Disparition de Rachid Rafaa : entre silence des autorités et rumeurs les plus folles

Le présumé djihadiste Rachid Rafaa aurait été arrêté cette nuit (vendredi 05 août) à la frontière guyano-brésilienne, sur le fleuve Oyapock, selon les dernières nouvelles sur les réseaux sociaux. Peut-être voulait-il assister à la cérémonie d’ouverture des JO de Rio ?

Voici ce que révèle un policier brésilien sur sa page Facebook :
« Rachid Rafaa, de nationalité marocaine, est membre d’un groupe terroriste et on l’a vu récemment à la frontière franco-Brésilienne !! Toute information contactez la police !! »

Après une recherche « dans le nord de la Martinique», puis un mandat d’arrêt international, on reste sans véritable nouvelle de l’homme en fuite. De quoi alimenter les langues faciles et les théories les plus folles.

Informaticien, il est soupçonné d’entretenir des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et d’avoir joué un rôle actif pour faciliter les communications sur internet au sein de la nébuleuse terroriste. Il est pourtant considéré comme « dangereux. »

Dès les premières 24 h suivant sa disparition, il aurait été aperçu rodant près d’une synagogue, puis aurait acheté un couteau à Saint-Pierre – de quoi raviver les peurs dans le contexte de l’attentat de Nice et du lancement très proche du Tour des Yoles – avant de disparaître.

Le silence des autorités ne signifie qu’une seule chose : l’homme reste introuvable. Se cache-t-il encore dans les forêts du nord de l’île, ou est-il mort, victime d’une mauvaise chute ? Se balade-t-il dans le centre de l’île entre les Trois-Ilets et Trinité, en vendant des matelas ? Son « évasion » paraît si aisée que certains en arrivent même à penser que les services chargés de sa surveillance l’y auraient aidé, ou bien que les Services marocains auraient participé à son évasion. Or Rachid Rafaa est recherché par le gouvernement de son pays d’origine pour son appartenance à l’indépendance nationale marocaine ; risquant la torture s’il était arrêté dans son propre pays, c’est la raison pour laquelle la France ne l’a pas extradé vers le Maroc.

En 2014, faisant aussi l’objet d’une reconduite à la frontière signée par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, il avait été « éloigné » du territoire national en étant assigné à résidence en Vendée, puis au Morne-Rouge. Comme si les Antilles avaient pour vocation d’être le vidoir de l’hexagone.

 

Texte : Mickaël Léonce
Photo : Gendarmerie Nationale