Crash d’un avion-ambulance au large de Saint-Martin

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Ce samedi 05 mai 2012, un avion de transport sanitaire de la compagnie TAI, s’est écrasé vers 02 heures du matin, moins de 5 minutes après son décollage de l’aéroport de Grand Case à Saint-Martin, dans la zone de l’ilet de Tintamarre au large d’Orient Bay.

A son bord, 4 personnes : le pilote, un malade, un médecin urgentiste et un infirmier du CHU Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France.

Il n’y aurait aucun survivant. Des services de secours aériens et maritimes se sont rendus sur la zone de l’impact. L’épave du petit avion a été repérée et des recherches seraient en cours actuellement dans le voisinage de l’île de Tintamarre, lieu possible du crash pour retrouver les personnes qui se trouvaient à bord.

Le patient, avait été récupéré dans un hôpital de la partie hollandaise de l’île de Saint-Martin. L’équipe médicale venue de Fort-de-France devait ramener ce malade en Martinique.

L’avion-ambulance de type Chyanne III, transportait un touriste envoyé par le Centre médical de Saint-Martin vers la Martinique pour une affection cardiaque.

Dans un communiqué, le préfet de la région Martinique et le directeur général de l’ARS Martinique expriment leur profonde émotion et rendent hommage à la mémoire du médecin et de l’infirmier du SAMU qui viennent de payer de leur vie un dévouement absolu au service de leurs concitoyens.

Ils présentent leurs condoléances aux familles des victimes et assurent de leur soutien l’en-semble des personnels du SAMU qui œuvrent quotidiennement pour sauver des vies.

Ce tragique accident endeuille cruellement la Martinique et la communauté des acteurs du secours.

La polémique autour de ce drame : Au sein du personnel médical de Saint-Martin certains estiment que l’accident aurait pu être évité. Car depuis plusieurs mois, les médecins urgentistes de Saint-Martin s’inquiétaient de l’état des appareils de la compagnie TAI.

Un médecin de Saint-Martin, évoque ainsi les nombreux problèmes techniques rencontrés par les avions de TAI. De fait, un article paru dans le Saint Martin’s Week, un hebdomadaire francophone publié sur l’île, évoque la défiance des services médicaux de la partie française de Saint-Martin à l’encontre de la compagnie, seul prestataire autorisé à effectuer des évacuations sanitaires.

Si aucun incident de vol n’est répertorié, il y est notamment fait état de conditions de transport déplorables : absence de climatisation, brancards posés à même le sol de la cabine et absence de lumière. A tel point que les praticiens de l’hôpital de Saint-Martin avaient demandé la résiliation du contrat public qui les lie à la compagnie. A la préfecture de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, on se contente de souligner que la compagnie TAI servait couramment aux évacuations sanitaires pour le compte de l’hôpital de Fort-de-France, et était aux normes européennes.

Mais si la compagnie TAI suscitait tant de méfiance, pourquoi l’équipe médicale qui a disparu en mer samedi avait-elle choisi un de ses appareils ? Selon un membre du personnel médical de Saint-Martin, le médecin et l’infirmier n’ont tout simplement pas eu le choix : ils venaient d’atterrir en provenance de Martinique, pour récupérer un malade provenant de la partie néerlandaise de Saint-Martin. Mais leur appareil est tombé en panne et n’a jamais pu redécoller. Pour procéder à l’évacuation du patient, il fallait donc un autre avion. Or, seuls les appareils de la compagnie TAI sont autorisés…

lemonde.fr et  lci-tf1.fr