France : Un patient aurait été contaminé par le Covid-19 dès le 27 décembre 2019, s’agit-il du patient zéro ?

Rédigé par : Polly Miette, le
Publié dans : Actualites, France
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France : Un médecin aurait identifié un patient contaminé par le COVID19 dès le 27 décembre 2019. S’agit-il du patient zéro ?

Le coronavirus aurait circulé en France dès le 27 décembre 2019, soit bien avant le premier cas officiellement répertorié, le 24 janvier 2020, rapporte le Professeur Yves Cohen. Selon le spécialiste, il pourrait s’agir du premier cas de Covid-19 en France.

Le Professeur Cohen, chef du service réanimation des hôpitaux Avicenne à Bobigny, assure qu’un homme admis en décembre à l’hôpital de Bondy pour une pneumonie était en fait atteint du Covid-19. Il se fonde sur de nouveaux tests réalisés rétrospectivement.

Sur BFM, il a expliqué dimanche que les nouveaux examens avaient permis de découvrir que le virus du COVID19 avait circulé bien avant les premiers cas officiels signalés en France, le 24 janvier 2020.

L’homme avait été hospitalisé en réanimation, à l’origine pour une pneumonie

Un patient, âgé de 53 ans s’était présenté le 27 décembre 2019 avec des difficultés respiratoires, une toux et des crachats sanglants. Il avait été pris en charge par les services du Professeur Yves Cohen, chef de service de réanimation de l’hôpital Avicenne à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et Jean-Verdier, à Bondy (Seine-Saint-Denis), au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP.

A l’époque, les examens pratiqués s’étaient révélés négatifs au coronavirus. Mais Il n’avait pas été testé au Covid19.

Tout est partit d’une intuition, explique le professeur, qui décide de rouvrir le dossier de 24 patients hospitalisés en décembre 2019 et janvier dernier. Ces patients souffraient de pneumonies.

A l’époque, les tests pratiqués avec des écouvillons – longs cotons tiges – pour vérifier s’ils étaient porteurs du virus de la grippe ou d’un coronavirus s’étaient tous révélés négatifs.
Mais ils avaient été conservés et congelés. C’est en les réexaminant, et en pratiquant un test de Covid-19, que l’un des écouvillons s’est révélé positif.

« On a repris toutes les PCR qui avaient été testés chez les patients qui avaient des pneumonies en décembre et en janvier pour lequel le diagnostic était négatif. […] Sur les 24 patients, nous en avons eu un qui était positif au Covid-19, le 27 décembre, quand il était hospitalisé chez nous, à Jean Verdier”, a indiqué Yves Cohen.

L’homme serait-il le patient zero, le premier contaminé par le Covid-19 sur le territoire français ?

“Il est peut-être le patient zéro, mais peut-être qu’il y en a d’autres dans d’autres régions. Il faut retester toutes les PCR négatives pour les pneumonies”, a estimé le spécialiste.
L’homme, qui se porte bien aujourd’hui, a contaminé ses deux enfants, qui sont eux-aussi aujourd’hui en bonne santé. Sa femme n’a pas eu de symptômes.

S’il est bien le premier contaminé sur le sol français, alors comment a-t-il attrapé la maladie ? Il ne s’est pas rendu en Chine.

En poussant l’enquête jusque dans son cadre de vie, le professeur Cohen a fait des découvertes intéressantes sur l’épouse asymptotique du patient. “Sa femme travaille dans un supermarché, à l’étal des poissons. Nous nous sommes demandé s’il n’y avait pas un rapport avec les poissons d’origine chinoise, mais elle ne travaille que sur des produits français”, raconte-t-il.

Sa femme travaille à côté des ventes du sushi où des gens d’origine chinoise travaillent

Et d’ajouter : “Puis on apprend par hasard qu’elle travaille à côté des ventes du sushi où des gens d’origine chinoise travaillent. On se demande si elle n’a pas été atteinte ainsi de manière asymptomatique. On ne peut pas aller plus loin, mais je pense que c’est à une autre institution de faire les enquêtes”.

L’étude du professeur doit sortir dans la semaine dans la revue International Journal Of Antimicrobial Agents.

Le virus retrouvé chez ce patient est évidemment scruté à la loupe, l’examen de son génome qui est en cours pourrait permettre de mieux comprendre d’où il provient, a souligné le professeur Cohen. Mais « c’est maintenant à une instance plus importante que l’enquête épidémiologique », a-t-ul souligné.

Que va changer une telle découverte ? 

D’un point de vue virologique, cette découverte peut aider à « refaire l’histoire du virus », a expliqué le Professeur. « Cela a beaucoup d’intérêt pour la reconstruction de l’histoire. On savait que ça circulait déjà en Seine-Saint-Denis, où l’aéroport de Roissy n’est pas très loin, il y avait énormément de touristes en France à l’époque, ça nous surprend pas », a pour sa part expliqué l’urgentiste Patrick Pelloux à BFM.

Jusqu’ici, les premiers patients officiellement porteurs du coronavirus en France ont été diagnostiqués le 24 janvier dernier. Deux étaient à Paris, l’autre à Bordeaux.