Depuis dimanche 23 août, à minuit, France Ô a cessé d’émettre. La chaine a disparu des écrans

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France, Guadeloupe, Guyane, Martinique
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France Ô, la chaîne généraliste du groupe France télévision, a cessé d’émettre dimanche 23 août 2020, à minuit, sur décision du gouvernement. actée pour le 9 août dernier. Mais la chaine avait bénéficié d’un sursis en raison du Covid-19.

“Entre la suppression des congés bonifiés, l’empoisonnement de la population ultramarine par la chlordécone, le scandale de l’eau non potable, les sargasses, la continuité territoriale qui n’est pas assurée, et aujourd’hui la suppression de France Ô, le gouvernement nous frappe encore dans le dos en fermant le seul lien entre l’hexagone et les territoires et départements d’outre-mer”, dénonce le Collectif “Sauvons France Ô”.

Coup de massue pour les uns, trahison et mépris pour les autres ou encore abandon des ultramarins : la disparition définitive de France Ô ne laisse pas indifférente et marque sans aucun doute une rupture brutale entre la France hexagonale et les territoires d’Outremer.
Certains vont jusqu’à y voir une troublante coïncidence de date, car le 23 août c’est aussi la Journée internationale du souvenir de la Traite négrière et de son abolition.

« France Ô sera maintenue, je vous assure. Il n’y aura pas de suppression de France Ô”, avait promis Macron en 2017, en pleine période électorale

Cette disparition est d’autant plus vécue comme une trahison par les ultramarins qu’en 2017 Emmanuel Macron leur avait promis , en pleine campagne présidentielle, que France Ô ne disparaîtrait pas : “France Ô sera maintenue, je vous assure. Il n’y aura pas de suppression de France Ô”, leur avait-il dit.

Mais nombreux sont ceux qui rappellent que « les promesses n’engagent que celles et ceux qui les écoutent » surtout en période électorale.
Il n’aura fallu que deux ans au Président de la République pour amorcer son rétropédalage, tentant de faire passer la pilule par la nécessité d’avoir “plus de décrochages ultramarins sur France 3, sur France 2”. “C’est ça, le vrai débat”, disait-il déjà en 2018.

Mais dès 2019, il changeait radicalement de ton, en ordonnant la signature du “Pacte pour la visibilité des Outre-mer” dans lequel il n’a jamais été question de sauver France Ô. L’objectif était de garantir la présence des Outre-mer sur les chaînes nationales et de la remplacer par un portail numérique.

Après 15 ans d’existence, la chaîne France Ô, disponible sur la TNT depuis 2010, a disparu des écrans de neuf territoires où elle émettait et la chaîne France 4, menacée aussi de disparition, continuera pour sa part de diffuser jusqu’à la fin de l’année 2021.

« On a voulu en faire un fourre-tout de la diversité avec une vocation politique, mais on ne savait même pas à qui on s’adressait (…) France Ô avait le plus petit budget du groupe. Elle a a été dotée à la hauteur des ambitions qu’on lui donnait. » déplore Sébastien Folin, dans les colonnes du Parisien.

Pour Babette de Rozières, « il fallait réinventer France Ô » La conseilère d’Île de France affirme qu » à France Ô la censure régnait en maitre, c’était le règne de la désinformation comme j’ai pu le constater sur certains sujets qui m’ont été révélés encore récemment »

Pour sa part, le Conseil supérieur de l’audiovisuel promet de lancer une consultation publique dans les prochaines semaines, afin de « recueillir l’avis de l’ensemble des acteurs intéressés sur les évolutions envisageables de la numérotation des chaînes de la TNT en métropole et outre-mer » précise le CSA dans un communiqué.