Des “corridors sanitaires”, en demie-quatorzaine, pour les touristes de l’Hexagone se rendant en Outre-mer pour les vacances ?

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Guadeloupe, Guyane, Martinique
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Pour inciter les touristes de l’Hexagone à se rendre en Outre-mer cet été, le gouvernement étudie un dispositif de « corridors sanitaires » qui permettrait une quatorzaine divisée en deux périodes de confinement, avant le voyage, puis à l’arrivée, combinée à des tests de dépistage du Covid-19.

C’est la piste qui a été avancée lundi par le secrétaire d’Etat chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, devant la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale.

“Ce système pourrait donner à voir un parcours des passagers […] sécurisé sur le plan sanitaire, tant au niveau de la quatorzaine partiellement réalisée de part et d’autre de la destination, que du parcours des passagers dans l’aéroport, à bord de l’avion et à l’arrivée, avec des pratiques de tests”, a-t-il expliqué à la délégation.

“(…) Une des pistes intéressantes est la piste des corridors sanitaires”, leur a-t-il dit, assurant que cette option est jugé“acceptable” par le Conseil scientifique. Mais il a reconnu que cette option présente “un risque accru de Covid-19, si elle n’est pas appliquée strictement”.

Une demie-quatorzaine qui raccourcit la durée du confinement à l’arrivée, mais comporte le risque d’importer des cas de COVID19 en Outre-mer

Dans son dernier rapport publié le 12 mai, le Conseil scientifique sur lequel le gouvernement s’appuie pour prendre ses mesures, appelle cette option « demie-quatorzaine ».
Le confinement se fait avant et après le voyage avec test RT-PCR SARS-CoV-2 additionnel avant le voyage.

Cette option permet de raccourcir la durée de la quarantaine à l’arrivée dans le territoire.
Il est donc possible de mettre en place « une période de confinement strict à domicile de sept jours avant le voyage », suivie d’une « période de confinement strict à domicile de sept jours à l’arrivée en outre-mer ».

Une option « acceptable », mais …

Si le Conseil scientifique juge cette option « acceptable », il attire toutefois l’attention sur « un risque accru de Covid-19, si elle n’est pas appliquée strictement ».
D’autre part, il met l’accent sur « le risque lié à la rupture de la quatorzaine lors du déplacement. »

C’est pour cette raison que le Conseil préconise la réalisation d’un test 48h00 avant le voyage, en plus du test de fin de quatorzaine.
“(…) Comme nous avons des stratégies locales différenciées, il me semble que la possibilité de monter un corridor sanitaire de façon très territorialisée répondrait à ces objectifs localement portés”, a justifié le secrétaire d’Etat.

Actuellement, pour chaque personne arrivant dans les territoires d’Outre-mer c’est le principe de la quatorzaine stricte à l’arrivée qui s’applique.
« Pour l’instant, le principe de la quatorzaine demeure”, a assuré le secrétaire d’Etat, qui a qualifié ce dispositif « d’essentiel » pour lutter contre les cas de COVID19 dans les Outre-mer.

La quatorzaine censurée par le Conseil constitutionnel, un nouveau décret en préparation 

Récemment, le Conseil constitutionnel a censuré la mesure de quatorzaine imposée aux arrivants dans les Outre-mer. Un “nouveau décret est à venir cette semaine”, a indiqué le secrétaire d’Etat sans fournir de détails. “Le préfet devrait garder la possibilité d’imposer une quatorzaine stricte” aux arrivants, a-t-il toutefois souligné.

Concilier sécurité sanitaire et impératifs économiques

Jean-Baptiste Djebbari, a mis l’accent sur la difficulté de concilier la sécurité sanitaire et les impératifs économiques.
Mais lors de leur dernier avis, les experts du Conseil ont préconisé la mesure de quatorzaine stricte, car elle “s’est avérée essentielle” en Outre-mer dans la lutte contre le coronavirus.
Pour les passagers arrivant en Outre-mer, elle « reste la mesure la plus efficace pour lutter contre de nouveaux cas importés de COVID19 », affirment-ils.

Dans le cas où les autorités choisiraient d’autres options, ils préviennent que celles-ci« devront arbitrer et trouver le bon équilibre entre des mesures sanitaires strictes mais plus coûteuses et des mesures permettant un accueil plus facile des voyageurs mais à risque plus élevé de réintroduction du virus».

Les compagnies aériennes alertent sur une chute de 50% de leurs réservations vers les Outre-mer pour cet été

Mais Jean-Baptiste Djebbari, estime que la situation varie selon les territoires : « les dynamiques locales, les volontés qui s’expriment aujourd’hui sont différentes”, dit-il.
« Certains arguent de la très grande vulnérabilité et choisissent le chemin de la sécurité sanitaire” en réclamant le maintien de la quatorzaine, “d’autres tentent plus de concilier impératif sanitaire et vitalité économique” en réclamant la reprise du tourisme, explique-t-il.
D’ores et déjà, les compagnies aériennes s’inquiètent de l’effondrement de leurs réservations vers les Outre-mer.

Jean-Baptiste Djebbari qui les avait rencontrées peu avant, dans la matinée, avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin, a rapporté que les transporteurs aériens ont fait état d’une chute de 50% de leurs réservations vers les Outre-mer, par rapport à l’année dernière.