Destruction des statues de Schoelcher : « Nous assumons pleinement notre acte »

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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Deux militantes martiniquaises ont revendiqué samedi dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux (à voir en fin d’article) avoir participé à la destruction des deux statues de Victor Schoelcher le 22 mai, jour du 172éme anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique.

« Ceci est un message à la gendarmerie de la Martinique, la police, les forces armées, les juges, les magistrats. Nous assumons pleinement notre acte parce que nous en avons assez, nous jeunes Martiniquais d’être entourés de symboles qui nous insultent », déclare Jay Assani, activiste Martiniquaise très connue sur les réseaux.

« Et nous avons pris la décision, nous sommes pas les premiers à s’en prendre à ces symboles. Beaucoup avant nous ont déjà tenté de les renverser et nous avons réussi et nous ne sommes pas les premiers », ajoute Jay Assani.

« Nous ne sommes pas les seuls à en avoir assez de symboles qui nous insultent », poursuit la jeune sympathisante du mouvement anti-chlordécone.

Considérant que ces symboles participent à l’apologie des Crimes contre l’Humanité, les deux militantes, Jay Assani et Alexane Ozier-Lafontaine ont accompagné leur vidéo du texte de « Loi n• 87-1157 du 31 décembre 1987 article 24 « sanctionné l’apologie des crimes contre l’humanité. » qu’elles ont adressée à la sénatrice Catherine Conconne, au maire de Fort de France Didier Laguerre, au député PPM Serge lectchimy et Emmanuel de Reynal, un proche de l’homme d’affaires martiniquais Bernard Hayot.

Dans la vidéo, Alexane Ozier-Lafontaine en appelle aux maires.
« Aujourd’hui, on dit aux maires que l’on en a marre en fait qu’on nous crache dessus et qu’on leur crache dessus aussi et on veut les voir tous les maires de la Martinique. Maintenant on vous dit on veut vous voir parce que vous savez très bien qu’il y a un problème à ce niveau-là. Les statues les noms des rues et on en a assez », lance la jeune femme.

« Ça fait des années que plusieurs associations ou personnes individuelles sont allées voir les maires, ont fait tout ce qu’elles pouvaient, en fait, pour dire qu’il faut qu’on retire les statues », déplore-t-elle.

« Une statue en fait c’est quoi ??, s’interroge la jeune femme.
« C’est dire que c’est une personne que j’admire parce qu’elle a fait quelque chose pour l’histoire. Donc la concrètement c’est des insultes ces statues-là ici », fustige-t-elle.
Pour la militante, «les statues de Schoelcher et de (Pierre-Belain D’esnambuc, pour n’en citer que deux, parce que Schoelcher il était complètement favorable à l’indemnisation des colons. il y a plusieurs textes qui le prouvent et si par exemple il n’avait pas été favorable à cela on se sait pas quelle serait la situation économique en Martinique par rapport à la domination économique des békés », avance la jeune femme.

« Pareil, D’esnambuc, ça fait des années qu’on dit que les gens qui le taxent sont méchants. Alors que D’esnambuc c’est qui ? C’est le gars qui a créé la colonie Martinique, en fait », affirme-t-elle.

Alexane Ozier-Lafontaine, jeune femme volontaire s’était déjà fait connaitre pour son action en faveur du retrait des textes de Victor Hugo de l’enseignement public. L’auteur français ayant été favorable à des thèses colonialistes et racistes, elle refusa de passer les épreuves qui comportaient ses écrits. Aujourd’hui étudiante en acting en Angleterre, Alexane poursuit son engagement militant sur les réseaux sociaux et lors de ses passages sur l’île.

loi n° 87-1157 du 31 décembre 1987 article 24 sanctionne l’apologie des crimes contre l’humanité Jay Asani Catherine Conconne Didier Laguerre Serge Letchimy Emmanuel de Reynal lajénès palé ba zot.

Publiée par Alexane Yva Ozier-Lafontaine sur Vendredi 22 mai 2020