Foire de Paris : Corinne, fidèle visiteuse, s’agace des «bokits trop chers»

Corinne Ismaël est une visiteuse fidèle, la Foire de Paris, elle la fréquente depuis son arrivée en France, il y a 31 ans. Elle a plusieurs fois observé de nombreux changements à travers les allées de l’exposition mais ce qui l’inquiète le plus, ce sont les prix des articles qui ne cessent d’augmenter. Des tarifs « offensants », ceux des plats que Corinne Ismaël tient à déguster en famille à la Foire.

La Foire de Paris est un des plus grands événements européens qui se déroule chaque année entre le mois d’avril et le mois de mai. Malgré une baisse de 11% ces dernières années, plus de 450 000 visiteurs sont venus à la Porte de Versailles durant les douze jours de Foire, du 27 avril au 8 mai 2019. Parmi les heureux acheteurs du plus grand marché d’Europe, la guadeloupéenne Corine Ismaël. En compagnie de sa fille, en aventurière, elle part à la recherche des produits bons marchés.

La Foire de Paris est l’occasion de bonnes affaires : « Généralement à la Foire de Paris les produits (capillaires) sont moins chers qu’à Strasbourg Saint-Denis » déclare la maman antillaise.

Ce que la mère de famille recherche avant tout, ce sont les bijoux, les produits de maquillage, les produits de beauté et les soins naturels pour les cheveux crépus. Cette année, elle est satisfaite, le magasin dépositaire de ses produits miracles, a un stand à la Foire. Aussi samedi, dès l’ouverture des portes, Corine Ismaël qui habite à proximité, dans le quinzième arrondissement de Paris, est arrivée de bonheur avec son frère. Un rituel pour l’antillaise qui ne visite les stands des exposants qu’avec des amis ou des parents proches, mais, pas longtemps : « Car plus de deux jours, cela coûte cher » indique la native de Baillif à Basse-Terre. « On visite, on regarde tout et on s’arrête quand on voit quelque chose d’intéressant et pas cher » ajoute la visiteuse.

Venir en groupe « est plus fun » s’amuse Corinne aide-soignante dans le privé, aujourd’hui intégré dans le système hospitalier d’Etat depuis trois ans. Les fins de mois sont difficiles et pour avoir des tickets d’entrée avantageux, elle les achète au Comité d’Entreprise de l’hôpital. Des sésames qu’elle distribue ensuite à des membres de sa famille et à ses amis : « Samedi, j’étais avec mon frère et aujourd’hui, mercredi, pour le dernier jour, je suis avec ma fille et des amis. Je ne peux pas venir à la Foire seule, on doit être accompagné. C’est plus festif à plusieurs. » précise Corinne.

Mercredi 8 mai, fête nationale mais aussi jour de clôture de la 115ème édition de la Foire de Paris, Corinne Ismaël a décidé de s’y rendre avec sa fille et des amis. Elle fait son bilan des deux jours de visite et comprend pourquoi l’espace dans les allées a été réduit : « Ils ont rétrécit la surface les stands, il y en a beaucoup plus à voir mais les prix des articles ont grimpé ! » se désole la guadeloupéenne. D’ailleurs, elle n’en revient pas : « Même les bokits sont très chers, des mets de chez nous qu’on se fait un plaisir de venir déguster ensemble, ici, à la Foire et on dépense beaucoup pour les manger ».

Corinne Ismaël raconte. Samedi, le premier jour de la Foire, on s’est installés pour manger un plat créole. Aujourd’hui, mercredi on a fait une queue d’une heure pour déguster un bokit. Même si j’en fais à la maison, c’est un plaisir d’acheter des bokits, des sorbets, des vitamalts, des sodas dans les points de restauration antillais. Ce sont des boissons et plats que nous mangeons chez nous en Guadeloupe ». Si dans l’ensemble les prix sont abordables : « Par contre le prix du bokit a trop augmenté cette année » s’agace Corinne.

Autour de Corinne Ismaël, certains exposants commencent à emballer leur marchandise et Corinne se plaît à penser aux dates de la prochaine édition 2020, prévue du 30 avril au 11 mai 2020.


« Attendre la réouverture de la Foire, c’est très excitant. Cette année, je voulais une robe créole mais je ne l’ai pas trouvée. J’ai la carte de visite d’un magasin au stand et j’irais sur leur site pour la commander et comparer les prix ». Le cours de sa vie reprend dès jeudi, Corinne sera de service à l’hôpital parisien qui l’emploie ce qui ne l’empêche pas de se projeter loin de la capitale : « On partira en vacances au mois de juillet et août pour se détendre car on s’esquinte à l’hôpital, et souvent on est plus mal fichu que les malades que nous soignons ».

Corinne Ismaël est née dans une petite commune de Basse Terre pas loin de Bouillante, de Vieux-Habitants, de Saint-Claude et de Rivière des Pères. Elle n’a rejoint le service public qu’en 2013, elle est donc fonctionnaire sans ouverture de droit aux congés bonifiés. Mais la guadeloupéenne espère qu’il (l’État) n’y touchera pas, car ce sont des acquis des anciens : «Ils n’ont pas le droit de tout changer, ce sont toujours les ultramarins qui sont privés de leurs droits » tempête Corinne Ismaël.

Le débat est loin d’être clos, mais pour l’heure la mère de famille rejoint sa fille adolescente et file vers d’autres « bonnes affaires » toujours pas chers.

Reportage Dorothée Audibert-Champenois/Facebook Twitter C’news Actus Dothy
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