Destins tragiques : Dj Arafat, Simon Gautier, ont-ils été prudents? des voix exhortent à plus de vigilance

En moins d’une semaine deux faits majeurs ont capté l’attention des utilisateurs sur les réseaux sociaux. Deux jeunes hommes ont trouvé la mort dans des conditions presque similaires, le chanteur de coupé-décalé, Dj Arafat, idole de la jeunesse ivoirienne et l’étudiant français, Simon Gautier, randonneur solitaire, amoureux de la nature.

Tous deux sont morts, victimes de leur passion respective.

Dj Arafat, le chanteur ivoirien est décédé à l’âge de 33 ans, il roulait le soir du dimanche 11 août 2019 à toute vitesse sur sa moto,  quand il a percuté une voiture à Angré. Il était 23h30. Dans l’accident, la journaliste de la Télévision RTI qui conduisait la voiture a été blessée, hospitalisée, ses jours ne sont pas en danger.

Amoureux depuis toujours des bolides, des engins puissants à deux roues, le jeune chanteur Dj Arafat, ne portait pas de casque ce jour-là, selon les informations du site Okayafrica. Blessé grièvement à la tête, la vedette ivoirienne admis en soins intensifs à la polyclinique des II Plateaux,  a succombé à ses graves blessures.

Les fans devant  l’entrée de la polyclinique des II Plateaux (Côte-d’Ivoire)

Pourtant, selon certaines sources, Ange Didier Houon, connu sous le pseudonyme de Dj Arafat, entamait une série de concert pour inciter les jeunes au port  du casque pour se protéger en cas de chocs violents. Les fans de l’ambassadeur du coupé-décalé n’acceptent pas sa disparition.  Beaucoup de sceptiques croient à une possible résurrection du jeune prodige qui a su révolutionner la musique ivoirienne sur le plan national et international.

Belvedere di Ciolandre, sur le territoire de la commune de San Giovanni a PiroSan Giovanni a Piro, une zone particulièrement difficile d’accès

Alors qu’il est porté disparu en Italie depuis neuf jours,  c’est sur les hauteurs de San Giovanni a Piro, que le corps de Simon Gautier sera extrait d’une crevasse, ce lundi 19 août, de l’endroit où il a chuté quelques jours plus tôt. Sa dernière image aura été la mer bleue du golfe de Policastro. Son dernier horizon.

Un peu plus tôt, il passait seul sa nuit, dans sa tente sur une plage. Le début d’une randonnée en solitaire qui se terminera tragiquement.

Simon Gautier au hameau de Scario

Jeudi 8 août 2019. Simon Gautier, étudiant en Histoire de l’Art qui habite Rome, arrive à Scario, un hameau de San Giovanni a Piro ( entre la mer Tyrrhénienne et la côte amalfitaine). Il est seul, backpacker. Il s’arrête pour acheter de l’eau et décide de camper sur la plage de Molara. Adepte du trekking (randonnée pédestre caractérisée par sa longue durée et par la traversée de zones sauvages ou difficiles d’accès), l’étudiant envisage de se rendre à Naples. Simon Gautier commence une longue marche à travers les sentiers, derrière le hameau  de Scario. Mais, il ne dit rien à personne, ni quel chemin il prendra, ni à quelle heure et où il commencera sa randonnée. Un de ses amis à Rome sait vaguement qu’il sera au Cilento.

Selon le site italien en ligne Corriere della Sera, des témoins ont aperçu le français sur la plage, avec sa tente, son sac à dos et ses cheveux noués en queue de cheval. Après sa nuit, il rallume son portable. Il est 6h30 le vendredi 9 août, Simon Gautier se prépare à une longue journée sous le soleil.

8h57, tout bascule quand « les carabiniers de Lagonegro, dans le Potentino, reçoivent l’appel à l’aide du français. Avant, Simon Gautier avait tenté de parler en vain à une amie. Il explique donc au 112 :  » Qu’il est tombé, qu’il a les jambes cassées et besoin d’aide. Mais ne peut rien dire de concret pour identifier le lieu où il se trouve car il a perdu son chemin. Simon sait seulement qu’il voit la mer ».  Confus, apeuré, Il aura le temps de donner son nom et son prénom. L’opérateur de la station de radio transmet l’appel au 118 de Basilicate et entame les procédures habituelles pour retrouver toute personne disparue. » Entre plusieurs appels et SMS, Simon Gautier ne répond plus. On retrouvera son mobile pas très loin, mais inaccessible pour lui.

Perdu, seul, l’étudiant venu en Italie pour une thèse en Histoire de l’Art, a fait deux chutes successives, chacune d’une dizaine de mètres. Ses deux jambes sont brisées dont l’une tordue. Les premières consultations mettront en évidence de nombreuses blessures aux jambes dont l’artère fémorale occasionnant  des hémorragies importantes. Selon les sources policières italiennes, le jeune backpacker (jeunes touristes, souvent occidentaux qui se promènent partout dans le monde), serait mort entre 40 et 45 minutes après son appel à l’aide.

Retrouvé aux environs de 19H30 dimanche 18 août , grâce à la perspicacité d’un secouriste alpin, le corps qu’il a fallu veiller toute la nuit, a été récupéré en fin de matinée pour une autopsie. Des analyses du légiste permettront de savoir dans quelles circonstances et qu’elles sont les causes réelles du décès du jeune français.

Le corps a été évacué à l’aide d’une civière, sur une petite plage au Port de Scario

Il aura fallu neuf jours pour retrouver sa dépouille, coincée à mi-hauteur, sur les falaises de San Giovanni a Piro. Les amis de l’étudiant, venus à sa recherche, ses parents et anonymes pointent du doigt la lenteur et l’inefficacité des secours. Problème de géolocalisation, manque de réseau (zone rurale et peu couverte), trop peu de secouristes expérimentés, lenteur dans la prise en charge du disparu.

Simon Gautier s’est sans doute éloigné des sentiers balisés pour s’engager sur un petit chemin, moins sûr, tracé par des animaux, annonçait Rai News ce lundi 19 août 2019 :  » Simon aurait quitté la route officielle et aurait suivi un chemin dont la voie aurait été « ouverte » par des animaux. Selon les premiers témoignages des sauveteurs du service alpin spéléologique »

Discrètement, certains commentaires dénoncent les prises de risque de l’étudiant de 27 ans quand les experts en randonnées recommandent aux touristes qui partent en solitaire, la plus grande vigilance.

Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
Images capture d’écran/Corriere della Siera