Des serpents croisés à Fond-Saint-Denis et à Didier : Faut il avoir peur du trigonocéphale ?

Rédigé par : Melody Thomas, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Ce week-end des randonneurs ont croisé des trigonocéphales dans la commune de Fond-Saint-Denis et à la cascade de Didier à Fort de France. Des photos des reptiles sont relayées sur les réseaux sociaux. Le trigonocéphale est présent partout en Martinique. Faut il en avoir peur ? Voici ce qu’on peut lire sur Guide Martinique :

Faut il avoir peur du trigonocéphale ?
La réponse est claire: oui. Ce serpent qui peut mesurer près de 2m de long est considéré comme très dangereux et sa morsure est en général mortelle si la victime n’est pas prise en charge dans les 6h qui suivent. Un sérum anti-venin existe et les cas de décès sont devenus vraiment très rares.

Quel est le danger réel de morsure ?
Il est infime. L’espèce est aujourd’hui menacée d’extinction et on ne dénombre en moyenne qu’une dizaine de morsures par an – Essentiellement parmi les travailleurs agricoles. Il n’y a donc pas de quoi affoler les ophiophobes – qui ont donc peur des serpents – la bête qui vit dans les zones boisées et humides les plus reculées, ne cherche pas vraiment la compagnie des hommes et se montre active essentiellement la nuit. Certainement pas de quoi annuler ses vacances ! Certains antillais emportent avec eux dans leur poche un citron vert lors de randonnées en forêt – Cela aurait pour effet de faire fuir l’animal qui gouterait peu l’odeur de l’agrume. Un petit truc que nous avons essayé ! Sans pouvoir être catégorique sur l’efficacité du stratagème on assure n’avoir vu aucun serpent et avoir bu un agréable Ti-punch en fin de parcours.

Un peu d’histoire

Aux Petites Antilles seules deux iles abritent des serpents venimeux: L’île de Sainte Lucie accueille le Bothrops caribbaeus et la Martinique le Trigonocéphale ou Fer de Lance. L’origine de leur présence est un petit mystère mais une chose est certaine, elle est avérée de longue date. Christophe Colomb décrit en effet la Martinique, lors de sa découverte de l’île en 1502, comme envahie d’une épaisse végétation, peuplée d’indiens hostiles et infestée de serpents ! Il n’y fait d’ailleurs qu’une escale très courte avant de reprendre le cours de son 4ème voyage. Un siècle plus tard, en 1635, le flibustier Pierre Belain d’Esnambuc qui établit une colonie à Saint Pierre doit de nouveau faire face à la présence des serpents dont les morsures sont fatales à plusieurs de ses hommes.

Le développement de la culture de la canne et la chasse menée par les colons ont progressivement réduit le nombre de spécimens. Au XXème sicèle la traque a même été soutenue par les pouvoirs publics qui proposaient une prime pour chaque capture mort ou vif. Le trigonocéphale a tellement marqué l’histoire des premières années de colonisation de la Martinique que ce dernier figure sur le drapeau emblématique de l’ile depuis 1766. Aujourd’hui l’espèce est en danger d’extinction et bien rares sont les iliens qui ont pu en observer. On en rapporte parfois la présence dans les espaces les plus sauvages et à proximité des rivières essentiellement sur les communes de Rivière Pilote, du Gros Morne, du Morne Rouge, de Grand Rivière …

Photos : Réseaux sociaux