Destruction des statues de Schoelcher : «Une grosse dose d’ignorance de l’histoire», selon la Fondation pour la mémoire de l’esclavage

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, Martinique
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La directrice de la Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage a imputé à «une grosse dose d’ignorance de l’histoire », la destruction des deux statues de Victor Schœlcher par des militants martiniquais, le 22 mai dernier, jour du 172eme anniversaire de l’abolition de l’esclavage en Martinique.

« (…) Ce qui s’est passé, c’est qu’un mouvement s’est élevé contre Schœlcher et a mis cette action en œuvre avec une grosse dose d’ignorance de l’histoire, même de la dynamique de l’esclavage en Martinique », a déclaré jeudi 11 juin Dominique Taffin, sur France Info.
Elle a fait savoir qu’il y avait à Fort-de-France « un autre monument, qui est un monument d’hommage au rôle des esclaves, qui se trouve dans un périmètre un peu plus éloigné ».

« Le rôle de Schœlcher a focalisé finalement beaucoup de revendications qui sont des revendications contemporaines. Dans ce cas-là, à la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, nous avons réagi pour dire que la destruction de cette statue n’était pas une solution», a poursuivi Dominique Taffin qui dit préférer l’explication à la destruction.
« En revanche, on pouvait expliquer effectivement toutes les dimensions de l’action de Schœlcher », précise-t-elle.

Selon Dominique Taffin, le travail d' »examen du passé » et de « réévaluation de ces personnages » doit se faire « au cas par cas, dans chaque territoire »,.

A propos des appels en France à retirer de l’espace public toutes les statues et symboles des personnalités liées à l’esclavage et au colonialisme, elle répond : « Ce qu’il faut faire aujourd’hui, c’est examiner la situation de ces monuments qui sont dans l’espace public, qui ont été érigés à un moment donné pour des raisons qui correspondaient à celles de l’époque à laquelle ils ont été érigés : Une démarche de mémoire et de mise à l’honneur».

« Je crois que la chose doit être examinée au cas par cas, dans chaque territoire », a-t-elle indiqué.

Selon Dominique Taffin, « le sens des monuments dans un espace comme à Paris, comme à Nantes, Bordeaux, ou en Outre-mer est différent ».