines de classe.

A la récréation interdiction de se toucher, de jouer au ballon, à chat, ect…

Ce qui inquiète aussi, c’est d’avoir à surveiller en permanence les enfants et surtout à la récréation avec une liste d’interdits incompréhensibles dans l’immédiat pour eux : pas de ballons, interdiction de jouer à chat ou encore de se toucher.

Pour Agnès Lebrun, l’objectif est de travailler «sur la base d’un couple préfet-maire et plus spécifiquement sous-préfet-maire ».
« Et puis évidemment avec les autorités académiques qui ont disposition de nos locaux, pour pouvoir nous dire ce qu’ils souhaitent faire d’un point de vue académique », a-t-elle souligné.
« Ensuite nous, maires, pourrons leur dire ce que nous pouvons faire. Et si nous ne pouvons pas faire, nous pourrons le dire de la façon la plus paisible et la plus simple possible, mais il faudra aussi entendre les maires qui, pour des raisons de bon sens, diront qu’ils ne peuvent pas », a prévenu Agnès Le Brun.

La maire de Nantes Johanna Rolland (PS) a pour sa part déjà anticipé qu’il ne serait « pas possible » que tous les enfants retournent à l’école le 11 mai et que la rentrée ne pourra être que « progressive ».

Plusieurs maires de Seine-Saint-Denis ont aussi exprimé leur intention de ne pas rouvrir leurs établissements scolaires.