Destruction des plaques aux Trois-Ilets : Le maire joue l’apaisement

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
Mots clés : ,

Le maire des Trois-Ilets plaide pour une intensification de la connaissance de « notre Histoire », après la destruction de deux plaques commémoratives dans sa ville dont l’une dédiée à Joséphine de Beauharnais.

Dimanche 7 juin, deux plaques commémoratives, l’une dédiée à Joséphine de Beauharnais et l’autre à Léon Papin Dupont ont été détruites et la façade de l’église des Trois-Ilets, classée monument historique, a été taguée. Ces actes n’ont pas été revendiqués pour le moment.

Ils interviennent moins d’un mois après la destruction, le 22 mai, de deux statues de Victor Schœlcher par des manifestants qui demandent aux maires de la Martinique de retirer de l’espace public tous les symboles offensants, liés à l’époque coloniale et à la Traite négrière.

S’abstenant de condamner ces dégradations, Arnaud René-Corail, préfère jouer l’apaisement, sa ville étant à la fois un haut lieu historique, témoin de la période de l’esclavage et un incontournable site touristique en Martinique.

« Les événements qui ont eu lieu à Fort de France et à Schoelcher le 22 mai et aux Trois-Ilets le 7 juin contribuent à renforcer les choix politiques faits par la ville des Trois Ilets », écrit Arnaud René-Corail dans un communiqué publié mardi 9 juin sur le compte Facebook de la ville.

Pour le maire Divers gauche, il faut à la fois « s’ancrer dans notre culture et s’ouvrir au monde ».
Il rappelle qu’un « important travail de conscientisation, de communication et de divulgation de la connaissance de notre histoire, d’affirmation de notre culture martiniquaise a été fait durant la mandature 2014/2020 ». « Il sera poursuivi et intensifié » promet-il.

Les Trois-Ilets renferment plusieurs Habitations, héritages de la période coloniale, sur lesquelles les esclaves produisaient notamment du sucre, du rhum, du cacao ou encore du tabac, très prisé en métropole à l’époque.

Ces Habitations, dont la plupart sont toujours aux mains des descendants des colons, ont été transformées en sites touristiques comme Petite Guinée devenue la Sannois puis La Pagerie, lieu de naissance de Joséphine de Beauharnais, Vatable, Château Gaillard ou encore La Poterie.

La ville des Trois-Ilets a vu naître de nombreux esclavagistes et leurs enfants dont Joséphine de Beauharnais, première femme de Napoléon Bonaparte qui rétablit l’esclavage dans les colonies françaises avec la loi du 20 mai 1802, alors que l’esclavage avait été aboli le 4 février 1794 par la Convention, une des assemblées de la Révolution française.

La Pagerie abrite des souvenirs d’enfance de Joséphine de Beauharnais ainsi qu’une lettre d’amour écrite par Napoléon.