Quatre professeurs contraints de quitter la Martinique, dénoncent des affectations de postes « aberrantes et insensées »

Rédigé par : admin, le
Publié dans : Actualites, France, Martinique
Mots clés : , ,

Depuis plusieurs jours, 4 professeurs néo-titulaires, Edrys Arnaud, Maeva Cocody, Elodie Cocote et Thierry Berne, prennent la parole. Ils dénoncent dans un communiqué des affectations de postes « aberrantes et insensées ». L’une d’entre eux est contrainte de prendre l’avion ce mercredi 26 août pour respecter l’affectation qui lui a été imposée en dépit de ses recours.

Ci-dessous le communiqué des enseignants pour comprendre les problèmes qu’ils rencontrent :

Depuis plusieurs jours, 4 professeurs néo-titulaires, Edrys ARNAUD, Maeva COCODY, Elodie COCOTE et Thierry BERNE, prennent la parole pour dénoncer des affectations  de postes aberrantes et insensées. Mais depuis des années en Martinique, et très certainement ailleurs, le système archaïque de l’enseignement et du dispositif d’affectation des postes ne cessent d’étonner, interpeller, choquer et abasourdir le milieu enseignant martiniquais.

Aujourd’hui, Edrys ARNAUD, Maeva COCODY, Elodie COCOTE et Thierry BERNE naviguent entre désarroi, incompréhension, agacement, espoir et contrariété. En cause, l’obligation qui leur est faite de prendre leurs fonctions en France hexagonale le 31 août, quand, dans le même temps, le rectorat lance un appel à candidature pour des disciplines qui concernent les 4 professeurs fraîchement titularisés.

Entre ABERRATION ET DÉSARROI, LA GROGNE MONTE.

« Depuis des années en Martinique, et très certainement ailleurs, le système archaïque de l’enseignement et du dispositif d’affectation des postes ne cessent d’étonner, interpeller, choquer et abasourdir le milieu enseignant martiniquais » indique le communiqué . Ce mercredi 26 août, Edrys Arnaud est contrainte de quitter la Martinique pour respecter l’affectation qui lui a été imposée en dépit de ses recours.

Aujourd’hui, Edrys ARNAUD, Maeva COCODY, Elodie COCOTE et Thierry BERNE naviguent entre désarroi, incompréhension, agacement, espoir et contrariété. En cause, l’obligation qui leur est faite de prendre leurs fonctions en France hexagonale le 31 août, quand, dans le même temps, le rectorat lance un appel à candidature pour des disciplines qui concernent les 4 professeurs fraîchement titularisés.

Ce mercredi 26 août, Edrys ARNAUD est contrainte de quitter la Martinique pour respecter l’affectation qui lui a été imposée en dépit de ses recours.

Voeux d’affectation balayés d’un revers de la main : les néo-titulaires en colère
Edrys, Maeva, Elodie et Thierry sont des néo-titulaires : ils sont des professeurs stagiaires qui ont terminé leur année de stage et qui viennent d’être titularisés après avis du chef d’établissement, de l’inspecteur pédagogique et le directeur de l’INSPE. Edrys et Elodie sont professeurs de LETTRE – ESPAGNOL. Thierry et Maéva sont professeurs de BIOTECHNOLOGIE
Ils connaissent actuellement des difficultés mais surtout des incompréhensions concernant leurs affectations, et ont sollicité le Rectorat, qui, en étant fermé jusqu’à très récemment, joue, peut-être, le contre la montre pour obliger les protagonistes à accepter la décision prise à l’encontre de leurs voeux.

Vider la Martinique pour combler Versailles et Créteil
Entre silences et avis défavorables aux demandes d’examen de leur situation et à leurs recours, ​ces 4 professeurs comprennent qu’on leur demande de combler le déficit professoral des académies de Versailles et Créteil. Pourtant et dans le même temps, la Martinique est en plein recrutement pour les disciplines suivantes (source w​ ww.ac-martinique.fr/cid136905/l-academie-recrute.html​) :
● Philosophie
● Lettres modernes et classiques
● Education musicale
● Electronique
● Sciences techniques médico-sociales
● Biotechnologie,​ santé
● Pâtisserie
● Créole
● Psychologie .

“D​ oit-on comprendre qu’il faut, comme l’affirme le dicton déshabiller Paul pour habiller Pierre ?”​ ​alarme Thierry BERNE.
Edrys et Elodie, professeurs de Lettres-espagnol ont en effet, lors de la formulation des vœux pour le mouvement inter-académique, émis le souhait de rester dans l’académie de la Martinique. Ce vœu a été refusé car l’académie serait excédentaire en espagnol. Or, les professeurs de lycée professionnel qui enseignent les matières générales sont bivalents. Ils exercent donc dans deux disciplines (par exemple : mathématiques-sciences physiques, ou lettres-langue vivante).

Impossible donc de comprendre pourquoi seuls les postes en espagnol sont pris en compte lors de nos vœux puisqu’elles peuvent aussi enseigner les lettres. Qu’en est-il des postes en français puisque l’académie de Martinique serait déficitaire dans cette discipline ? Rappelons que Edrys et Elodie ont été titularisées pour les 2 disciplines : Lettres ET Espagnol.
“Nous avons le sentiment de n’être que des pions que l’on déplace” ​déclarent Edrys et Elodie
Du côté de Maeva et Thierry, professeurs de Biotechnologie, il est important de savoir qu’il s’agit dans leurs cas de discipline avec des profils très spécifiques. Or, à titre d’exemple, le lycée d’affectation de Thierry ne correspond même pas à la discipline pour laquelle il a été titularisée. Maeva, précise, qu’à long terme, les affectations décidées aux fléchettes causeront la perte des filières spécifiques considérées comme des sous-enseignement.

Familles déracinées, perte de revenu : quand les algorithmes priment sur les projets de vie.
Au délà du paradoxe que soulèvent Edrys, Elodie, Maéva et Thierry lorsqu’ils sont pris pour des pions sur l’échiquier de l’enseignement, lorsqu’on leur demande de combler le déficit hexagonal pendant que des appels à candidatures sont lancés, il est important de retenir qu’il s’agit de la vie d’hommes et de femmes, de familles et de projets.

Ces 4 Martiniquais s’investissent depuis des années auprès de jeunes martiniquais et martiniquaises qu’ils forment et auxquels ils dispensent un enseignement de qualité. Ils veulent continuer à enseigner dans leur îles et auprès des leurs.

Au delà de ça, toutes situations confondues, ils sont la femme, l’époux, la mère, le soutien de famille, ils sont au coeur d’un projet de construction, ou le revenu principal d’une famille monoparentale, et cette affection va à l’encontre de la préservation de leurs foyer et de leurs projets de vie. Outre les liens affectifs perturbés, ces affections entraînent une perte de revenue sèche non compensée. Pire, elles seraient même à l’origine de frais supplémentaire, puisqu’ils est évident que l’éloignement physique impliquerait à chaque vacances l’achat de billets d’avion pour que les familles se réunissent.

La démarche initiée par Edrys, Elodie, Maeva et Thierry a pour objectif de trouver une issue urgente à cette situation aussi délicate que paradoxale.
D’une voix unanime, les 4 néo-titulaires s’expriment :

Détruisons ce système qui relaye les projets de vie à des équations stériles, en combinant une somme de points et un déficit géographique.

Rendons sa place à l’humain, à la famille, au choix, à la construction intelligente. Donnons du sens au mouvement inter-académique sans que ce soit au détriment du bon sens, de la logique, et des territoires considérés comme des extensions​”.