Danièle Obono représentée en esclave : La députée porte plainte contre « Valeurs actuelles »

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, France
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Après la caricature de « Valeurs actuelles » la représentant en esclave, la députée Danièle Obono a indiqué dans un communiqué qu’elle portait plainte contre l’Hebdomadaire. « Après mûre réflexion et suite à une analyse juridique approfondie, j’ai décidé, avec La France insoumise, de porter plainte contre “Valeurs Actuelles” a-t-elle indiqué dans le communiqué ci-dessous :

Paris, le 2 septembre 2020
Communiqué de Danièle Obono
Après mûre réflexion et suite à une analyse juridique approfondie, j’ai décidé, avec La France insoumise, de porter plainte contre “Valeurs Actuelles”.

Sous couvert de fiction, le texte publié m’adresse un message sans équivoque que l’on peut résumer ainsi : “Tais-toi ou rentre chez toi”. Il fait de moi, au fond, une étrangère à la France.
C’est un message récurrent adressé aux immigré·es, à leurs enfants, à leurs petits-enfants : “La France, tu l’aimes ou tu la quittes”. À cause de notre origine, on ne devrait pas se battre
contre le racisme, les injustices, les discriminations ? Ne pas se battre pour rendre notre pays meilleur ? Avoir la peau noire m’assignerait à un statut d’étrangère, à vie, génération après génération ? À la lecture du brûlot, il ressort une thèse insupportable : le vrai “chez moi” de la femme noire que je suis ne peut être, pour “Valeurs Actuelles”, que l’Afrique, et mon vrai statut ne peut être que celui d’esclave. Me réduire, même par le procédé hypocrite de la “fiction”, à l’esclavage, constitue une franche attaque raciste puisque l’esclavage est une forme brutale de hiérarchisation des races.

Je souhaite que Justice soit faite. Pas seulement pour moi, mais pour toutes celles et ceux qui ont été renvoyés, par ce texte raciste et xénophobe dans son essence, à un “chez eux” imaginaire loin de la France. Pour toutes celles et ceux qui se battent contre un racisme quotidien. Pour toutes les jeunes femmes qui ont pu prendre pour elles-mêmes le portrait avilissant et profondément sexiste d’une esclave nue et enchaînée. Pour celles qui se sont dit : si l’on a le droit de faire cela à une députée, à une représentante de la Nation, alors qu’en est-il pour moi ? Qui me protège ?

Pour que notre message soit clair : non, on ne peut pas faire cela impunément.
J’ai constaté avec satisfaction que le Procureur de la République a ouvert une enquête pour injure à caractère raciste. Cette affaire n’est pas un contentieux privé entre une femme politique insoumise noire et un hebdomadaire d’extrême-droite. Il s’agit d’un combat universel contre le racisme.

L’hebdomadaire « Valeurs actuelles » a provoqué l’indignation générale en publiant un article politique de fiction où la députée LFI Danièle Obono est représentée en esclave. La députée avait reçu le soutien de toute la classe politique, y compris le président de la République et le Premier ministre.