France : Controverse autour d’une proposition de suppression du mot « race » dans la Constitution.

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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Le ministre de la Ville Julien Denormandie propose de supprimer le mot « race » du préambule de la Constitution, qui stipule que « tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés ».

Cette proposition suscite un tollé sur les réseaux sociaux, certains comme les juristes estiment qu’une telle mesure pourrait s’avérer contre-productive, d’autres saluent la proposition qui vise à lutter contre les discriminations.

Dans un tweet, Nadine Morano a ironisé ce vendredi 19 juin sur la suppression du mot race dans la Constitution : « Il faudrait peut-être enlever le mot ‘problème’ du dictionnaire, comme ça on en aurait plus ». Et elle, de disparaître de la classe politique ? ».

Face à la forte mobilisation antiraciste en France et dans le monde, le ministre de la ville souhaite rouvrir ce vieux débat sur l’inscription du mot « race » dans la Constitution. « Il faut définitivement enlever ce mot de la Constitution. C’est un élément dont s’était déjà saisie l’Assemblée nationale. Ce serait un signe symboliquement très fort », a-t-il expliqué dans les colonnes du Parisien, dimanche 14 juin.

Il prône pour de nouveaux « testings » dans les entreprises afin de lutter contre les discriminations

« Il faut lutter contre les discriminations au quotidien », dit le ministre, en citant notamment de premiers testings organisés par le gouvernement qui avaient permis « d’épingler 7 entreprises sur les 40 testées ».

Il prône en effet pour de nouveaux « testings » dans les entreprises afin de lutter contre les discriminations.

Le testing consiste à envoyer pour la même offre d’emploi deux CV identiques avec comme uniques différences l’origine du candidat et/ou une adresse dans un quartier populaire.
Denormandie annonce également l’arrivée prochaine d’un décret obligeant « toutes les agences immobilières et les associations professionnelles à suivre une formation de lutte contre les discriminations » tous les trois ans.

Dans les colonnes du JDD, Gabriel Attal, s’est inquiété de « forces funestes » qui chercheraient à prospérer sur le ressentiment de la jeunesse pour « imposer une lutte des races ». Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’éducation et de la Jeunesse appelle par ailleurs à « un effort collectif pour sauver les plus jeunes » face à la crise économique, et indique que la pérennisation de la réserve civique mise en place pendant la crise du Covid pourrait être une piste.

L’Association La maison des potes, qui lutte contre les discriminations, damyé les annonces de Julien Denormandie

L’Association La maison des potes, qui lutte contre les discriminations, a salué dans un communiqué les annonces de Julien Denormandie, mais regretté qu’elles ne soient pas « plus offensives ».

« L’intérêt des testings, contrairement aux statistiques ethniques (qui n’ont d’intérêt que pour ceux qui veulent des places en fonction de quotas), c’est de pouvoir épingler des actes de discrimination pour pouvoir les sanctionner mais il faut maintenant que les testings (…) soient suivis d’enquêtes de l’inspection du travail et du procureur de la République au sein des entreprises épinglées », affirme l’association. »Faire des testings pour seulement faire du « Name and Shame », ce n’est pas suffisant.

C’est comme si on se contentait de publier le nom de ceux qui font du 160 km/h sur nos routes au lieu de leur retirer le permis et de leur faire payer des amendes », poursuit-elle.
Elle appelle à combiner les testings « aux sanctions des discriminations épinglées » et demande à être reçue par le ministre.

Photo : lefrenchdebat.fr