Festival : Le martiniquais Patrick Baucelin reçoit le Prix Nord-Sud Développement. Mérité !

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Il aurait pu être le Prix coup de cœur du Jury ou du public, tant il aura impressionné les spectateurs présents au Théâtre Alexandre III, dans cette salle intimiste presque pleine au Boulevard du même nom à quelques mètres de Palm Beach.

Visionné en début d’après-midi, ce dimanche 9 avril à la Pointe de la Croisette à Cannes, le documentaire « Au temps des îles à Sucres » a impressionné le public du Théâtre Alexandre III. Le documentaire se voulait didactique et, professionnel, il l’a été. « Au temps des îles à Sucres »  a rempli sa double mission.

Avec l’aide de comédiens caribéens, le docu-fiction avait pour but de revenir par l’image à l’époque esclavagiste. Tout au début de l’histoire de la traite des noirs. A l’heure où les îles d’Amérique souffraient de l’arrogance de nombreux colons qui s’enrichissaient grâce à l’exploitation humaine.

Durant ces temps anciens, la métropole anglaise et française était une grande consommatrice de sucre. Celle fournie par les grands planteurs installés et devenus maîtres et dominants des plantations de canne aux Antilles notamment.

Tout au long du documentaire de 39minutes et 20secondes, le spectateur assiste tantôt choqué, tantôt soumis, à une reconstitution fine et talentueuse du travail pénible des africains débarqués de force sur les îles comme celle de la Martinique ou de Marie-Galante.

Les machines pour fabriquer le sucre évoluaient pour une meilleure production et les conditions de travail des nègres restaient précaires et cruels. Ils utilisaient des moulins tirés par des bêtes, des moulins à voile, des broyeurs pour purger le jus de cannes au risque de perdre un bras. Les moulins hydrauliques aussi ils apprenaient à les maîtriser. C’est de cela que nous parle le réalisateur Patrick Baucelin dans son documentaire-fiction.

Seulement, les images sont belles et le texte si bien dit qu’on s’échapperait à rêver sur ces îles si colorées et si paradisiaques. Les personnages du documentaire sont justes et mesurés dans leur geste, leur attitude. On apprend que ce sont des comédiens qui ne sont pas des professionnels du cinéma ! La musique émouvante et dramatique se mêle bien aux commentaires off. Tout va très vite, comme les ailes du moulin ou le débit de l’eau pour le faire tourner.

Dans ce tourbillon on s’arrête car la production de canne semble ne plus intéresser les européens. Là-bas en métropole, ils ont trouvé une alternative à la canne à sucre, ce sera désormais la betterave. Mais le supplice des noirs esclaves continuera, mais autrement.

« Au temps des îles à Sucres » a obtenu le Prix Nord-Sud Développement au Festival International du Film Panafricain. Mérité !

Reportage à Cannes Dorothée Audibert-Champenois/Facebook C’news Actus Dothy
Photos c’news Actus Dothy


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