Critiquée de toute part, Catherine Conconne dresse le bilan de la nouvelle gouvernance

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On pourrait dire, laisser dire, et continuer de dire avec ceux qui s’en contentent « que depuis 2009, la Martinique a entamé un cycle économique difficile ». On pourrait également se soumettre à la récession et au chômage important, et ne rien faire pour tenter un sursaut salutaire au moins, par la commande publique.

Dès notre arrivée en 2010, nous avons choisi dès lors d’affronter les difficultés, et d’activer tous les leviers à notre disposition. Cet engagement, dans une politique volontariste s’est traduit immédiatement par un apport de la collectivité de plus de 78 millions d’euros pour la mise en chantier de 221 projets de travaux publics venant de toutes les collectivités, jusque là non aboutis par manque de financement.

Il aurait été facile d’être frileux, faussement prudents, passifs et passer du temps à regretter, entre autres défaitismes, que « le logement social est en « panne, depuis plusieurs années ». On aurait pu, en effet, sans cesse continuer de répéter que « des milliers de demandes sont en attente chez les bailleurs sociaux ». Mais, nous, nous avons résolument choisi de rompre avec ces postures de la résignation.

En 2013, plus de 1 700 logements locatifs sociaux supplémentaires seront réalisés grâce à une subvention exceptionnelle de notre collectivité de près de 2,3 millions d’euros destinés à compenser les surcouts fonciers qui bloquaient leur construction.

Dans ce même secteur, on aurait pu continuer de dire dans toutes les instances que « depuis le cyclone Dean (2007) des martiniquais peinent à réparer leurs maisons », que « des centaines de familles aux faibles revenus ne peuvent faire leur apport personnel ».

Là encore en mode action, nous avons choisi d’arracher à leur sort et de mettre en chantier, grâce à un apport supplémentaire de la Collectivité régionale de plusieurs millions d’euros, près de 3 000 logements individuels aujourd’hui réhabilités ou en cours de travaux.

On aurait pourrait poursuivre un discours qui était quasiment devenu dominant qui s’appuyait sur des constats et des postures défaitistes, du genre « trop de jeunes sont laissés pour compte », « plus de 60 % des jeunes sont au chômage ou sans activités ». Mais nous, nous avons préféré agir et mettre en place un Plan Ambition Jeunes. Ce plan comprend entre autres, l’accompagnement financier supplémentaire de la collectivité pour 1 500 emplois d’avenir, portant ainsi une contribution majeure et décisive à leur embauche par des collectivités, des associations ou des entreprises privées.

On a beaucoup entendu « qu’il faut faire pour les jeunes éloignés de l’emploi, leur donner une chance, croire en eux », cependant, aucune suite n’était donnée aux demandes formulées par d’héroïques associations, porteuses de projets d’insertion. En moins de deux ans, nous avons fait en sorte que plus de 30 chantiers soient initiés, permettant à plusieurs centaines de concernés de trouver leur voie.

On aurait pu aussi continuer de regretter que trop de jeunes gens ont du « mal à trouver un patron » pour leur contrat d’apprentissage mais nous, nous avons décidé que la Région ouvrirait enfin ses portes aux apprentis dans des domaines aussi variés que le bâtiment et les travaux publics, l’informatique, la gestion. A ce jour, 65 jeunes martiniquais (filles et garçons) ont pu signer dès 2012, avec le Président de la collectivité, un contrat en ce sens et intégré la collectivité pour accomplir leur parcours en qualification.

On pourrait aussi dire et redire « qu’il faut que nos jeunes aient les meilleures conditions pour étudier » mais laisser tous les lycées en état de dépérissement avancé, sans le moindre établissement détenant un avis favorable des commissions de sécurité. Mais, nous avons préféré agir et investi un maximum dans ces lieux du savoir. Aujourd’hui, trois ans après, plus de 15 lycées ou CFA rénovés obtiennent enfin leur avis favorable, soit, leur quitus pour rester ouverts sans risques.

Il y a ceux qui répètent à longueur de journée que ces mêmes jeunes « méritent tellement qu’on s’occupe d’eux, qu’on les sorte de la spirale de l’oisiveté, et que l’on mette en œuvre tout ce qui pourrait leur procurer une issue à leur déscolarisation » et il y a ceux qui initient avec détermination 3 écoles de la Deuxième Chance, une au Nord, une au Sud et une au Centre du pays afin, d’ores et déjà, de remettre dans le circuit du savoir, des centaines de jeunes martiniquais.

On pourrait continuer de déplorer en permanence que « l’usine du Galion a des difficultés », que « la culture de la canne est en difficulté », que « les collectivités ont de plus en plus de mal à compenser ces mêmes difficultés », Nous, au lieu de participer au constat, nous avons préféré adopter des mesures financières incitatives en faveur des petits planteurs pour un objectif de retour à l’équilibre de l’usine. Notre investissement a permis d’ores et déjà à plus de 300 ha de terres agricoles en friche de produire plusieurs tonnes supplémentaires du précieux roseau.

Cet effort permettra en 2013, en sa première année de mise en œuvre, que l’usine passe de 47 000 tonnes de cannes à broyer à 55 000 tonnes.

On pourrait aussi répéter sans cesse qu’il est urgent de parvenir à un meilleur taux de couverture alimentaire en regrettant « les importations massives de produits venus d’ailleurs ». Contre cet état de fait, nous avons engagé le dialogue avec les coopératives d’élevage, mis en place des prêts de campagne, des mesures de soutiens au fonctionnement. Avec cela, nous sommes certains d’avoir mis en place des dispositifs qui permettront de renverser la tendance négative et dynamiser la production locale.

