Cuba : Les jeunes profitent du changement, un dissident en grève de la faim

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Les cubains commencent à profiter des changements économiques impulsés par le nouveau gouvernement cubain. Sous fond de contestations d’opposants politiques qui dénoncent « les tortures et les passages à tabac », l’économie semble mieux se porter ces deux dernières années. Avec l’arrivée de Raùl Castro au pouvoir, les investisseurs étrangers s’installent nombreux sur cette grande île des Caraïbes. La restauration de vieilles guimbardes font le bonheur des touristes qui visitent en masse les villes cubaines. Un renouveau économique pour Cuba. En témoignent les investisseurs étrangers et les jeunes entrepreneurs cubain qui enthousiastes, décrivent leur business et leurs attentes. Ils se sont confiés au magazine canadien Le Journal.

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Ils sont encore à peiner dur pour se nourrir, à regretter que l’accès à internet ne soit pas plus accessible et à dénoncer les lourdeurs administratives dans ce pays encore nationaliste mais pour l’ensemble de la population, c’est le temps de tous les changements. Ils veulent en profiter peu importe, que les investisseurs soient américains canadiens, américains ou européens. Ils ont des rêves plein les yeux et commencent à les concrétiser. Ces cubains là sont commerçants ou chauffeurs de taxis pour la plupart.

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Dans les larges et vieilles décapotables de Cuba, les touristes de passage s’interrogent et s’étonnent de la longévité de ces voitures américaines qui roulent encore dans l’île. Elles sont une dizaine stationnées au Parque Centrale de la Havana.
Rodriguez qui vient d’acheter une Buick rouge de 1955 avec un moteur Mercedes Benz à 17 000 dollars est fier. Dans ce nouveau monde, les tarifs sont négociés chaque jour dit-il car « la licence est chère, environ 10% sur ses revenus ».

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Il n’empêche que, selon le chauffeur de taxi, le tourisme et les affaires sont « meilleurs depuis que Raùl Castro est au pouvoir ». Les voitures se vendent entre cubains, c’est la débrouille pour les réparer. Les pièces peuvent venir de Russie ou rentrent clandestinement des États-Unis. En tout cas, Rodriguez prouve que le travail ne manque pas, « jusqu’à quatre voyages par jour ! ». Une aubaine quand les touristes mobilisent sa voiture décapotable plus de quatre heures, voire la journée complète pour visiter le Pays du légendaire Fidel Castro. Cuba qui fêtait il y a moins de deux semaines, les 90 ans du père de la révolution cubaine, une figure encore omniprésente sur l’île.

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Née dans un quartier pauvre de la Havane, Yaylen Vilches a 25 ans. Avec son conjoint suédois, elle a ouvert un café « El Dandy » sur la Plazza Del Crystal où se rencontrent cubains et touristes. La jeune cubaine qui envisage d’ouvrir un restaurant-bar, emploie aujourd’hui 15 personnes. Pour elle « Il y a tellement de possibilités, l’avenir de Cuba est très intéressant. C’est bien qu’on s’ouvre lentement aux étrangers ».

Dans la boutique privée de design graphique et de recyclage de vêtements « Clandestina », on peut rencontrer Idania del Rìo. La cubaine est copropriétaire et reconnaît pouvoir vivre de son rêve même si tout reste encore compliqué à Cuba. Les fournitures et matières premières sont difficiles à trouver « il faut travailler fort et se battre constamment pour réussir ». 95 % de la population cubaine vit avec d’autres revenus que ceux de l’État selon le magazine en ligne PressReader.

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Mais derrière ces façades » touristiques », des critiques sont sévères comme celles de l’artiste Reinaldo Ortegas Sardinas. Pour le cubain de 39 ans, ces changements économiques ne peuvent bénéficier qu’aux seuls investisseurs étrangers et pas aux jeunes cubains, qui doivent « continuer à travailler pour peu ».

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Des dissidents manifestent leurs désapprobations du régime castriste et leurs voix s’élèvent comme celle de l’opposant Guillermo Fariñas. L’ancien partisan de la révolution cubaine qui entame son deuxième mois de grève de la faim dénonce « les tortures et les passages à tabac » contre les opposants. Selon son porte-parole « il est prêt à aller jusqu’au bout ».

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Le directeur de l’agence de presse cubaine indépendante (Cubanacan Press), a déjà suivi plus d’une trentaine de grèves de la faim dans le but d’alerter la communauté internationale des abus récurrents du pouvoir cubain. Malgré son jeûne de 100 jours en 2010, la situation n’a pas changé et Raùl Castro au pouvoir depuis février 2008 continue d’affirmer qu’il n’y aurait pas de prisonniers politiques à Cuba.
En grève de la fin depuis le 20 juillet dernier, Guillermo Fariñas, 54 ans, est prix Sakharov du Parlement Européen 2010. Depuis le début de sa grève de la faim, le dissident cubain a été hospitalisé à trois reprises après avoir perdu connaissance.

Dorothée Audibert-Champenois
PhotosLeJournal/Rtbf/Oronoticia