Des listes proposant des médecins noirs à Paris et en Ile-de-France enflamment la toile et divisent le corps médical

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
Mots clés : ,

La récente découverte d’annuaires proposant des médecins noirs à Paris et en Ile-de-France créée la polémique sur la toile et divisent le corps médical.

L’un d’eux, « Le Globule Noir », dont le compte twitter a aujourd’hui disparu n’a pas échappé à la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) qui dénonce « une folie identitaire ».

Ce petit annuaire avait été mis en ligne par « LEGLOBULENOIR ».

Si le compte n’existe plus, il a ouvert un débat complexe et mis le monde médical en émoi.
« Le Globule Noir » recensait les coordonnées notamment de « gynécologues noires » à Paris et en Ile-de-France.

La Licra a relayé, depuis ce même compte, le message d’un patient recherchant une infirmière à domicile « racisée » (c’est à dire noire) pour des soins à domicile, en Ile-de-France.

Pour la Licra ça ne passe pas. « La folie identitaire conduit à cela : choisir son médecin en fonction de la couleur de son épiderme et publier des listes de médecins noirs. Nous demandons à ‪@olivierveran de se saisir de cette question pour défendre l’honneur d’une profession et celle de la République », écrit la Licra dans un tweet.

Le signalement de la Licra sur les réseaux sociaux a suscité depuis une vive polémique. Du côté du ministère de la Santé, le cabinet d’Olivier Véran s’est dit choqué par la situation.

De son côté l’Ordre des Médecins, s’est fendu d’un communiqué pour condamner « fermement la constitution d’annuaires de professionnels de santé communautaires ».

A l’inverse, le syndicat des jeunes médecins généralistes estime que ce genre d’initiatives peut être bénéfique s’il y a des « patients et des patientes qui se sentent discriminés en santé ».

Sur France-Info, Roxane, une jeune femme Ivoirienne de 21 ans, raconte sa mauvaise expérience chez un gynécologue. « Je lui ai dit que je voulais avoir une prescription pour la pilule et il a eu cette remarque : ‘Ça m’étonne, d’habitude les Africaines elles aiment bien accoucher pour les allocs’. Et il rigolait, apparemment pour lui c’était une blague. Moi, j’étais super choquée. »

Le Conseil des médecins souligne que: « s’il y a discriminations, il faut les signaler et, le cas échéant, que ces médecins soient sanctionnés. »
D’autres patients évoquent des problèmes liés à leur cicatrisation, à la confiance ou encore à la langue. Plusieurs internautes font valoir que le choix de son médecin n’est pas un sujet tabou ni inédit car il peut être lié à son sexe ou encore à sa sensibilité à certains sujets comme le surpoids ou les thématiques LGBT.

Sur tweeter les internautes sont partagés :
Pour Moran : « C’est une dimension à prendre en compte aussi malheureusement… Il faut se demander pourquoi ces annonces identitaires apparaissent, même si cela peut paraitre choquant », écrit-il.

L’esprit du Dragon est plus catégorique : « Je pense que ces personne qui privilégient des médecins noirs ont déjà subie du racisme ou des propos et/ou des comportements déplacés chez leur médecins blancs et elles ont parfaitement le droit de se passer la liste des médecins noirs qu’elles considèrent sûre pour elles », écrit-il.
Himawari ironise et estime que l’ »on devrait faire une liste de tous les médecins racistes… Mais ça serait plus long… »