Pour preuve, deux années après, ces mesures ont permis une progression significative de nos fournitures locales. La production de volaille par exemple est à la hausse depuis 2011 : + 4,55 % pour le poulet, + 28,57 % pour le coq, etc.….

Toujours au nombre des exemples notoires, on pourrait continuer de se plaindre « qu’il est insupportable de subir tant d’embouteillages entre le Centre et le Sud » en particulier, qui causent tant de déboires à l’activité en général. Là aussi, nous avons choisi de reprendre en mode accéléré le chantier du Transport Collectif en Site Propre (TCSP) qui permettra dans les 2 ans qui viennent une vraie révolution des pratiques de déplacement proposant ainsi une alternative au tout-voiture autour d’une infrastructure moderne aujourd’hui libérée de tous les blocages qui la menaçaient à terme.

On aurait pu à l’observation des problèmes du secteur touristique continuer le mode incantatoire qui dominait et continuer de dire que « le tourisme est une priorité » sans jamais mettre en place une quelconque dynamique autour d’objectifs ambitieux.

En matière d’hébergement, afin d’accompagner les propriétaires d’hôtels dans un vaste programme de modernisation de leur outil de travail nous, nous avons choisi d’agir et de mettre à leur disposition les moyens pour y parvenir. Plus de 17 établissements sont aujourd’hui en convention avec la Région et certains chantiers de modernisation déjà terminés. La valorisation de l’existant et la montée en gamme de notre parc hôtelier sont enfin à l’ordre du jour.

Toujours dans le même registre, Saint-Pierre ! Que de discours, que d’encre versée, que de promesses pour répéter inlassablement que « la Ville d’Art et d’histoire doit devenir, un axe, pour ne pas dire l’axe de notre développement touristique et de mise en valeur de notre patrimoine » mais au final ; pas la moindre étude initiée, pas la moindre initiative, pas le moindre chantier dans un espace qui réclame tant d’attentions. En 2011, nous avons choisi de déclencher « le Grand Saint-Pierre » qui permettra à cette ville mythique mais aussi aux communes et territoires environnants de profiter du formidable essor économique, culturel et environnemental qui peut être créé.

Les premiers chantiers de réhabilitation, de création et de mise en valeur voient déjà le jour et nous ouvrent les voies de la valeur ajoutée d’un patrimoine revisité, mis en valeur.

Il était coutumier, voire de bon ton de dire « que la Martinique consomme mal ses fonds européens ». En 2010, elle a risqué le dégagement d’office n’ayant rien fait pour mettre en place une ingénierie interne afin de mieux capter ces fonds. Nous avons choisi de créer, un vrai service Europe, étoffé en moyens humains, avec des objectifs et qui font qu’aujourd’hui, « la Région Martinique est citée au nombre des meilleurs consommateurs » de ces dispositifs d’accompagnement.

Nous n’avons eu de cesse d’entendre que « la Région est la Collectivité au service du pays ».

Le constat qui accompagnait ce propos était qu’un nombre tellement maigre de dossiers d’aides à la formation était instruits par mois, ne permettant ainsi qu’à peine la moitié du budget dédié à cette politique publique d’être consommée en fin d’exercice. Conduits aux affaires nous avons choisi de structurer et d’étoffer le service puis d’adapter les critères à notre situation et des besoins du marché de l’emploi.

L’effet direct a été de multiplier par 10 le nombre de bénéficiaires en consommant tout, oui, tout le budget alloué à cet investissement humain en début d’exercice.

Que de fois n’a été déploré « que nos cerveaux fuient, travaillent pour d’autres ailleurs dans le monde et n’ont pas de possibilités de retour ». Ce constat fut d’année en année stérile par absence de réactions. Nous avons choisi de faire revenir au pays, à la Région, dans nos services, plusieurs jeunes martiniquais, doués et expérimentés, apportant leur savoir-faire dans des domaines comme les transports, l’ingénierie environnementale et touristique, le management des ressources et des énergies renouvelables, etc…, nous aidant ainsi incontestablement à mieux concrétiser nos volontés politiques.

S’il fallait parler chiffres, certains parlent d’eux-mêmes : un budget qui passe de 345 à 413 millions d’euros en 2012 dédié en grande partie à l’investissement ! Des délibérations (documents qui permettent l’exécution des décisions) qui passent d’un millier en 2009 à plus de 2 000 en 2012 ! 2 200 étudiants désormais accompagnés pour leurs études en 2012 contre à peine 724 en 2009 !…………

On pourrait continuer sans aucunes difficultés à décliner avec force exemples, la démarche entamée depuis 3 ans par la nouvelle gouvernance régionale. Cette mandature sera celle du refus des constats permanents, de récitations chroniques de chiffres alarmants, de la « posture du spectateur stérile, assis les bras croisés ». Elle sera plus que jamais celle de l’action, de l’initiative, de l’audace et d’une certaine hardiesse qui nous pousse au quotidien à sortir le meilleur de notre imagination, d’un désir affirmé de tout faire, de mieux faire pour conjurer ce qui pourrait ressembler à une fatalité du désespoir et de la résignation.

Par Catherine Conconne : 1ère Vice-présidente du Conseil régional de Martinique