Discrimination: les surveillants ultramarins de Fresnes accusés de parler créole, portent plainte

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Des surveillants ultramarins de la prison de Fresnes portent portent plainte pour discrimination contre Adeline Hazan, le contrôleur général des prisons.

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Dans son récent rapport sur les conditions de détentions à la prison de Fresnes, Adeline Hazan, le contrôleur général de privation de liberté (CGPL), a rédigé un paragraphe qui a soulevé l’indignation au sein du personnel pénitencier. Le CGPL accuse certains surveillants de s’exprimer en créole et d’entraver le bon fonctionnement de l’Etablissement.

Dans ce rapport, Adeline Hazan écrit : « La langue créole est fréquemment utilisée pour les échanges professionnels entre surveillants ce qui limite le contrôle hiérarchique et donne aux personnes détenues un sentiment d’incompréhension des décisions qui les concernent ».

Les surveillants pénitentiaires s’étonnent que « l’usage de la langue créole » soit listé comme faisant partie d’une série « d’anomalies grossières » dans le rapport du contrôleur général des prisons. Sous cette forme, ils qualifient les propos d’Adeline Hazan comme racistes et discriminatoires.

Dans le Parisien, Cédric Boyer qui représente le syndicat FO est surpris que le rapport ne parle pas de langues régionales en générale mais « ne parle que du créole ». Selon le syndicaliste, les propos de Adeline Hazan ciblent directement les fonctionnaires ultramarins. Cédric Boyer dénonce « une discrimination » et une « stigmatisation » des surveillants originaires des Outre-mer. Le fonctionnaire de prison également représentant syndical ajoute : « Cela nous arrive de parler entre nous (en créole) mais jamais dans l’exercice de nos fonctions. Dans le cadre de nos missions, on ne parle pas créole! ».

Les surveillants mis en cause ont demandé l’appui de Jacques Toubon (Défenseur des droits), ils ont fait par de leur mécontentement à l’élue de la Réunion, Nassimah Dindar. A cette heure, le ministère de la justice contacté par les surveillants de Fresnes n’a toujours pas réagi.

Dorothée Audibert-Champenois:Fbook C’news Actus Dothy
PhotoEurope1