Fespaco 2019 : Les confidences d’Alimata Salambéré, pionnière du Festival de Ouagadougou

A l’occasion de la cérémonie de Libation (phase de lancement du Festival du Cinéma Panafricain de Ouagadoudou), Alimata Salambéré, une des doyennes du Fespaco a spontanément répondu à nos questions relatives à son arrivée dans le dispositif du Festival dans les années 1960.

Nous avons recueilli ses impressions quand, jeune journaliste, Alimata Salambéré a bousculé les traditions en devenant une des femmes les plus influentes de la télévision burkinabé.

« J’étais une jeune fonctionnaire à la télévision d’état (la Haute-Volta), mon mari travaillait pour la justice. Un jour j’ai senti le besoin de créer une émission pour partager les doute, inquiétudes ou curiosités des femmes du Burkina. Mon émission a un un tel succès, qu’il était programmé une fois par mois, il est devenu un hebdo puis un rendez-vous incontournable pour tous dans le pays. Les politiques, hommes de la société civile, des anonymes et beaucoup de femmes s’invitaient dans mon émission. Ma réputation est venue de cette période ou jeune, je m’ intéressais aux préoccupations de la gente féminine, veuvage, mariage, leur quotidien.»

« Un jour, Monsieur Sankara qui était ministre de l’époque, m’appelle et m’informe qu’on demande l’arrête de cette émission culte. J’étais abasourdie. Il m’a rassurée en me rapportant ses mots : « J’ai dit qu’elle sera maintenue, et plus qu’elle deviendra une quotidienne. ». A cette époque c’était un challenge et j’ai gagné. Ensuite, avec des amis nous sommes réunis et avons lancé l’idée de monter ce Festival qui est devenu le Fespaco. Il y a cinquante ans de cela, j’avais 28 ans ».

Aujourd’hui, Alimata Salambéré reste encore très active. La férue de cinéma est responsable d’une association qui prône l’égalité des femmes ans la vie active. Mais c’est aussi une mère et une femme attentive à ses proches qui désormais consacre un peu plus de temps à son mari, malade, un ancien juge du Burkina Faso, à qui elle dédie ce cinquantenaire.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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