Covid-19-Témoin : «Les malades sont triés par gravité et par priorité. Il manque de lits, de matériels, ils ne raniment plus à partir d’un certain âge»»

Le témoignage de cette aide-soignante dans ce centre hospitalier universitaire de l’Assistance publique au Nord de paris, est glaçant mais réel. De lundi 23 à ce jeudi 26, en l’espace de 3 jours, une vague a déferlé en Île-de-France et touche vraiment tout le monde comme cette adolescente de 16 ans victime aujourd’hui du Covid-19.

La jeune soignante est épuisée mais toujours au front, son dernier patient est un antillais d’une quarantaine d’années qui lutte pour vivre. Venu une première fois se faire examiner, l’homme a du se représenter aujourd’hui en détresse respiratoire. Pris en charge par le médecin urgentiste, il s’est vite retrouvé en assistante respiratoire avant d’être rapidement intubé. Finalement avec une assistance en oxygène de 12 litres, l’homme, sans doute en sursis aujourd’hui, aura de grandes chances de s’en sortir.

Une procédure qui n’est pas effective pour tous, m’indique la soignante, si tous ceux qui viennent sont directement sous assistance respiratoire, ils n’auront pas tous les mêmes chances. Au delà d’un certain âge (plus près de 68 ans?) «on ne ranime pas ceux qui ont un certain âge et sont gravement atteints. On sait qu’ils vont partir». Ce patient Covid-19 est trop saturé, «on donnera sa chance à un plus jeune». avoue la soignante d’un hôpital du 18ème arrondissement de Paris.

Tous ont besoin de lits et de beaucoup d’oxygène, entre 1 à 15 litres, mais «il manque de lits, il n’y a plus de matériel, donc ils ne raniment plus à partir d’un certain âge».

«Nous avons deux fois plus de patients que jamais», les bobologies ont disparu pour laisser place à un flot sans cesse de patients Covid-19. «Mais il arrive quelques fois que des personnes viennent se rassurer qu’ils ne sont pas malades seulement, ils prennent énormément de risques dans une zone hospitalière, en ce moment».

«C’est devenu plus compliqué ces jours-ci», contrairement à certains établissements hospitaliers, « Nous n’avons personnes dans les couloirs, tous les malades sont soignés dans des chambres». Pour l’instant en Île-de-France, les centres hospitaliers peuvent déplacer des malades Covid-19 dans d’autres services ayant encore des chambres disponibles.

Agnès Ricard Hibon, présidente de la Société française de médecine d’urgence, confirme : « il y a une augmentation du nombre d’appels et de patients qui ont des décompensations respiratoires. La Région de France s’est préparée avec une augmentation importante des lits de réanimations et de soins critiques pour y faire face. Tous les hôpitaux ont assuré une déprogrammation de l’activité qui pouvait être reportée et ont transformé un certains nombre de lits en lits de réanimation pour augmenter la capacité en nombre de réanimations».

L’Île-de-France est une des trois régions françaises très touchées par l’épidémie de coronavirus et les médecins sont nombreux à réclamer plus de tests pour un dépistage massif de la population française.

Aujourd’hui quand la France n’assure que 9 000 dépistages par jour l’Allemagne est à 500 000 tests par semaine selon un directeur d’hôpital. Jérôme Salomon le directeur Général de la Santé, promet que dans dix jours nous passeront de 25 à 30 000 tests par jour, en France et en dans les Outre-mer.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter Instagram C’news Actus Dothy
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