Covid-19 : L’UFC met en demeure 57 compagnies aériennes de rembourser les billets annulés

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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L’Association française de défense des consommateurs exige que les billets annulés à cause du coronavirus soient immédiatement remboursés et demande aux compagnies aériennes d’appliquer la règlementation européenne.

L’UFC-Que Choisir a mis en demeure 57 compagnies aériennes afin de les contraindre à rembourser immédiatement les clients dont les billets ont été annulés en raison de l’épidémie de coronavirus, conformément à la réglementation européenne.

Après avoir passé en revue les modalités de remboursement de 76 compagnies aériennes – qui représentent près de 80 % du trafic aérien annuel de passagers en lien avec la France – seules 23 respectent leurs obligations, constate l’UFC.

« La majorité des compagnies aériennes bafouent la réglementation », dénonce dans un communiqué l’association qui constate que 57 compagnies «imposent en toute illégalité un avoir à validité variable, retardent le remboursement ou appliquent des frais de modification ».

Parmi les compagnies visées figurent notamment Air France-KLM, Lufthansa, Emirates ou encore EasyJet, Ryanair et Vueling.
« Après que certaines compagnies ont fait exploser le prix des billets des Français bloqués à l’étranger, au début de la crise, nombre d’entre elles entendent aujourd’hui renier le droit à remboursement des millions de passagers aux vols annulés en leur imposant un bon d’achat », accuse l’UFC.

Air-France vient de recevoir 7 milliards d’euros d’aides de l’Etat français et KLM entre 2 et 4 milliards d’euros d’aides du gouvernement néerlandais pour faire face à la crise sanitaire.
Mises à mal par la crise sanitaire du COVID19, qui a mis un coup d’arrêt au trafic aérien, les compagnies aériennes craignent que l’injonction de l’UFC ne précipite leur chute.

Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), les billets non utilisés représentent 10 milliards de dollars en Europe, et 35 milliards au niveau mondial.

Si l’UFC ne se s’oppose pas à ce que des avoirs soient proposés aux voyageurs, l’association les invite toutefois à examiner l’opportunité du report ou de l’avoir.

Consciente que cette crise risque d’avoir aussi des conséquences pour les voyageurs, en cas de faillite de la compagnie, l’UFC invite les clients à faire preuve de bienveillance, s’ils le peuvent.
«Le consommateur qui s’est vu imposer un avoir ne voyagera pas et son argent sera perdu », craint l’UFC.

Néanmoins, elle demande aux compagnies de « laisser le choix au passager du mode de remboursement qui lui convient ».

L’UFC prévient qu’elle « n’hésitera pas à engager toute action nécessaire » pour faire respecter cette obligation.