Extradition refusée pour un trafiquant à cause de prisons « insalubres » en Guadeloupe et Martinique

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La Grande-Bretagne a refusé d’extrader un gros bonnet de la drogue qui risquait d’être incarcéré en Guadeloupe pour le motif que les conditions de détention dans les prisons de Guadeloupe et Martinique sont à revoir, révèle le journal Le Monde.

Kurtis Richard est détenu depuis juin 2013 à Londres.

Soupçonné par les autorités françaises d’avoir participé à un important trafic de cocaïne en Guadeloupe, l’homme, un Dominicais de 54 ans, est arrêté à Londres. La France demande alors son extradition dans le but de le juger là où se sont déroulés les faits. Cette procédure est, en théorie, quasi automatique, du fait du mandat d’arrêt européen. Mais cette demande d’extradition est pourtant refusée par la justice britannique, avançant un motif d’insalubrité quant aux prisons des Antilles.

« Les prisons des départements d’Outre-mer ne respectent pas les droits de l’Homme ».

Ben Cooper, l’avocat du trafiquant, va convaincre la justice britannique de ne pas extrader ce dernier, s’appuyant sur un rapport remis en juin 2013 à Christiane Taubira, Garde des sceaux. Il y était fait état de la surpopulation chronique de la prison de Ducos, en Martinique. Un autre document, de l’Observatoire International des Prisons, dénonce, lui, les mauvaises conditions de détention de cette prison. Selon son rapport, il y aurait 4 détenus dans une surface de 9 m² et 130 matelas environ seraient posés à même le sol. Le même constat est fait par le Contrôleur général des prisons.

L’avocat met également en évidence des compensations financières obtenues par certains détenus de Guadeloupe et de Martinique; des indemnités leur ayant été accordées par le tribunal administratif au vu des « conditions de détention inhumaines  et dégradantes ».

Un groupe de travail était installé par la Garde des Sceaux, en septembre 2013, sur les prisons d’Outre-mer. Ses conclusions doivent être rendues le 30 mai 2014, d’après un communiqué du ministère de la justice à l’époque.