David, 8 ans, torturé et mort noyé dans la baignoire familiale : Procès de sa mère et son beau-père ce lundi

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France, Monde
Mots clés :

David, 8 ans, torturé avant d’être noyé, avait trouvé la mort dans la baignoire de l’appartement familial, à Saint-Herblain, en 2017. Sa mère et son beau-père, accusés de son meurtre, comparaissent, à partir de ce lundi 16 novembre, devant la Cour d’assises de Nantes, en Loire-Atlantique. Le verdict est attendu ce vendredi.

Le petit garçon, qui portait sur le corps de nombreux hématomes, avait été plongé dans l’eau froide, les pieds et les mains attachés.

Ecroués depuis le drame survenu il y a près de quatre ans, les auteurs présumes du meurtre, la mère, 34 ans et le beau-père, 29 ans, avaient d’abord avancé la thèse de l’accident domestique avant d’avouer « la punition » infligée à David.

Élevé en Côte-d’Ivoire avant de rejoindre le couple à Saint-Herblain, quelques mois avant sa mort, le petit garçon faisait l’objet de « sévices très appuyés, de coups et à certaines occasions était entravé par des liens », avait révélé l’enquête.

Jugés pour actes de torture et de barbarie pratiqués de manière habituelle et suivis de la mort de l’enfant, ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

A l’école du Soleil Levant, un arbre avait été planté dans la cour, en la mémoire de cet « enfant adorable », élève de CE1.

Le drame avait suscité une vive émotion dans le quartier de la Crémetterie, à Saint-Herblain et dans toute l’agglomération nantaise.

Durant les cinq jours d’audience, la Cour tentera de comprendre ce qui a pu mener le couple à faire du petit David un souffre-douleur. Elle déterminera le rôle de chacun le jour du drame, les accusés se rejetant mutuellement la responsabilité.

« Ce procès qui intervient après une très longue attente est très angoissant pour notre cliente, qui n’a pas su protéger son enfant. Mais il est important car il va permettre enfin de comprendre ce qu’il s’est passé dans ce huis clos », estiment les avocats de la mère de David, Me Olivier Parrot et Me Jean-Edouard Robiou du Pont.

Le rôle de l’école et des services sociaux ? 

Pour l’association l’Enfant Bleu, qui s’est constituée partie civile, ce procès va aussi mettre en lumière « des dysfonctionnements sans lesquels on aurait peut-être pu éviter la mort d’un enfant ».

« Il apparaît que certains voisins avaient une suspicion de maltraitance mais ils n’ont pas osé le signaler », souligne Michel Martzloff, secrétaire général de l’Association qui s’interroge aussi sur le rôle de l’école dans cette affaire.

Selon lui, la maîtresse aurait rapporté à la mère de l’enfant avoir entendu le petit dire qu’il avait faim, ce qui aurait été à l’origine du drame.

« C’est aux services sociaux ou au Procureur, et non à l’école, d’avoir à gérer ce type de situation. Ceux-ci sont mieux à même de décider : prévenir les parents ou éloigner l’enfant, » souligne-t-il.

Le procès, qui devait s’ouvrir en juin, avait été reporté en raison de la crise sanitaire, à la demande de la défense. Mais, les avocats de l’accusée, estiment que près de quatre ans après les faits, le procès se déroule « dans des conditions dégradées ». Un certain nombre de témoins, n’ont pas pu faire le déplacement depuis la Côte-d’Ivoire. Ils seront interrogés par visioconférence.

Photo : Ouest-France